‹ Les alchimistes d'autrefoisChapitre 16 sur 19 · XIX · texte numérisé non relu

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Dans le musée égyptien de la Biblothèque royale de Paris vous pourriez jeter vos regards sur des momies trouvées dans les catacombes du Caire : la toile dont elles sont enveloppées n’est guère moins line que la batiste de vos magasins; et pourtant elle a dû être tissée

d’autrefois. 229 il y a trois mille ans. A cette occasion, il n’est pas hors de propos d’ajouter que l’art du tissage est encore plus ancien que celui de l’embaumement ; c’est ce qu’indique cette réponse d’Abraham au roi de Sodôme : « Je n'enlèverai pas « un seul lit de votre trame, « lui dit le patriarche, de peur “ que vous ne disiez : — J’ai « enrichi Abraham ! » En outre, Moïse nous apprend qu’Abimélech lit présent d’un voile à Sarah, qu'à l’approche d’I-

saac Rebecca se couvrit le visage d’un épais voile, et que, lorsque Joseph fut nommé vice-roi d'Egypte, le prince Pharaon le revêtit d’une rohe de lin, après lui avoir passé au doigt sa propre bague.

Le livre, de Job (l’écrit le plus ancien peut-être qui existe) fait mention d’une navette de tisserand (chap. Vil).

Mille ans avant l’ère chrétienne, voyez-vous s’acheminant le long du désert, ces messagers dusage Salomon, allant

D AUTREFOIS. 231 chercher en Egypte, de la part du roi leur maître, des toiles en lin filé? Un peu plus tard, la ville de Tyr acquiert une éminente célébrité par la beauté de ses toiles fines, et Ézéchiel s’enthousiasme de l’opulence de scs marchands, dans les termes suivants : « Toutes les planches de tes vaisseaux sont en beau sapin de Sénin — , et leurs nuits sont en cèdre du Liban ! Pour leurs voiles, tu as employé de la toile fine de l’E gypte, brodée splendidement.»

— N’allez pas croire que toutes les voiles de ce temps-là étaient en matière aussi précieuse que celles des Tyricns : semblables à cellesdes Arabes de nos jours, elles se composaient généralement de joncs nattés.

Les femmes portaient communément des vêtements blancs; aussi les anciens avaient-ils de bonne heure fait de rapides progrès dans l'art du blanchiment. Tout en ignorant, comme vous le devinez bien, le procédé expédi-

d'autrefois. 233 tifqu’a imaginé l’illustre Berthollet , à l’aide d’un hypochlorate de chaux ou de soude, ils savaient néanmoins tirer parti d’autres substances detersives, pour communiquera leurs étoffes une blancheur éclatante. «11 existe chez nous, « dit Pline, une espèce de pa- « vot fort recherché, qui blan- « chit merveilleusement le « drap de lin; et cependant, « le croirait-on? nous avons « au milieu de nous une foule « de gens tellement vaniteux.

•>34 I.ES ALCHIMISTES • qu'ils ont essayé de teindre . leur linge ainsi que leur « laine.» — En faisant allusion, dans un autre passage, aux rideaux bleu-azuré qui dé coraient l’amphithéâtre de l’empereur Néron, il nous engage à ne pas oublier que, malgré toutes ces riches nuances produites par la teinture, la toile blanche ne cessait jamais de jouir de la plus haute réputation, de telle sorte que l’on conféra le titre de Grand à un nommé Lcnlulus Spmler,

d’authefois.

qui, le premier, eut l’idée de tendre de rideaux blancs les lieux consacrés aux jeux olympiques. — Ce même genre d’étoffe tapissait toutes les mai-

sons de la via Sacra, par l’ordre de César Dictator , qui , trouvant les décorations magnifiques à contempler, voulut qu’elles s’étendissent depuis sa demeure jusqu’au Capitole.

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