‹ Les aliénés en RussieChapitre 44 sur 68 · RIAZAN · texte numérisé non relu

RIAZAN

Comme les autres établissements passés au Zemstwo, l'asile de Riazan a dû être bientôt agrandi.

C'est en 1874 et en 1879 qu'ont été faits les principaux agrandissements bientôt devenus insuffisants, si bien qu'on a dû en 1885 créer une colonie annexe pour évacuer les chroniques.

L'asile des aliénés proprement dit a sa cour commune avec l'hôpital général.

Il comprend deux bâtiments à deux étages chacun, l'un pour les tranquilles, l'autre pour les agités. Dans chaque bâtiment le premier étage est pour les femmes, le deuxième pour les hommes.

Un baraquement de bois contient quinze cellules.

Deux baraquements sont réservés aux malades malpropres, un pour les hommes, l'autre pour les femmes.

Le chauffage se fait à l'aide de poêles hollandais.

L'eau potable est fournie par un puits ; elle est distribuée au moyen d'une machine à vapeur.

Il y existe un système particulier pour évacuer les immondices ; ce système se compose de tuyaux de fonte aboutissant à un filtre rempli de tourbe : les parties liquides traversent ce filtre et sont absorbées par un puits; les parties solides sont transportées en dehors de la ville.

Depuis 1886, l'établissement est dirigé par un médecin spécialiste qui jouit des prérogatives du directeur, quoique dépendant nominalement du directeur-médecin de l'hôpital général.

11 n'y a pas d'ateliers. Quelques malades travaillent dans la cour de l'hôpital; quelques femmes s'occupent à la couture.

La nourriture est suffisante comme quantité, mais peu variée ; il est difTicile de savoir ce que coûte la pension d'un malade aussi bien que les dépenses annuelles pour l'entretien, car la maison d'aliénés ne possède pas une comptabilité à part. Depuis l'année 1886 la maison est séparée de l'hôpital général quant à l'administration, mais les services de l'économat y sont encore communs.

Personnel :

■1 Médecin-directeur logé.

3 Médecins chefs logés hors l'établissement.

3 Surveillants dont 2 aides-médecins.

1 Aide-médecin, major.

3 Surveillantes et une aide-médecin.

35 Gardiens (7 à 9 roubles).

25 Gardiennes (5 à 7 roubles).

Malades assistés en moyenne, 400 (hommes 62 "/o, femmes 37 7o).

Proportion des aliénés assistés, par rapport aux aliénés réunis de la province, 10 7o-

Entretien annuel moyen de 250 à 300,000 francs.

Coût d'installation de l'asile, 750,000 francs.

En 1885, le Zemstvvo a entrepris la création d'une colonie pour les aliénés chroniques encombrant l'asile. Cette fondation a coûté de première mise 300,000 roubles. La colonie se trouve au sud de la ville de PJazan, à deux verstes, sur un plateau. — Elle possède 102 dessiatines de terrain dont 30 de forêt. Les bâtiments occupent un terrain de 3 dessiatines ; ils sont situés dans la partie la plus élevée. On y trouve un grand jardin et un étang mal entretenu. L'enclos est entouré d'un ruisseau dont les bords sont plantés d'arbres, sauf du côté de la forêt.

La section des hommes et la section des femmes sont semblables : un bâtiment en pierre formant trois côtés d'un rectangle. Pour les violents et malpropres, toute une série de cellules disposées des deux côtés des corridors. Chauffage par l'eau chaude; disposition spéciale pour la ventilation ; waterclosets d'un système perfectionné ; quatre chambres pour quatre malades pensionnaires.

Les bâtiments d'administration ont trois étages ; ils comprennent :

1° Dans le sous-sol : cuisine, bains centraux et hydrothérapie.

2° Aux premier et deuxième étages, bureau, pharmacie, laboratoire et logements d'employés.

3" Au troisième étage, logement du médecindirecteur et des médecins chefs.

Un bâtiment spécial en brique contient les

machines à vapeur pour l'eau, le chauffage et la lumière électrique.

Un puits situé dans l'enclos fournit l'eau potable en abondance. Les égouts se rendent à une fosse filtrante ; les liquides s'y perdent, les matières solides s'y déposent et sont ensuite enlevées et épandues.

TVER-BOURACHEV

Jusqu'en octobre 1884 le service des aliénés à Tver était réduit à une section de l'hôpital général. A cette époque il a été transféré aux environs, dans le village de Bourachev, et installé dans un asile auquel est annexé une ferme. C'est le D"" Litvinov qui a organisé cette colonie.

Le domaine occupe une localité élevée, Bourachev, bordée au sud et au sud-est par une belle foret, et à l'ouest par un ravin pittoresque interrompu par une suite d'étangs et de digues ; au nord-ouest une plaine s'étend jusqu'à Tver, de façon qu'on jouit d'une fort belle vue de la ville et de ses environs.

L'asile comprend deux groupes de constructions formant à peu près un angle droit. Le groupe pour les hommes est tourné vers le sud et légèrement à l'est ; celui pour les femmes vers l'ouest et un peu au sud. Ces deux groupes ne se touchent pas, mais se trouvent éloignés l'un de l'autre de 50 sagènes environ. Chaque groupe est formé de sept bâtiments unis par des couloirs chauffés. Les bâtiments sont en maçonnerie ; le toit est en fer. Les deux groupes

de bâtiments sont construits d'après le même plan, et leurs dimensions sont presque égales.

Au centre de chaque groupe s'élève un bâtiment à deux étages ; au rez-de-chaussée se trouvent les demi-tranquilles et en haut les tranquilles. La distribution des deux étages est la même ; au centre, la salle de jour, grande et belle pièce bien éclairée, autour de laquelle se groupent les dortoirs.

De chaque côté du pavillon central se trouA'ent trois pavillons :

1" Un pavillon pour l'administration et les appartements des médecins adjoints ;

2" Un pavillon pour les tranquilles malpropres ;

3" Un pavillon pour les pensionnaires.

Les trois autres pavillons situés du côté opposé du bâtiment central renferment : 1" les gâteux, 2° l'infirmerie, 3° les agités. Dans chaque pavillon il y a une salle de bains ; aux agités, il existe en outre des installations hydrothérapiques.

Les baignoires de cuivre sont garnies de bois extérieurement et à demi enfoncées dans le sol. L'eau froide et l'eau chaude préalablement mélangées pénètrent par un orifice situé dans le fond de la baignoire. Cet orifice sert également pour la sortie de l'eau ; il se ferme et s'ouvre à l'aide d'une clef.

Dans la chambre de bains, se trouvent deux canapés, une pendule et des objets de toilette : savon, éponge, torchon de tille, peignes, etc. En vingt-quatre heures, on fait dans les deux sections cent bains environ.

Les escaliers conduisant au deuxième étage dans le bâtiment central, ainsi que dans les appartements

de l'administration, sont en maçonnerie et bordés de grilles en fer.

Les portes donnant dans les corridors et pavillons sont à deux battants, et, dans les chambres, presque partout à un battant ; elles se ferment au moyen de serrures semblables à celles des wagons.

Les portes des water-closets s'ouvrent en dedans et en dehors. L'eau entre au moyen de robinets automatiques : quand le malade s'assoit, le siège du water-closet s'enfonce, laisse partir l'air du robinet automatique, puis, quand le malade se lève, le couvercle se lève aussi ; le robinet ne contenant plus que de l'air raréfié, l'eau peut facilement vaincre l'obstacle et arriver dans la cuvette. Le robinet est très solide ; on est obligé seulement de changer de temps à autre les ressorts élastiques du robinet et ceux du siège ; on en a d'ailleurs toujours en provision. Cette réparation n'est ni compliquée ni coûteuse. Devant les water-closets se trouvent les lavabos avec robinets de cuivre nickelés.

Les fenêtres ont près de trois archines de hauteur et une archine dix verschoks de largeur ; elles sont doubles. Les planchers sont en bois.

Le chauffage est assuré par des poêles hollandais placés dans l'épaisseur des murs.

L'éclairage se fait par le pétrole. Dans la section des demi-tranquilles, des tranquilles, des gâteux et des tranquilles-gàteux, il existe des suspensions ordinaires ; dans les dortoirs des agités, les lampes sont entourées d'une grille en fil de fer.

Dans les sections des agités, hommes et femmes, il existe six chambres d'isolement capitonnées ; chaque section a également une chambre d'isolement

capitonnée; le capitonnage est formé de crin végétal recouvert d'une toile peinte à lluiile ; les autres chambres d'isolement ont des boiseries peintes. La hauteur du capitonnage dépasse deux mètres. Les portes dans les chambres d'isolement sont percées de vasistas fermés par un verre très épais (près de trois centimètres d'épaisseur). Chaque chambre d'isolement possède une fenêtre carrée d'une archine trois ([uarts, située à la hauteur de trois archines. Les châssis sont en bois solide avec une grille en fer, possédant une échancrure pour les vitres en forme de F. Les vitres sont dépolies et épaisses d'un centimètre.

Dans les cabinets des médecins il y a des balances pour peser les malades, des instruments pour les recherches anthropologiques et psychiatriques, des appareils électriques, des trousses chirurgicales et un assez grand nombre d'instruments pour des travaux de chimie et de microscopie, enfin des archives renfermant des renseignements sur les malades.

Un baraquement situé à cent sagènes en arrière des services de l'hôpital proprement dit sert à loger les travailleurs ; à mi-distance s'en trouve un autre pour les hommes faibles et incurables. Les baraques sont bâties d'après le système de Gérard, c'est-àdire avec des interstices dans les murs. Ces murs, à chaque cinq archines, présentent des piliers en brique, sur lesquels repose le toit. La baraque a quatorze sagènes de longueur, à peu près quatre de largeur et près de deux de hauteur. La base de l'édifice, à la hauteur d'une demi-archine au-dessus de la terre, est en pierre non taillée ; le toit est en fer. Cette baraque est recouverte de plâtre en dedans

et en dehors; les murs intérieurs à hauteur d'homme sont peints à l'huile. La baraque se divise en trois parties: au milieu, un réfectoire de six sagènes de longueur et une salle de jour; à droite et à gauche, deux dortoirs de quatre sagènes de longueur chacun. La baraque est chaufîée par deux poêles hollandais; elle est très chaude et très sèche. Les water-closets sont organisés de la manière suivante : dans une pièce se trouve un siège avec un trou et sous ce siège un tonneau à roulettes que l'on vide tous les jours.

La cuisine est très peu spacieuse. On ne fait pas le pain dans l'établissement; on l'apporte de T\er, de la boulangerie de l'hôpital du gouvernement. Les résidus de la cuisine sont jetés dans des cuviers placés dehors, puis donnés aux porcs de la ferme.

A quarante sagènes de la section des femmes, se trouve une maison de deux étages où habite le médecin-directeur. Cet appartement est excellent; on ne peut pas en dire autant des logements des autres médecins situés dans les édifices à deux étages de l'administration : les surveillants, les malades passent dans les corridors pour aller d'une section dans l'autre; les fenêtres donnent sur des petites cours où les malades se promènent, bavardent et font toutes sortes de choses, en sorte que les familles des docteurs les voient et les entendent.

Une suite de bâtiments se trouvent entre l'hôpital et le pavillon du médecin-directeur: serres, magasins, ateliers.

La buanderie possède deux cuviers à eau froide et chaude, deux chaudières pour faire bouillir le linge. L'eau chaude vient de la chaudière à vapeur qui fournit l'eau chaude à tout l'établissement; l'eau froide

est amenée de l'étang voisin d'où on la retire à l'aide d'une pompe. Le roulage et la réparation du linge se font dans une pièce située à côté de la buanderie. On le sèche dans un séchoir qui se trouve au-dessus de la buanderie, séchoir qui n'est autre chose qu'un grenier à plafond élevé, muni de châssis à verre dormant. Le linge n'ayant pas le temps de sécher en hiver, on le suspend alors dans la buanderie même, où il est séché par les tuyaux du poêle. Le personnel de la buanderie comprend : un surveillant, cinq blanchisseuses, deux infirmières ; quelques malades femmes viennent aider; en outre un malade amène l'eau dans le cuvier à eau froide, au moyen d'une pompe. A côté de la buanderie est une petite dépendance où se trouve une chaudière à vapeur et une pompe à vapeur avec filtre qui fournit l'eau pour tout l'établissement.

Une lingère surveille le linge de tout l'établissement, sous sa responsabilité. En outre, chaque section doit surveiller le linge qui lui appartient.

Les surveillants et les surveillantes marquent sur un carnet de blanchissage le linge propre qu'ils reçoivent et celui qu'ils donnent au sale ; ils marquent dans une colonne de ce carnet le linge déchiré par les malades.

Tous les mois la lingère compte en présence de l'économe le linge abîmé, qu'on raye ensuite des carnets où il est inscrit, puis on le remplace par du linge neuf. C'est aussi de cette façon qu'on procède pour les habits, la chaussure et les autres objets à l'usage des malades.

La distribution des vivres se fait de la façon suivante :

Le cuisinier délivre à chaque section la quantité de viande qui lui revient. Les domestiques l'emportent, la coupent et donnent à chaque malade sa portion. Les malades, sauf un petit nombre, ne recevant ni fourchettes, ni couteaux, les domestiques doivent servir la nourriture sous une forme qui permette de la manger avec les cuillers; ces cuillers sont en bois.

Le cuisinier donne la nourriture dans des marmites en fer-blanc, puis, dans les sections, on la verse dans des gamelles en fer-blanc ; les cruches sont aussi en fer-blanc, les cruches à thé sont en terre. Les malades qui travaillent reçoivent de plus grandes portions ; on leur donne aussi plus de pain, de thé et de lait.

La ferme est dirigée par un agronome qui a également dans ses attributions les services économiques de l'asile.

Les chiffres ci-dessous indiquent le revenu de la ferme pendant un laps de cinq années.

Recettes

Dépenses

Bénéfices

lîoub.

Ko p.

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Kop.

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Kop.

Roub.

Kop.

Roub.

Kop.

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Sont attachés à la ferme : six employés dont un est bailli du village, trois vachères, un pâtre et un garde forestier.

A part le bénéfice que donne la vente de ses produits, la ferme gagne encore de l'argent en exécutant quelques travaux à l'hôpital à l'aide de ses employés et de ses chevaux, par exemple le transport des

denrées et autres objets de la ville à l'hôpital.

La ferme, en résumé, rapporte des sommes assez importantes ; de plus, elle n'a pas besoin de capital de roulement ; elle peut toujours recevoir des fonds directement de la régie provinciale.

Cette solidarité de la colonie et de la ferme est la source de grands avantages pour les deux établissements. L'asile a toujours des produits de bonne qualité ; la ferme a un écoulement assuré pour ses produits, le lait par exemple ; de plus elle n'a pas besoin d'accessoires, vases, etc., pour conserver le lait, puisqu'elle l'envoie directement à l'asile et à l'hôpital du Zemstwo, ce qui fait une grande économie.

La propriété de Bourachev a 413 dessiatines d'étendue dont 18 occupés par les constructions, près de 100 par une forêt, 50 par des champs cultivés et 2 par le potager; le reste du terrain est en pâturages et prairies. La ferme entretient 40 vaches, fournissant en moyenne dix seaux de lait par jour; 13 chevaux, 14 cochons; elle vend au prix du marché le lait, la viande et ses autres produits.

ATver, le travail est fortement organisé. On le considère avec raison comme le meilleur traitement curatif et aussi comme le moyen le plus efficace d'entretenir chez les incurables ce qui leur reste d'intelligence et de forces physiques et par suite d'en faire des êtres encore utiles à la société.

Les ateliers sont les suivants: cordonnerie, tailleur, couture, fllage, vannerie. Les malades qui y travaillent ont pour la plupart appris leur métier à l'asile; ils ne le connaissaient pas avant leur entrée. Ces ateliers sont d'un grand produit pour l'asile ; en ce qui concerne la confection du linge et des vêtements, ils suf-

lisent aux besoins de l'établissement et on n'a pas besoin d'avoir recours à la main-d'œuvre du dehors.

C'est surtout le travail agricole, de tous le plus varié, qui joue un grand rôle. Voici comment il est réglé :

Le gérant, à qui appartient la surveillance de la partie agricole de la colonie et du domaine, fait savoir le soir au médecin-directeur quels travaux il y a à exécuter dans la colonie ou aux champs ; le directeur en prend note et indique le nombre de malades qui doit aller travailler; il indique aussi combien il faut en prendre dans les baraques, et combien dans les sections.

Le médecin de chaque section indique nominativement les malades qui doivent travailler et il indique pour chacun le genre de travail qui lui convient le mieux d'après son état mental. Les travailleurs sont accompagnés d'un surveillant (qui est en même temps infirmier), ou d'une surveillante et d'un certain nombre de domestiques ; les travaux sont souvent inspectés par les médecins.

On ne force pas les malades à travailler ; on les y encourage seulement par divers moyens: des cadeaux les jours de fête consistant en thé et tabac, pour quelques-uns un pécule mensuel d'un rouble, etc.

Le bureau de la colonie envoie tous les mois un compte rendu des recettes et dépenses à la régence.

Le compte rendu annuel de la ferme et de la partie économique de la colonie est fait par la régence ; le médecin fait le compte rendu du service médical.

Le document le plus récent que nous ayons pu nous procurer sur Bourachev est le rapport de M. le D' Litvinov sur l'état de la colonie du i®"" dé-

cembre 1891 au l" novembre 1802 ; nous en donnons l'analyse faite par le D' Lwoff (1).

La colonie (asile et ferme) possède 500 malades avec 5 médecins dont un médecin-directeur. 11 n'y a pas moins de 96 infirmiers et infirmières; le personnel médical inférieur comprend : 11 surveillants et surveillantes diplômés (^feldschers) et les chefs d'atelier. 0\\ comprend qu'avec un personnel aussi nombreux, les malades peuvent jouir d'une très grande liberté. C'est presque le no-restraint complet. On cherche, par tous les moyens possibles, à faire sortir les malades delà torpeur où les plonge la vie monotone des asiles. Les deux grands moyens sont les distractions et le travail. C'est le D"" Biaschkov qui est plus spécialement chargé d'organiser le travail et les distractions; c'est lui qui en rend compte dans le rapport. En été, les malades font des promenades qui ont été au nombre de 47 pendant l'année. 200 malades prennent part à ces promenades dans les environs plus ou moins éloignés de l'asile. En hiver, on organise des soirées littéraires (16 pendant l'année) ; on fait lire à haute voix des récits historiques, des nouvelles, etc. Il faut ajouter plusieurs spectacles, des concerts, des projections à l'aide de la lanterne magique dont les sujets sont interprétés par les malades.

Les différents travaux exécutés à l'asile se divisent en travaux agricoles et travaux d'atelier. On trouve en

(1) Rapport sur Tétat de la Colonie des aliénés dans le bourp de Bourachev depuis le !'='■ décembre 1891 jusqu'au l^"" novemiire 1892 ; huitième ajanée ; par le D"" Litvinov. Tver, 1893 (en langue russe). Analyse par le D'' Lwoff. Annales médico-psychologiques (année 1893, t. I, p. 497).

tout 57,399 journées de travail, ce qui fait 32 7o du nombre total de journées de malades. En réalité, la proportion est plus élevée si on ne compte pas les jours de fête et dimanches. On nous a raconté que les ateliers des malades, organisés par le D'" Biaschkov, sont avantageusement connus de la population environnante, et qu'on vient souvent y faire des commandes.

Le budget de l'asile est de 104,545 roubles ou 270,000 francs environ, ce qui porte la dépense à 1 fr. 50 environ par jour et par malade, et, avec cette somme relativement modique, les malades ont un entretien exemplaire sous tous les rapports.

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