‹ Les alchimistes d'autrefoisChapitre 15 sur 19 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

üobes de feuilles et de roseaux. - Leçons •IMne araignée. Chanvre de Cumes - Momies égyptiennes. — Voile de Rehecca. — Toile (lue de Tvr. — Pavot merveilleux.

Si les anciens habitants du monde eurent une difficulté

222 LES ALCHIMISTES extrême à s’abriter commodément contre les rigueurs des saisons, à plus forte raison en éprouvèrent-ils à donner à leurs vêtements les marques de l’art ou de l’industrie. Consultez Strabon; il vous dira que certaines nations se couvraient de l'écorce des arbres, de feuilles de figuier, ou de roseaux grossièrement entrelacés. Souvent aussi des peaux d’animaux étaient employées, sans la moindre préparation, pour la même lin.

d’autrefois. 223 A mesure que disparaissait la barbarie qui avait été' amenée par la confusion des langues, on commençait à songer a la laine des brebis, et à se demander s’il n’y aurait pas moyen d’unir en un seul fil les diverses parties de cette matière, à l’aide d’une espèce de fuseau. Voyant leurs efforts couronnés de succès, « tâchons, maintenant, se disaientils, d’imiter l’araignée.» Ils le firent; et voilà, comme nous le prie d observer Démocrite,

2i4 LES ALCHIMISTES l'art du tissage iuventé! De là, la coutume invariable qui subsistait chez les Juifs 1500 ans avant Jésus-Christ, de recueillir les toisonsde leurs moutons à des époques déterminées; et grand était le cas qu’ils en faisaient, d’après le témoignage de la Genèse. (XXXI, 19.)

L'histoire, vraie ou fabuleuse, de la toile de Pénélope, épouse d’Ulysse, nous prouve que la laine, ne fut pas la seule matière à laquelle on s’imagina d’appliquer l'art du tissage.

d’autrefois. 22ü Et ne lisons-nous pas dans Pline « que le cotonnier crois-

* sait dans la Haute-Egypte,

* que l’on en fabriquait des

* étoffes, et que les prêtres “ égyptiens s’en formaient des

* surplis merveilleux? » n est incontestable que des vêtements de coton et de lin étaient en usage du temps des patriarches ; en effet, Moïse ordonne à son peuple, dans le 22e chapitre du Deutéronome, de « ne ,as Porter d’habillement de oile ; » et les anciens Babylo-

226 LES AI-CHIMISTES niens, comme nous l'apprend Hérodote (liv. I.), «mettaient . immédiatement sur la peau « une tunique de batiste, qui « leur descendait, à la mode . orientale, jusqu’aux pieds.»

Il en était de même des Athéniens, suivant Thucydide.

Dans le siècle d’Auguste plusieurs peuples avaient déjà atteint une haute perfection dans la fabrication des étoffes de lin : c’est l’assertion formelle de l’historien Pline. • La toile* - Favcntine , [dit-il , est tou-

d’autrefois. 227 " jours plus blanche que la « toile Allienne.Celleque l’on “ désigné par le mot retovine “ est si excessivement line, “ que ses fils ne sont pas moins “ ténus que ceux de l’arai- “ gne'e. J’ai moi- même vu un “ fil de chanvre de Cumes, si « délie, qu’un grand fdet, fait de cette matière, aurait passé “ à travers une bague ordi- “ «aire; et j’ai entendu parler “ d un homme qui pouvait - porter sur son dos autant “ qui! en faudrait pourcein-

* dre une forêt entière. La ba- « tiste fine, formée, de lin de

* Iiyssus, est un produit de . l'Aehaïe ; elle se vendait* ja-

* dis au poids de l’or. • (Liv.

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