‹ Les Albuminuries OrthostatiquesChapitre 12 sur 56 · EAU · texte numérisé non relu

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rein normal, en particulier la veine rénale n’est jamais coudée, au contraire les vaisseaux s’allongent au point que le rein peut descendre verticalement sans pivoter. Ainsi dans un cas la veine avait plus de 40 centimètres de long.

Rolleston (142), a rapporté l'observation d’albuminurie cnostatique chez un malade porteur d'une volumi- . neuse tumeur de la rate. Dans le même ordre d'idées, Linossier et Lemoine (92) notent sur 3 femmes enceintes à terme l'oligurie clinostatique, avec diminution des composants ordinaires de l'urine en position couchée. Ces modifications disparaissent après l'accouchement.

Dans tous ces cas, on est admis à invoquer une compression des vaisseaux par l'obstacle constitué par soit le rein mobile, soit la rate ou l’utérus gravide.

Une théorie émise par Jehle dès 1908, admet que l'obstacle est constitué par la lordose des vertèbres lombaires (77-79) ; il observe l'albuminurie chez des enfants dont la lordose est exagérée — d'autre part les positions qui atténuent la lordose sont celles qui font dimiauer et Gisparaître l’albuminuerie — il estentré à ce sujet dans des détails nombreux, montrant que l’albuminurie disparaît en faisant simplement pencher le sujet en avant, en le mettant debout sur un plan incliné et tourné vers la partie ascendante du plan. Un pied sur une chaise (78) ou le port de chaussures sans talons ont le même résultat.

Ces recherches ont été confirmées, pour l’auteur, par la production d’albuminurie en position couchée : il suffit de glisser sous les lombes un rouleau de façon à mettre le sujet en position lordotique. Les résultats sont positifs dans les 82 cas examinés par l’auteur.

Jehle admet une traction des vaisseaux, leur tiraillement par la colonne ou par l'uretère amenant la stase dans le rein.

Cette théorie de l’albuminurie lordotique a fait l'objet de nombreux travaux et a eu un grand retentissement.

Bruck (19) confirme les recherches de Jehle en ce qui

G. Barreau 4

concerne Îe rôle de la lordose dans les diverses positions, le tronc étant vertical, par contre il n’a jamais pu reproduire l’albuminurie en position couchée par l’épreuve du billot.

Les épreuves de Jehle et leurs résultats sont confirmés par Bingel (15), Noitmann (118), Weintrand (176), Nowak (119), Turettini (146). Hammelberg recherche sur 34 écoliers les effets de la lordose provoquée et note l’albuminurie dans 11 cas.

Mais ces résultats ne sont pas admis sans conteste. L'épreuve du billot est fréquemment négative, Beckinann et Schlayer (13) la trouvent positive trois fois sur sept, un quatrième cas donnant des résultats douteux.

Schreiber, en 1909, a examiné 30 coxalgiques immo bilisés en appareil plâtré : sur ces 30 malades, 23 présentant une ensellure lombaire de moins de 3 centimètres n'avaient pas d’albuminurie. Les 7 autres avaient une ensellure de plus de 3 centimètres. Un seul de ces derniers, jeune coxalgique de 10 ans, présentait de l'albuminurie, mais l’évolution montra qu'on se trouvait en présence d’une maladie amyloïde.

Vers la même époque, Fischl (44), Engländer (38); Hamburger (61) notent la difficulté d'obtenir l’albuminurie sous l'influence de la seule lordose — d'autres facteurs doivent être invoqués en même temps que la lordose pour expliquer l'albuminurie. Pincherle (126), après avoir examiné plus de 100 enfants, conclut de même à l'insuffisance de la lordose à elle seule comme facteur d’albuminurie.

Remarquons que le rôle exclusif de la lordose cadre mal avec le cycle fréquent de l’albuminurie, maximum dans les premières heures qui suivent le lever, pour décroître, alors que la lordose augmente au contraire avec la fatigue musculaire qui accompagne la position debout.

D'autres auteurs ont cherché quels facteurs s’associaient à la lordose, puisque celle-ci était démontrée incapable de provoquer par soi-même l'albuminurie.

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