‹ Les Albuminuries OrthostatiquesChapitre 13 sur 56 · PLAT PRE · texte numérisé non relu

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Jeanneret (76) a exposé les résultats d’intéressantes recherches sur les enfants des écoles de Bâle et Lausanne. Les examens ont porté sur 204 enfants.

1° Les enfants étant debout immobiles, au garde à vous, en lordose orthostatique maxima, l’albuminurie apparaît dans 61 % des cas. Si on les autorise à pratiquer des mouvements des jambes, l’albuminurie n’appa rait plus que dans 1,5 % des cas.

2° Les enfants assis, immobiles, sans contrainte, sans attitude lordotique imposée, sur leurs bancs, en classe, la recherche de l’albuminurie dans les différentes positions respectives du banc et de la table donne des résultats différents.

Dans la position avec distance positive, c’est-à-dire bord antérieur du banc en retrait par rapport au rebord postérieur de la table, l’albuminurie n'apparaît pas.

Dans la position dite avec distance nulle, c’est-à-dire bord antérieur du banc dans le même plan frontal que le rebord de la table, l’albuminurie apparaît dans 3 % des cas.

Enfin dans la position de distance négative, c’est-àdire quand le bord antérieur du banc chevauche sous la table, l’albuminurie apparaît dans 34 % des cas environ.

3° L’attitude de l'enfant dans ces différentes positions a une infuence indéniable sur l’apparition de l’albuminurie. Mais, même en distance négative, l’albuminurie n'apparait plus si on autorise l'enfant à mouvoir les membres inférieurs.

Jeanneret arrive à cette conclusion que l’albuminurie n’est pas le fait de la lordose, ni de l’orthostatismeisolés, maisest la conséquence de l’action de troisfacteurs : lordose, orthostatisme et immobilité.

Le mécanisme de cette albuminurie, pour l’auteur, est le suivant :

En position debout immobile, il se produit, comme l'avaient déjà montré Scholder et Weith, une stase dans

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le système cave, au-dessous de labouchement des veines rénales.

Cette stase résulte de l'obstacle à la circulation de retour créé à la fois par :

a) La lordose comprimant la veine cave au-dessus des veines rénales ;

b) La déclivité : la pression de la colonne sanguine contribue à accroître la stase.

c) Un facteur musculaire, réalisé par l’immobilisation des muscles lombaires en contraction. Au moment du lever, les muscles lombaires s'expriment et chassent le sang qu'ils renferment däns le territoire rénal et pararénal ce qui crée un nouvel afflux de sang dans le système cave inférieur.

De plus l'immobilité musculaire ne favorise plus le cours du sang. De simples mouvements des membres

inférieurs lèveront l'obstacle dû à la stase, annulant ainsi l'intervention des deux autres facteurs.

Les troubles de la circulation générale, la stase exceptée, n’interviennent donc pas pour cet auteur, il faut remarquer qu’il n'a jamais observé de chute de la tension artérielle en position debout et n’a jamais noté de troubles vaso-moteurs chez ses sujets.

Ces recherches et cetle théorie amènent d'ailleurs l’auteur à la notion d’albuminurie de la période scolaire ; les trois facteurs : lordose, orthostatisme etimmobilité, écrit-il, ne se trouvant guère réunis qu'à l’école. L’albuminurie orthostatique est une affection de la scolarité, elle n’est pas une maladie, on peut la noter indistinctement chez tous sujets sans égard à l'âge, ni au sexe, ni à l’état de santé.

W.et S. Rieser (140), dont les observations sont recueillies plus loin numéros 14 et 15, ont émis à leur tour une théorie fondée sur l'étude de deux cas, l’un d’eux concernant une néphrectomisée,

Les deux malades présentent des ptoses viscérales, un syndrome orthostatique caractérisé par oligurie, albumi-

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