‹ Les Albuminuries OrthostatiquesChapitre 11 sur 56 · EI AIS · texte numérisé non relu

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2° Chez l'individu normal, les phénomènes qui accompagnent le passage à la position debout s'expliquent grâce aux notions SEE : le lever entraine en effet dans ce cas :

a) Une chute légère de la pression artérielle, principalement de la maxima. Cette chute provient des nouvelles conditions du régime circulatoire, l'impulsion myocardique ne suffit plus à assurer le cours du sang, ils’y joint le poids de la colonne sanguine correspondant à la différence du niveau des points extrêmes de l’organisme.

b) Une stase veineuse sur laquelle insiste Senator (154) : le sang s'accumule dans les parties déclives, membres inférieurs et bassin, le cœur reçoit moins de sang. Comme la tension baisse à ce moment, les noyaux d’origine du pneumogastrique sont moins irrigués : on note la tachycardie orthostatique (1416).

c) Une oligurie orthostatique ébauchée, sur laquelle ont insisté Lenossier et Lemoine (91, 93). Le volume des urines diminue très légèrement, cependant que l'élimination des substances dissoutes est accrue.

Dans tous les cas, ces variations sont passagères, au bout de peu detemps une vaso-constriction se déclanche principalement sur le domaine des splanchniques, qui

fait disparaître et l’hypotention, et la stase, et la tachycardie avec oligurie.

30 On ne note pas d’albuminurie en temps normal, pour qu'il y ait albuminurie, il faut invoquer l’intertervention de facteurs accroissant la chute de tension artérielle ou la stase veineuse :

a) C'est d’abord /’hypotension artérielle ; l’orthostatisme, avait déjà noté Potain (29,59) a une action plus marquée sur les hypotendus que sur les hypertendus.

Chez l’enfant cette condition se trouve particulièrement réalisée au moment de la croissance lorsqu'elle a été rapide. Duke (32), Leube (90). Lommel (94), Pribram (134), ont noté tour à tour qu'au’moment de la puberté, les artères s’allongent et s’étirent du fait du

développement en hauteur,elles deviennent plusétroites, leur accroissement est en retard sur celui de l'organisme — il en est de même des orifices cardiaques — donc les résistances périphériques augmentent, le myocarde présente des contractions moins énergiques.

Aussi le passage à la position debout entraîne-t-il un accroissement des résistances à vaincre par un cœur déjà affaibli. d'où chute de tension, stase veineuse et dilatation des cavités du cœur. Le ralentissement de la circulation au niveau du rein se traduit par l’albuminurie avec l'oligurie.

Ainsi s'explique en clinique l'albuminurie des cardiaques (29), et pour le sujet qui nous occupe ici. l'albuminurie des grands enfants ayant de 12 à 16 ans, grandissant trop vite et chez lesquels Pierre Merklen (104,105), trouve des signes d’atonie vasculaire entrainant notamment l’acrocyanose et l'acroasphyxie qui s’acroissent en position debout. L'observation I de cette thèse rentre dans ce cas.

Cette atonie vasculaire accroît la stase veineuse passive en position debout, réalisant ainsi une deuxième condition d'apparition de l’albuminurie.

Dans ces cas, l’hypotension artérielle consiste en une chute pricipalement de la maxima.Erlanger et Hooker (40) se sont livrés à de minutieuses recherches sur les variations posturales de la pression artérielle pour conclure que l’albuminurie était commandée par la chute de la tension différentielle. Pour ces auteurs, l’albuminurie apparaît quand cette différentielle tombe au-dessous d'un certain taux, et ce sont les posilions s’accompagnant d’une chute de la différentielle qui provoquent l'abuminurie avec l’oligurie et l'accélération du pouls concomilantes, les varialions de la maxima ou de la minima en elles mêmes n'ont aucune influence.

Le rôle des variations de la différentielle sur le fonctionnement rér'al s'explique pour eux si l’on se refère aux expériences rapportées plus haut concernant les

et} SNS

reins irrigués artificiellement sous un régime à tension différentielle constante.

Il est à noter que la plupart des auteurs n’ont pas adopté ces vues et que notamment Bass et Wessler (12) ne trouvent pas chez les sujets affectées d’albuminuries orthostatiques des variations posturales de la différentielle plus étendues que chez les individus sains.

b) L'intervention d’un facteur nerveur n’est pas négligeable chez de tels malades dont on a signalé plus haut la riche symptomatologie à cet égard.

Expérimentalement, on peut produire l’albuminurie par des excitations nerveuses ou la suppression de l'influx nerveux. Claude Bernard piquant le plancher du 4e ventricule, produit à la fois une exagération des secrétions hépatiques et rénales ; si la piqûre remonte un peu plus haut, on ne produit très souvent que l’augmentation de la quantité des urines qui sont alors souvent chargées de matière albuminoïdes.

Capitan (2) provoque de l’albuminurie chez le chien par faradisalion du sciatique.

Vulpian sectionnant le grand splanchnique montre que cette section entraine Ja congestion rénale avec polyurie, <

L'albuminurie peut donc être la conséquence, par voir réflexe, de modifications du système nerveux. Un malade rapporté dans la thèse de Bertrand (14) fournit à P. Marie (104) l’occasion de développer son hypothèse d’une albuminurie par trouble dans le fonctionnement du sympathique.

P. Londe (95) a généralisé cette théorie et l’a appliquée à toutes les ailbuminuries intermiltentes en général. |

Plus près de nous, on a tenté d'expliquer certaines formes d’albuminurie orthostatique par des modificalions de l’équilibre vago-sympathique. On a vu plus haut que chez certains malades, cet équilibre était perturbé, et que souvent le parasympathique présentait un tonus exagéré. Rappelons une expérience déjà ancienne |

de Lesieur (89) sur 6 épileptiques : la compression des globes oculaires chez ces malades amène dans 6 cas une polyurie remarquable avec urines pâles, dans 4 cas de la glycosurie, dans 3 cas on trouve en outre une albuminurie débutant deux heures après la compression et disparaissant trois heures et demie plus tard.

Pour Dzymbowski, l’albuminurie orthostatique résulle d'une vaso-dilatalion rénale par hypertonie relative du système vague sur le sympathique vrai (35); elle fait partie de névrose des divers organes que présentent ces malades : hyperchlorhydie, asthme, constipation spamodique (34).

Cette conception ne saurait expliquer tous les faits, et si, dans certains cas, particulièrement les sujets cités par Beckmann et Schlayer (13), les modificateurs de l'équilibre vago-sympathique parviennent à suspendre l'albuminurie (injections d'atropine) ; par contre, dans bien des cas, on note aucun déséquilibre vago-sympathique et cette théorie n'est d'aucune application.

Pour Teissier (de Lyon) (163) l'albuminurie orthostatique est un phénomène fluxionnaire rénal d’origine nervo-motrice avec calarrhe des voies urinaires supérieures, l'élément fluxionnaire étant démontré par le caractère que prend l'albuminurie au moment des règles, ou de transition elle devient permanente, et l'élément catarrhal par les caractères de l’urine qui revèlent l'imitation des muqueuses urinaires. Pour Teissier on note la présence de nucléo-albumines chez ces sujets, fait que les autres auteurs notent exceptionnellement. Cette hypothèse réunit celle de Pierre Merklem (atonie vasculaire) et de P. Marie (névrose sympathique).

c) D'autres auteurs invoquent plus particulièrement le rôle de certains facteurs mécaniques.

Rappelons le rapport entre albuminurie et rein mobile établi par Niviere et Sutherland, quoique dans la néphroptose l’albuminurie soit rare. Tuffier d'ailleurs, rapporte par Courcoux (29), ayant eu l’occasion d'intervenir dans 60 cas de rein mobile a toujours noté un

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