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CHAPITRE VII

Lo roman de la Rose. — Consolations de Boëce. — Nicolas Flamel. — Gibet de Montlaucon. — Décourerlo de l'antimoine. — Confrérie des Rosc-Croii. — Deux soleils.

L'autour du Roman de la Rose, où la nature du grand arcanum est scrupuleusement

discutée, était presque contemporain de Raymond Lulle, puisqu’il vivait sous Philippe-le- Bel. Cet alchimiste, Jean de de Meung, est désigné parfois dans l'histoire comme le continuateur seulement de ce poème, qui aurait été commencé par Guillame de Loris.

Quoi qu'il en soit, il avait pour surnom Clopincl, parce qu’il était boiteux, et, parmi d'autres opuscules, il a enrichi la France d’une élégante traduction des Consolnliovs delioëce.

d’authefois. 113 Au milieu du siècle suivant, le quatorzième, l’on aperçoit Nicolas Fiamel, natif de Pontoise. Il affirmait avoir découvert la pierre philosophale, en suivant les conseils d’un vieux juif dont les manuscrits lui étaient tombés entre les mains.

Cela était vrai allégoriquement. En effet, cet adepte avait établi àParis un comptoird’usurier. Rien que dans cette ville,

il acquit par ses prêts, aux juifs principalement, une fortune de l ,500,000 écus, somme énorme

en ce temps-là. L’oti prétend qu’il bâtissait de belles églises, afin de mieux cacher son ignoble commerce. Ce fut a 1 occasion de la mort de Montagn de Marcoussy qu’il publia pour la première fois sa découverte du véritable moyen de. transmuter les métaux : il craignait d’être décapité et attaché au gibet de Montfaucon comme ce grand seigneur; et il pressentait, avec raison, que la populace épargnerait sans difliculté les jours de celui qui pourrait

lui prodiguer l’or à volonté.

Dix années environ après la mort de Nicolas Flamel , un nommé Bazile Valentin enseignait à l’univers comment on devait s’y prendre pour se procuier un métal qui, depuis cette époque , a été extrêmement utile à la médecine. L’on croit que le nom d 'antimoine, qui lui fut attaché, venait de ce que les premiers essais de son emploi, comme remède, étaient faits sur des moines. C’est donc

à l'alchimiste Valentin que nous

sommes redevables de notre émétique ordinaire , lequel , comme vous ne l’ignorez pas, est un tarirait de potasse et ^antimoine. Il a laissé pareillement aux brasseurs une foule d’avis utiles sur la manière d'extraire de l’orge germé bien des liqueurs diverses.

Le moment auquel nous sommes actuellement arrivés est celui où, selon toute apparence , a commencé la fameuse secte d’alchimistes dite la confrérie des Rose-C roix.

d’autrefois. 117 Les historiens sont loin d’être d accord sur l’époque précise où vivaitlcur coryphée; mais, eu égard aux témoignages les plus authentiques, le « patriarche - Rose-Croix , comme le désignent improprement les chroniques, a dû naître vers 1 an 1450. — Les sylphes, les gnomes, lesondins, et autres génies qu’a su créer la cabale, jouaient, dans la doctrine des Rosi-Crucicmi, un rôle important. Après avoir dupé les peuples de l’Orient, durant le sé-

jour qu’il fit chez eux, pnr les récits merveilleux des révélations qu’il avait reçues des esprits de l’autre monde, il quitta les plainesd’ Yemen , en Arabie, où était son quartier général, et se rendit dans le royaume de Fez, en Afrique. Là il creusa son laboratoire dans les entrailles, pour ainsi dire, delà terre.

— « Deux soleils, disait-il, doivent luire sur les travaux du sage. »— H imagina , en conséquence, une caverne aussi profonde que l’énorme puits de

d’autrefois.

Bicêtre. Dans la partie inférieure de cette excavation, une lampe gigantesque entretenait, nuit et jour, une flamme bleuâtre. Voilà son soleil terrestre.

— Par une ouverture circulaire, pratiquée au sommet de la voûte qui fermait le chapiteau de ce gouffre étonnant, l’astre du cicldardaitses rayons brûlants sur la tête de l’alchimiste, qui se tenait sur une espèce de plancher qu'il avait construit vers le milieu de l’antre, à distances égales de sou

soleil artificiel d’en bas et du toit d'en haut. Il resta ainsi enterré jusqu’à l’àge de 10C»

ans, et ordonna dans scs constitutions, en mourant, que ses disciples s’assemblassent tous les cent ans dans un endroit semblable.

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