COURS RE ER A
Dans un rapport présenté le 16 octobre 1896 à l’assemblée générale de l’Union agricole calédonienne, il est intéressant de relever le passage suivant : « Nous remarquons même avec plaisir qu’une partie importante de nos nouveaux colons sont largement pourvus de ressources pécuniaires, et que le plus grand nombre paraît en outre posséder les qualités d'intelligence, d’activité et d'initiative propres à assurer leur succès. [ls seront avant peu un élément important dans le mouvement général des affaires du pays. L'Union agricole, à l’arrivée de chaque courrier s’occupe de leur réception, elle les guide dans leurs achats et facilite leur installation. D’un autre côté, comme nous l’avons déjà indiqué tout à l’heure, le mouvement local sur les travaux du sol s’est accentué, et nous voyons avec joie les jeunes gens du pays s’y mêler activement. »
Nous trouvons enfin, dans le discours prononcé, à l’occasion de l'ouverture de la session du Conseil général, le 3 novembre 1896, par M. Le Fol, Gouverneur par intérim, les données suivantes : « Depuis le mois de juin, époque à laquelle sont arrivés les premiers immigrants, cent quatrevingt-huit colons se sont installés sur les concessions qui leur ont été accordées aux divers titres prévus et régle-
mentés par les arrêtés actuellement en vigueur. Sur ce nombre, soixante-dix-huit sont venus de la Métropole et ont ainsi apporté un appoint notable à la population, si l’on considère surtout que beaucoup d’entre eux étaient accompagnés de leurs femmes, de leurs enfants, ou de leurs aides. Treize militaires, désireux de prendre leur congé dans la colonie, ont été également pourvus de terres qu'ils sollicitaient et ont commencé à les mettre en valeur; cinq autres militaires, sur le point de terminer leur temps de service, sont en instance pour obtenir la même faveur et recevront satisfaction aussitôt que la délimitation des terrains permettra de donner une suite effective à leurs demandes. Dix-sept fonctionnaires, voisins de la retraite, ont aussi obtenu des concessions, et un autre est en instance. Vingt-sept enfants du pays sont en possession des terrains qu'ils avaient sollicités; trente-six autres sont inscrits et seront mis en possession de leurs terres dès que les centres où ils ont désiré s'établir seront délimités. Enfin, cinquante-trois personnes, habitant depuis longtemps la colonie ont obtenu des terrains en location avec promesse de vente, et vingt-deux, en instance, attendent que le Service topographique ait pu faire face à ses travaux de délimitation. — Sur les concessions dont la mise en valeur a commencé depuis l’époque récente que je vous indiquais tout à l’heure, outre les cultures diverses qui y ontété entreprises, plus de deux cent quarante mille pieds de caféiers ont déjà été plantés. » Ce sont là des chiffres assez encourageants. Pourtant le Conseil général ne semble pas convaincu de l'excellence de ces résultats, et, dans la séance du 2 décembre 1806 notamment, ses membres adressent de nombreuses critiques à l’œuvre entreprise par le Gouverneur. Ils lui reprochent surtout : d’avoir fait servir à la colonisation, et sans l’assentiment du Conseil, des fonds qui avaient une autre destination; de créer de nouveaux centres alors que de nombreux lots sont encore disponibles dans les anciens (1); de dépenser, sur plu-
(1) « M. Engler, chef du service topographique. — Il y a cinquante-six
sieurs points à la fois, les forces dont l'Administration dispose, au lieu de les concentrer sur un seul et de faire quelque chose de durable.
Les crédits demandés par l'Administration pour les travaux de colonisation à accomplir en 1807 s'élèvent à 120.000 francs, se répartissant ainsi : création d’un nouveau centre à Hienghène afin de permettre la pénétration de l'intérieur, 10.000 francs; ouverture à la colonisation du territoire compris entre Sarraméa et Negropo, et installation de deux cents familles, 50.000 francs; création de routes et sentiers destinés à mettre les centres en communication, 60.000 francs. Le Conseil général ne vote que 88.335 francs.
Il résulte d’un rapport de M. Engler, chef du Service topographique, que, de novembre 1896 au mois d'avril 1897, il est arrivé dans la colonie vingt-cinq immigrants, savoir : trois en novembre, quatre en décembre, cinq en janvier, trois en février, cinq en mars, sept en avril. Sur ce nombre, dix-sept ont fait choix de lots dans divers centres de,l’intérieur, deux sont repartis pour France; les huit autres n’ont pas encore demandé de concessions gratuites à l'Administration, et deux d’entre eux ont acheté une propriété à La Foa.
Voici quels sont, en juillet 1897, les résultats généraux atteints par la tentative de colonisation qui nous occupe : en un peu plus de deux ans, il a été créé dans le pays trois cent trente-neuf propriétés agricoles nouvelles, petites ou grandes, surtout petites ou moyennes. Pour se rendre compte de la valeur de ce chiffre, il faut le décomposer.
Le Gouverneur avait fait appel à deux groupes de colons : 1° ceux qui étaient déjà dans le pays, mais non encore fixés au sol pour une propriété : on en compte cent trente-cinq, comprenant soixante et une familles d'anciens colons, et soixante-quatorze jeunes gens nés en Nouvelle-Calédonie ou
lots disponibles sur les anciens lots et quarante sur les nouveaux, soit quatre-vingt-seize en tout.
« M. Savoie. — Sur l’état fourni, il y en a cent treize. » (Compte rendu de la séance du 2 décembre 1806.)
venus tout enfants avec leurs parents et ayant l’âge requis pour obtenir des concessions gratuites ou onéreuses, suivant les cas; — 2° ceux qui viennent de l'extérieur, c’est-à-dire les militaires, les fonctionnaires, les émigrants venant de France, les émigrants provenant de l'étranger. Ces diverses catégories donnent un chiffre de deux cent quatre familles constituées, représentant une population totale d'environ six cents individus, dont vingt-sept militaires congédiés dans la colonie, dix fonctionnaires se fixant dans la colonie cinq ans avant l’époque de leur retraite, cent soixante familles venant de France et dix-sept venant de l'étranger. Sur ce nombre de deux cent quatre familles, dix-sept n’ont pas pris de terrains. Soit que leurs ressources aient été en réalité au-dessous du chiffre exigé, soit que leurs aptitudes à diriger une exploitation agricole leur aient paru insuffisantes, elles ont préféré se fixer dans la colonie dans des industries diverses ou comme employées dans des exploitations agricoles déjà créées. Ajoutons qu’à ce moment un fonctionnaire révoqué va être dépossédé, et que seize familles sont reparties pour France sans avoir fait choix d’une concession. Le déchet véritable s'élève donc au chiffre de dix-sept; ce qui représente à peine‘huit pour cent sur le chiffre total de deux cent quatre.
Mais, ce qui frappe surtout dans ces chiffres, c’est que, jusqu’à présent, parmi les colons installés dans les conditions exigées, il n’y en a pas un seul qui ait abandonné son terrain par suite de découragement survenu après expérience. « Tous, dit M. Feillet, sont au contraire pleins d’ardeur à la besogne. Quelques-uns, je le sais, sont cependant gênés — ils ne sont d’ailleurs pas nombreux — parce que, entraînés par le désir d’avoir plus rapidement mis en valeur le terrain concédé, ils ont planté sans calculer leurs ressources et ont commis l’imprudence de se démunir un peu trop vite de leurs réserves d'argent. Ceux-là, ayant à s'adresser au crédit qui coûte si cher ici, et dont ils devraient se garer comme de leur plus grand péril, ceux-là, évidemment, souffriront et je voudrais que leur expérience servit aux autres; mais je suis sûr que
ceux qui ne s’abandonneront pas, qui lutteront avec énergie, triompheront des difficultés présentes. Je n'en veux pour preuve que la lettre que m’écrit un des premiers colons que j'ai installés à Négropo, et que j'ai vu s'établir sans crainte, malgré l’exiguité de ses ressources, lorsque j'ai pu constater avec quelle ardeur il se mettait au travail.
« Ce colon, Planchenault, je puis bien le nommer sans exciter la jalousie de ses camarades qui lui rendent justice, s’exprime aihsi dans sa lettre : « Si on veut se faire aider dans son travail par la main-d'œuvre, j'estime qu’il faut bien avoir à peu près un capital de 5.000 francs en moyenne pour attendre la récolte du café; mais un homme seul, habitué au travail, et économe, avec 2.000 francs pourrait largement se tirer d’affaire, comme je l’ai fait, et planter quatre mille pieds de café par an (1}.»
« Ces résultats encourageants ont frappéles premiers colons arrivés de France, et ce que j'ai appelé l’auto-recrutement a fonctionné presqu’immédiatement. En effet, sur les deux cent quatre familles, j’en compte dix-neuf appelées par les premiers colons arrivés. Ce mouvement ne fait que s’accentuer. Il y a actuellement, en dehors des deux cent quatre familles installées, vingt-trois lots réservés par des colons récemment arrivés pour des parents ou amis qui doivent venir les rejoindre dans un délai assez court. Je puis dire qu’à l'heure actuelle, au moins la moitié des colons qu’amène chaque courrier, dans le mois qui suit leur installation, retiennent des terres dans ces conditions. » (Discours prononcé par le Gouverneur à l’ouverture de la session extraordinaire du Conseil général du 22 juillet 1897.)
Durant le mois de septembre 1897, M. Feillet visite irdividuellement les colons de l’intérieur de l’île pour se rendre compte des progrès accomplis dans les divers centres créés
(1) Lire également, à titre de document, les lettres adressées à l'Union coloniale par des émigrants envoyés par ses soins en Nouvelle-Calédonie (Quinzaine coloniale, n° du 10 septembre 1897. — Guide de l’émigrant, publié en 1897 par l’Union coloniale, pages 32 et suiv.).
depuis 1895. Les récits que les journaux locaux font de ce voyage, témoignent que toutes ces localités sont en bonne voie de développement et que les plantations présentent la meilleure apparence. Le Gouverneur passe successivement à La Foa, à Sarraméa , à la Népropo, où il examine en détail toutes les concessions : il trouve ce centre, qui ne date pas d’une année, presque aussi florissant que celui de Sarraméa. Le 10, il est au milieu des colons installés récemment à Goendéa et à Nembaye; le 11 il visite les centres de Natoh-Nepia à Tiakan : l'après-midi est consacrée à Grochain. Ce dernier centre date de 1896. » À cette époque, c'était une tribu perdue dans la brousse. Aujourd’hui, l'œil n’aperçoit que des champs de maïs, de longues lignes de caféïers, des plaines de manioc et de haricots. Ici encore la transformation est complète, et le soir, au banquet offert par les colons de Pounérihouen, M. Feillet pouvait dire : « [l y a deux ans, lorsque je visitai la vallée de Pounérihouen, il me fallait faire parfois plus de 100 kilomètres pour aller d’une habitation à l’autre. Aujourd’hui, les propriétés en valeur se touchent et c’est une suite non interrompue de cultures (1). » Au cours de son voyage, le Gouverneur constate l’existence d’une grande quantité de terrains propres à la culture et bien situés, où peuvent trouver place de nombreux émigrants. « L’Administration, dit une correspondance de Nouméa au Temps, peut doubler actuellement les évaluations de terres disponibles, qu’elle n'avait faites jusqu’à présent qu’avec prudence, en réservant une trop es part à l'inconnu (2). »
Il nous reste à examiner le plan de campagne dressé pour la colonisation en TEOES
On se rappelle, qu’en vertu du se du 10 avril 1897, les ressources mises à la disposition de l'Administration pour cet objet se composent des recettes du Domaine. Or, les recettes prévues pour 1898 s’élèvent à 180.000 fr. environ; c’est donc
(1) Quinzaine coloniale, N° du 25 octobre et du 25 novembre 1897. (2) Le Temps, N° du 16 novembre 1897.
une somme égale à consacrer pour l’année aux dépenses de colonisation.
D’après le plan campagne présenté le 19 juillet 1897 par le Gouverneur, 89.200 fr. seront affectés à la solde du Chef du Domaine et de divers autres fonctionnaires, au transport des immigrants de Nouméa au lieu de concession, à la construction de trente cases, aux subventions à l'Union coloniale et au Comité Dupleix, etc. Le reste, soit 90.200 fr., sera employé aux opérations suivantes : 1° création d’environ quinze lots sur les terres encore disponibles dans le bassin de la Fonwary, à Couli, Foalé et Sarraméa; 2° création de deux centres sur le versant est de la table Unio, l’un dans la vallée de Ouen Koh, l’autre dans celle de Kouen Tioti; 3° création d’un centre dans la vallée supérieure de la vallée de Tu, à Houaïlou, sur le versant boisé du mont Arago. Ce centre comprendra environ quarante lots; 4° création d’un centre sur la rive droite de la rivière Tipindjé, dans le vallon d'Ouchavo, situé à 7 kilomètres du bord de la mer; 5° construction de routes et de sentiers destinés à mettre les centres en communication. — Le plan de campagne pour 1898 comprend la création de deux cent cinquante lots, dont cent cinquantecinq à Fonwary et aux sources de la Négropo, et quatre-vingtquinze sur la côte est, à Houaïlou et à Tipindjé. Par suite de cette disposition, les colons venant de France auront le choix entre les terrains de l’intérieur et ceux situés à proximité du littoral. Le nombre des lots indiqués paraît suffisant à l’installation d’une centaine de familles pendant l’année 1898. De plus, l'expérience ayant démontré qu'environ un tiers des immigrants préfère acheter des propriétés appartenant à des particuliers, on peut conclure que le plan de campagne assure l'installation dans de bonnes conditions de cent-cinquante familles environ. — La longueur totale des routes et sentiers à construire est de 46 kilomètres pour les routes charretières, 26 kil. 300 pour les postes ou sentiers d'exploitation, 2 kilomètres pour les sentiers à élargir.
D’après un rapport, en date du même jour, de M. Engler,
chef du Service topographique, voici quelles sont les terres reconnues disponibles pour la colonisation agricole en Nouvelle-Calédonie.
Régions. Terres à culbtares Terres à pétorage,
Bouloupari, Thio, Nakéty.. . . . . . . , . 2,300t* 6.400%"% Canala, Table-Unio, La Foa , . .. : 6.135 8,290 Bour x} Couaoua, Houaïlou, Monéo, Poya. 10070 28,775 Népoui, Ébiémbout, Pounérihouen, Touho,
KO RS. erbrinte sat 205 080 20,430 Voh, Témala, Tipindié, Hienghène D Listen de ODO 31,550 Région au aotd de Témala et Hienghène. 5.580 37.020
Soit environ 174-020 hectares de terres disponibles ou pouvant le devenir dans un avenir assez rapproché, par sûite de l'expiration de baux en cours et du retour éventuel au Domaine de la colonie des réserves pénitentiaires non encore occupées
La surface des réserves indigènes, instituées ou non, dont la révision doit se poursuivre d’après les règles qui seront établies par le M. le Ministre des Colonies, ne figure pas dans ce chiffre. Il convient pourtant de tenir compte, dès à présent, au point de vue d’ensemble de la colonisation, de-la surface qui deviendra disponible par suite de cette révision et qui peut, dès maintenant, être estimée à 70.000 hectares, étant donné que le nombre des indigènes habitant sur la grande terre, entre Bouloupari, Thio et l'extrémité Nord de l’île n’est pas supérieure à 20.000 hectares, et que leurs réserves définitivement instituées comprendront 20.000 X 3, soit 60,000 hectares, tandis qu’elles sont actuellement d'environ 130.000 hectares, C'est donc, en estimant que les deux tiers de cette surface de 70,000 hectares soient utilisables pour la colonisation, une étendue de 46.000 hectares qu’il faudrait ajouter au total des terres disponibles énumérées (1).
(1) Rappelons que peu de temps après, un décret du 6 octobre désaffecte, au profit de la colonisation libre, 42.919 hectares précédemment réservés au Service pénitentiaire.
Onserappelleque,d’aprèsl’article 5 dudécretduroavrili 887, le plan de campagne est dressé par le Gouverneur en Conseil privé, délibéré par le Conseil général et approuvé ensuite par le Ministre des Colonies. Nous venons de voir le projet élaboré par M. Feillet; le Conseil privé, dans sa séance du 19 juillet, l’adopte à l'unanimité. Il est ensuite examiné par le Conseil général, dans la séance du 29 juillet, après avoir fait l'objet d’un rapport de la part d’une commission spéciale nommée par le Conseil. Voici les conclusions de ce rapport : « 1° Décider que le procès du Domaine sera repris et poussé aussi activement que possible; 2° en ce qui concerne le choix des terres, déclarer que le Conseil n'étant pas suffisamment éclairé, ne saurait donner son avis au plan de campagne qui lui est soumis; 3° ence quiconcerneles travaux de routes,demander qu’il soit prévu, sur les fonds de la colonisation, un crédit spécial pour l'entretien des routes déjà existantes, jusqu’à ce qu'elles aient pu être régulièrement reçues, le Conseil ne pouvant consentir à faire entretenir ces routes par le budget local et ne pouvant s’engager plus tard à les entretenir qu’autant qu’elles seront justifiées par le chiffre de la population; 4° en ce qui concerne les centres à créer pour 1808, demander que toutes les forces de la colonisation soient concentrées sur un seul point, le plateau central de la Table-Unio, puisque c’est celui qui paraît le plus convenable à l'Administration et, d’une facon générale, que ce plateau, ainsi que tous les centres à créer en montagne, soit desservi simplement par des sentiers muletiers, les routes charretières devant être réservées pour la plaine ». La commission propose ensuite de fixer à 180.955 fr., 80 le chiffre des recettes et à 106.950 fr. le total des dépenses, ce qui laisserait un crédit de 73.050 fr., pour l'entretien des routes déjà existantes et les dépenses imprévues. Ces conclusions, malgré les observations de M. le Directeur de l'Intérieur Martineau, sont adoptées par le Conseil général.
Signalons enfin, pour terminer, deux tentatives dues en 1897 à l’initiative privée.
Tout d’abord, un des plus anciens colons de la Nouvelle- Calédonie, M. Higginson, offre à la colonisation libre, dans une région située près de Nouméa et dotée de moyens de communication faciles, une partie importante de sa propriété composée de bonnes terres à cultures et à pâturages. Il propose de donner à la colonie la moitié des terrains qu'il possède à la Dumbéa, aux lieux dits Koé, Nimba et Koutio- Kouéta, à charge pour celle-ci d’allotir ces terres, et de les concéder gratuitement à des colons libres. La partie du domaine aliénée et mise en culture donnerait de la valeur aux lots conservés par M. Higginson qui ferait ainsi œuvre à la fois utile au pays et d’un profit équitable pour lui-même. « Je serais très heureux pour ma part, » dit M. Feillet dans le discours prononcé par lui à l’occasion de l’ouverture de la session extraordinaire du Conseil général du 22 juillet 1807, « de voir cet exemple suivi par les propriétaires de ZLatifundia, qui trouveraient dans cette opération le moyen le plus pratique, et en même temps le plus profitable à la colonie, de mettre en valeur les déserts considérables que forment leurs immenses domaines. Il me paraïîtrait juste, pour les encourager dans cette voie, que le budget de la colonisation libre prît à sa charge, dans des conditions qui restent à déterminer, une partie, tout au moins, des voies d’accès. Je vous serai reconnaissant de me donner votre avis sur ce point spécial. »
L'œuvre entreprise par la « Société de prêts pour l'émigration en famille en Nouvelle-Calédonie » fondée à Paris par M" Routier de Granval, veuve d’un grand propriétaire de la Nouvelle-Calédonie, a également pour but de développer la colonisation libre agricole. M" Routier de Granval possède à la Poya, dans une situation des plus favorables, un domaine de 2000 hectares environ. Sur ce domaine, comme dans les stations d'élevage anciennement concédées, se rencontrent d'excellentes terres à cultures. Ce sont ces terres que M"° Routier de Granval a eu la généreuse pensée
de répartir à titre gratuit entre un certain nombre de fa-