I. HISTOIRE. — ORGANISATION DE LA CLINIQUE
La clinique de psychiatrie de l'Université de Moscou a été fondée par M"^ Barbe Morozov à l'aide du capital légué par feu M. A. Morozov son mari, pour des œuvres de bienfaisance. M™'' Morozov a offert une clinique toute prête, c'est-à-dire construite et meublée. Les plans ont été dressés par M. le professeur Kojewnikov et M. K. Bikowski, architecte de l'Université. C'est ce dernier qui a dirigé les travaux, tandis que la surveillance administrative a été exercée par le maire de Moscou, M. Alexéiev. Tout l'aménagement intérieur de la clinique a été exécuté sous la surveillance et suivant les indications de M. le professeur A. Kojewnikov. La construction a été achevée en 1886, et le 17 janvier 1887 a eu lieu
l'inauguration et la remise de la clinique à l'Université. La construction avec le terrain est estimée à 425,000 roubles ; sur ce même terrain a été construite également la clinique des malades nerveuses, pour laquelle on s'est servi de subsides accordées par le gouvernement à l'Université.
L'emplacement sur lequel est construite la clinique de psychiatrie est distant d'environ trois quarts de verste de la cité des cliniques ; il a une superficie de 11,930 sagènes carrées ; c'est un ancien parc planté de tilleuls ayant appartenu à M. le comte Olzoufîev. Les bâtiments consacrés aux malades et ceux réservés au service sont séparés ; leur façade donne sur l'avenue des cliniques ; le côté opposé est tourné vers le parc. Si l'on arrive à la clinique par le Diévetchié-Polé, il faut, pour accéder au bâtiment destiné aux malades, franchir un portail en pierre avec grille en fonte et suivre l'avenue des cliniques qui longe le mur de la propriété voisine. Cette avenue est en réalité une rue pavée, assez large, bordée de gazon et plantée d'arbres. Le long de l'avenue, sur le côté gauche, court un trottoir en asphalte qui conduit au bâtiment principal de la clinique situé dans le fond du terrain. C'est là que sont installés certaines dépendances de la clinique des maladies nerveuses et les bâtiments de service de la clinique de psychiatrie désignés ci-après :
1° Un bâtiment en bois à un éta^e où loo-ent le médecin adjoint de la clinique et le comptable.
2" Un bâtiment en pierre à un étage pour les portiers et les hommes de peine.
3" Un bâtiment en pierre à deux étages. Il comprend : a.' Au rez-de-chaussée : la cuisine, un
^arde-manoer et iiii(3 pièce pour le lavage de la vaisselle, complètement séparés de la cuisine ; le' dépôt de vêtements des malades, une chambre pour le triage du linge sale ; la buanderie des domestiques: une salle à manger et une cuisine pour ces derniers, une chambre pour le cuisinier. — b. Au premier étage : le dortoir des gardes-malades hommes ; le dortoir des gardes-malades femmes, et des chambres séparées pour quelques employés (le jardinier, le sommelier, etc.).
Derrière ces bâtiments sont élevés :
4" Une chapelle en bois, avec pièce pour l'autopsie des cadavres.
5° Des dépendances, des hangars, des caves en pierre.
6** Le château d'eau, édifice en forme de tour, de 24 archines (environ 17 mètres) de hauteur, divisé en trois étages. Cette tour renferme, outre le réservoir, une pièce pour les accumulateurs et une machine à vapeur, destinée à pomper les eaux sales dans les tuyaux d'égout de la cité des cliniques.
7° Enfin le septième et dernier édifice situé le long de cette avenue est le bâtiment principal de la clinique qui contient les pièces destinées à l'administration, aux études et aux malades.
Description du bâtiment principal
Les pièces destinées à l'administration et aux études (auditoire, laboratoires, etc.) sont situées près des salles des malades, mais eu sont cependant séparées. La section des hommes et celle des femmes sont distinctes. En sorte que le bâtiment principal,
tout en ne formant qu'un seul édifice, est divisé en trois parties. La partie centrale, constituée par un corps de bâtiment à deux étages, est réservée à l'administration et aux études. Aux extrémités de ce bâtiment, et perpendiculairement à lui, s'élèvent deux ailes à deux étages, destinées aux malades : celle de gauche aux femmes et celle de droite aux hommes. A leur extrémité s'élèvent des annexes à un étage, servant de section d'isolement, aussi bien du côté des femmes que du côté des hommes. Le bâtiment principal de la clinique est en pierre et non crépi.
1» Section des études et de T administration
Cette section comprend deux étages. Au rez-dechaussée, au centre du bâtiment, se trouve l'entrée principale ; elle ouvre sur un large vestibule voûté où se trouve le vestiaire des étudiants (a). A droite du vestibule se trouve la loge du concierge ; à gauche, la garde-robe et le fumoir (c). Dans le vestibule, en face de l'entrée principale, une porte défendue par un tambour donne accès dans le jardin. Au centre du vestibule, à droite, un large escalier en marbre de Podolsk, qui mène à l'étage supérieur.
Du vestibule, part à droite et à gauche un grand corridor, large de quatre archines (2™ 85) dont les fenêtres donnent sur le jardin. Sur ce corridor s'ouvrent des portes qui donnent accès dans les autres pièces du bâtiment central. A gauche se trouvent deux pièces (b) pour la visite des malades, et, à côté d'elles, les logements des médecins (f). Dans la partie droite de l'étage inférieur, outre
a — aiiditoire.
b — labdintxiiie de psychologie.
c — musOe et bibliolhOque médicale
d — c.ibinet du professeur.
d'— chambre iioir pour photographie
e — laljoratoire
r — bibliolhOnue des malades (parloiri.
g —corridors
o — dortoirs.
l'er étage
I — réfectoires, k — bulîrts.
1 — saJles de (ravail.
ni — water-clospts.
n-w— salles de bains
0 — lingerie.
o;p — logement des deux la surveillantes en chef.
r —logement du surveillant en
chef s —escaliers
1 — garderobe.
I^ez>de'Chaussée
a — vnstilHil(>
— w'iter-closets.
b— loge du concierge
'— stilles de bains.
c — watet-closeï
— salle d'hydrothérapie
d— salle d attente
—chambres séparées.
d'— bnrcan
-^■ellules.
f — logenieiii pour deux internes
— corridor
e — ci>Vridors
vestibule
Il —dortoirs.
— escalier
i ref?.ctoires.
— gard&Tbbe.
k— iMiilèls,
-^logemaicts du surveillant
1 '— jaUes de travail.
etde la surveillante en chef
PI. XIII. - Cliniqii
A— section de l'ailministrafion et des ftiides. B— section des malades tranquilles (lënimes). C— section des malades tranquilles (hommes).
chiàtrie (Moscou)
l'escalier, se trouve encore une pièce pour le bureau (d).
A l'étage supérieur, tout le long du bâtiment central, passe un corridor (g) éclairé par des fenêtres donnant sur le jardin. Sur ce corridor s'ouvrent les portes de diverses pièces. Au centre, l'auditoire (a) ; à sa gauche, le laboratoire de psychologie. Plus loin : le musée et la bibliothèque (c), le cabinet du professeur dont une partie sert de chambre noire pour la photographie (d) et le laboratoire (e). Du côté droit du corridor, une porte s'ouvre sur le palier de l'escalier d'honneur et une autre sur la bibliothèque des malades (f). Cette dernière pièce sert également de parloir aux malades hommes.
2° Section des malades
A. Division des femmes
Cette division, aménagée pour vingt malades, occupe les deux étages de l'aile droite du bâtiment. L'étage inférieur est destiné aux malades agitées, et l'étage supérieur aux malades tranquilles. A l'étage inférieur, à la suite d'une petite pièce à une fenêtre séparant la section des femmes de celle des études, commence un corridor éclairé (g), large de cinq archines (3™55). Sur ce corridor s'ouvrent, d'un côté, deux dortoirs : l'un de cinq lits, l'autre de quatre (h, h) un réfectoire (i) et une salle de travail (1). Plus loin le corridor fait angle et donne accès à un watercloset (m), une salle de bains (n) et une office (t). De l'autre côté du corridor, en face de l'office, se trouve un buffet (k) et, à côté, l'escalier et l'entrée du service. En suivant plus loin ce même corridor,
on arrive à quatre pièces séparées, dont trois (h, h, h) sont destinées aux malades et la quatrième (u) à la surveillante de la division inférieure. Plus loin, le corridor aboutit à une porte ouvrant sur la partie du bâtiment qui sépare cette section de la section d'isolement. Cette partie se compose de deux pièces de passage ; dans l'une s'ouvre une porte donnant sur le jardin des malades agitées ; dans l'autre, une porte conduisant à la salle d'hydrothérapie (n). Plus loin commence la section d'isolement, composée d'un corridor commun (q), de trois chambres d'isolement (p,p,p) et d'une pièce dans laquelle se trouve une baignoire (n) et un water-closet (m). Dans la chambre commune s'ouvre une porte sur un vestibule (r) donnant accès à une cour réservée aux malades de cette section.
L'étage supérieur, disposé de la même façon que l'étage inférieur, se compose de dortoirs à cinq et à quatre lits (h, h) situés d'un côté d'un corridor éclairé (g). Puis viennent la salle à manger (i), une chambre de travail (e), un water-closet (m), une salle de bains (\v), un office (t), un buffet (k) et une chambre à une fenêtre pour une malade (h) ; l'extrémité de l'étage est occupée par la lingerie et par les logements de l'aide-médecin des femmes (0,0) et de la surveillante (p). L'étage supérieur et l'étage inférieur communiquent entre eux par deux escaliers : un escalier de service et un escalier pour les malades ; ce dernier est situé entre la division des femmes et la section des études. Cet escalier conduit à un vestibule par lequel les malades tranquilles peuvent passer pour se rendre au jardin. Indépendamment de sa balustrade, cet escalier est muni
(riiii haut grillage en fil de fer, afin doter aux malades la possibilité de tomber.
B. Division des hommes
La division des hommes est aménagée pour trente personnes, et, par conséquent, occupe un local plus grand que celle des femmes. Les malades agités sont logés au rez-de-chaussée et les malades tranquilles à l'étage supérieur. A l'étage inférieur on trouve d'abord un large corridor qui traverse, en suivant une courbe, toute la division. Les pièces se trouvent d'un côté du corridor. La première pièce (u) sert de logement au surveillant ; puis vient un dortoir à 4 lits (h). Plus loin, du côté gauche du corridor, se trouvent encore un dortoir à 4 lits (h), une salle de bains (n), un water-closet (m), un autre dortoir à 5 lits (h), une salle de travail (1) et un réfectoire (i). Puis viennent, à droite du corridor qui se recourbe ici à angle droit, un buffet (k) et quatre chambres (o,o) à un lit et à une fenêtre. Le corridor se termine enfin par une porte conduisant à deux chambres de passage et à la section d'isolement. Une de ces deux chambres de passage a une porte qui s'ouvre sur le jardin des malades agités, tandis qu'une autre porte conduit au local destiné à l'hydrothérapie (n).
La section d'isolement, de même que celle de la division des femmes, se compose d'un corridor commun (g) et de trois chambres d'isolement (p,p,p). Du corridor, une porte mène à la salle de bains et au water-closet (m et n), une autre au vestibule (r) qui donne accès dans une cour destinée aux malades.
L'étage supérieur présente aussi une rangée de pièces disposées d'un côté du corridor. La première chambre (h) est pour un seul malade, puis vient un dortoir à 4 lits. Plus loin se trouvent encore : un dortoir pour 4 malades, une salle de bains (n), un water-closet (m), un dortoir pour 5 malades, une salle de travail (1), un réfectoire (i), un buffet (k) et une chambre pour un malade (h). Enfin viennent deux offices (t,t) et le logement du surveillant (u). L'étage supérieur possède deux escaliers : un escalier de service et un escalier pour les malades. Les malades tranquilles s'en servent pour descendre au jardin, et c'est par là qu'on transporte les malades d'une section dans l'autre. Cet escalier est bordé d'un filet en fil de fer pour prévenir les chutes.
La hauteur des chambres, tant dans la division des hommes que dans celle des femmes, est de 6 archines (4™26), et leur profondeur de 8 archines 5 verschoks (5"9i).
La contenance cubique d'air dans les salles de malades est la suivante : dans les dortoirs à 4 lits, de 4 sag. cubes 15 d'air par malade ; dans les dortoirs à 5 lits, de 3 sag. cubes 8; dans les chambres à un lit, de 5 sag. cubes 4. Au total, dans la division des malades, en comptant les corridors, les réfectoires, les salles de bains, etc., chaque malade a environ 15 sagènes cubes d'air.
Dans les pièces destinées aux malades, les angles sont partout arrondis et il n'existe nulle part de saillies brusques. Les murs sont peints, partie en couleur à l'huile (jusqu'à 3 archines 1/2 du sol, 2"'49),
partie en couleur à la colle. — Les planchers de la section des malades sont tous formés d'un parquet en chêne, à l'exception des salles de bains, des water-closets et des buffets, dont le sol est en asphalte. — Les portes des dortoirs, à deux battants, ont une hauteur de quatre archines (2™84) sur une largeur de 1 archine 12 verschoks (i™25) ; celles des chambres à un lit n'ont qu'un battant, et leurs dimensions sont de 3 archines 10 verschocks (2™58) de haut sur 1 archine 4 verschoks (0™89) de large. Les portes sont placées du côté du dortoir, mais s'ouvrent sur le corridor. Au-dessus d'elles se trouvent des ouvertures fermées par des verres épais pour les lanternes qui servent à l'éclairage au gaz. Les portes se ferment par des serrures simples et au moyen de clefs ordinaires : leurs ferrures sont faites de façon qu'on ne puisse s'accrocher nulle part. — Les fenêtres ont trois archines (2™ 13) de haut sur 1 archine 10 verschoks (1™16) de large. Elles sont à double battant, avec huit vitres. Il existe un vasistas dans chaque chambre. Les appuis des fenêtres sont en marbre de Podolsk. Toutes les fenêtres des dortoirs et des corridors avaient autrefois des grillages en fer ; actuellement ces grillages n'existent plus et il n'y en a plus à la clinique. Comme toutes les vitres, excepté celles des chambres d'isolement, sont en verre simple et mince, on emploie dans certaines chambres, pour les préserver, des grilles en fer qu'on enlève quand on n'en a plus besoin. En faisant disparaître les grillages on a dû apporter quelques modifications aux cadres des fenêtres. Pour empêcher les malades de sauter par les fenêtres, qui
restent largement ouvertes pendant l'été, elles sont construites de façon à ne laisser qu'un passage de 4 verschoks (0'"i8). On a obtenu ce résultat de la manière suivante : i° pour certaines fenêtres on a employé un système de cadres tournant sur un essieu passant par leur centre (système introduit à Nitleben, près de Halle, et à la clinique du professeur Hietzig et installé pour la première fois à Moscou à la maison de santé Becker d'après le modèle du docteur S. -P. Soukhov) ; 2° pour d'autres, en appliquant le système introduit par le docteur W.-R. Butzke à l'hôpital Alexéiev, à la villa Kanatchikov, système préférable là où les doubles fenêtres peuvent s'ouvrir même en hiver.
Les chambres d'isolement sont construites de la même façon dans la division des hommes que dans celle des femmes. Chaque chambre a 7 archines (4™98) de long, 5 archines (3"'55) de large et 7 archines de haut; leur contenance d'air est de 9 sagènes cubes (environ 75 mètres cubes) par malade. Les murs sont crépis de ciment de Portland jusqu'à la hauteur de 3 archines 1/2 (2'°49) et peints de couleurs à l'huile. Le plancher de toutes ces chambres se compose d'un parquet en chêne imbibé d'huile. Dans une des chambres, le plancher peut être recouvert, en cas de besoin, d'un matelas, formé de cinq cadres séparés, que l'on peut enlever pour le nettoyage ou quand on n'en a plus besoin. Les portes sont à un battant, de 3 archines (2™13) de haut sur 1 archine 5 verschoks (0"'93) de large. Elles se composent de deux planches collées l'une sur l'autre et séparées par une couche de feutre, de
sorte que leur épaisseur est de 2 verschoks (0"'09). Elles sont disposées de façon à s'ouvrir à l'extérieur, c'est-à-dire sur le corridor. Afin d'éviter de pincer la main d'un malade en fermant la porte, au bord de celle-ci, dans toute la hauteur, est fixée une bande de tôle qui sort de dessous la porte pendant qu'on la ferme, et recouvre l'intervalle qui existe entre le bord de celle-ci et le chambranle. Dans les portes que l'on refait maintenant, la bande de tôle arrondie sera supprimée, et on arrondira les pièces en bois du cadre même. Les serrures des chambres d'isolement sont tout particulièrement solides; elles sont munies de deux pênes qui se meuvent simultanément quand on tourne la clef. Les portes sont percées d'une ouverture quadrangulaire assez grande, fermée de verres épais à l'intérieur et à l'extérieur, et par laquelle on peut surveiller le malade. Cette ouverture peut se fermer au moyen d'une targette. La porte de la chambre centrale d'isolement est capitonnée. Chaque chambre a une fenêtre d'une demi-archine (0™36) de haut sur 1 archine 10 verschoks (i™i6) de large; cette fenêtre commence à 1 archine et demie (0'°07) au-dessus du sol. La fenêtre n'a pas d'appui à l'intérieur de la chambre, son cadre se trouvant au niveau de la muraille. Ce cadre est en bois très solide, à croisillons serrés (3 versch. 1/2 = 0™i6 de large, sur 5 versch. = 0™22 de haut). Du côté intérieur sont posées des vitres épaisses de 18 millimètres d'épaisseur, et transparentes, qui rendent inutile tout grillage en fer ; aussi il n'en existe pas dans les chambres d'isolement. Le cadre extérieur est un cadre ordinaire, à deux battants, qui peut rester
constamment ouvert pendant l'été. Il s'ouvre à l'intérieur. L'appui de la fenêtre entre les cadres est couvert de tôle et ressort à l'extérieur. Pour la ventilation on a installé, à la partie supérieure du cadre intérieur, un châssis dormant qui s'ouvre en dedans de la chambre.
Pour assurer la ventilation pendant l'hiver, la muraille de chaque chambre est percée d'une ouverture, dans laquelle est installée une caisse avec couvercle à ressort qui peut s'ouvrir et se fermer du côté du corridor. Dans ce but, il part de ce couvercle un cordon qui passe sur des roulettes le long du plafond de la chambre, traverse une ouverture de la muraille et descend dans le corridor. Dans son passage le long du plafond de la chambre d'isolement, ce cordon est enfermé dans un tuyau métallique qui le rend inaccessible au malade.
Le chauffage se fait au moyen d'une bouche de chaleur placée à 4 archines (2™85) de hauteur ; le canal de chauffe arrive à cette bouche par le haut et celle-ci est recouverte d'un grillage, afin que les objets lancés par les malades ne puissent pas tomber dans le canal. 11 existe deux bouches de tirage: une bouche supérieure pour la saison chaude, et une bouche inférieure pour la saison froide. La bouche inférieure est protégée par un grillage serré en û\ de fer solide. Afin d'augmenter le tirage dans la chambre d'isolement, on a installé dans le soussol des cheminées spéciales.
L'éclairage artificiel des chambres d'isolement se fait au moyen d'une lanterne placée au-dessus de la porte.
Toutes les sections communiquent par des fils avec un appareil de contrôle électrique construit par la maison Razoumov et Schiller. Cet appareil est installé dans le laboratoire et sert à vérifier la régularité du service de nuit des gardes-malades. Ceux-ci doivent, à un moment déterminé (tous les quarts d'heure et toutes les demi-heures), donner de leur corridor un signal qui est enregistré par l'appareil sur une bande de papier. L'absence d'enregistrement à un moment quelconque indique une irrégularité dans le service. Toutefois cet appareil n'a pas été trouvé très pratique. Son fonctionnement régulier exigeait de trop fréquentes réparations. Aussi, en 1896, on a installé un appareil de contrôle à air, fabriqué par la maison Winterhalter et beaucoup plus commode.
Les baignoires sont au nombre de cinq dans la division des hommes et de quatre dans celle des femmes. Elles sont en cuivre rouge, étamé à l'intérieur. Leur forme est ovale ; leur longueur est de 2 archines 3 verschoks (1™55), leur largeur de 14 verschoks 1/2 (0™62) et leur profondeur de 12 verschoks (0'"53); leurs bords sont arrondis. Les robinets à eau chaude et à eau froide sont placés à distance de la baignoire et ne peuvent être ouverts ou fermés qu'au moyen d'une clef. La bouche d'entrée de l'eau se trouve au fond de la baignoire, dans laquelle on introduit d'abord l'eau froide, puis l'eau chaude. La sortie de l'eau de la baignoire se fait par une ouverture grillée, et le tuyau par où elle s'écoule est muni d'un robinet placé à distance.
Outre les salles de bains, on trouve, à l'étage
inférieur de la division des hommes et de celle des femmes, des pièces pour le traitement hydrothérapique, affusions, douches, application du drap mouillé suivant la méthode Priessnitz. Les douches peuvent se donner sous forme de pluie, de jet ou en éventail, à la température que l'on désire. Dans les pièces où se trouvent des appareils d'hydrothérapie, le sol est préalablement recouvert de plaques de plomb soigneusement soudées, puis recouvertes d'une couche d'asphalte. L'écoulement de l'eau se fait par des trappes en fonte établies dans le plancher et communiquant avec le système général d'égouts. Le chauffage des baignoires et des appareils d'hydrothérapie se fait au moyen de fours spéciaux installés dans le sous-sol de chaque division. Chacun de ces fours sert à chauffer une chaudière étamée, d'où partent des tuyaux communiquant avec des réservoirs placés dans les locaux des bains. De ces réservoirs, l'eau chaude est amenée aux buffets, aux salles de bains et à la salle d'hydrothérapie. La baignoire de la section d'isolement est alimentée d'eau chaude par un four spécial placé dans le passage qui sépare la section des malades agités de la section d'isolement.
Les lavabos des divisions des malades sont en cuivre rouge étamé, avec des réservoirs semblables pourvus de barils et de soupapes; ils sont installés dans les salles de bains.
Les water-closets sont construits de façon qu'on ne puisse soulever la poignée du mécanisme qu'au moyen d'une clef, de sorte que le lavage des cuvettes doit absolument être fait par les domestiques.
Les buffets ou offices sont pourvus d'éviers en
fonte pour l'écoulement des eaux sales; en outre, il existe pour le lavage de la vaisselle un baquet en cuivre auquel sont amenées l'eau froide et l'eau chaude. Pour réchauffer les aliments, les buffets possèdent des réchauds chauffés au gaz.
Les jardins de la clinique sont en rapport étroit avec les divisions de malades. La clinique en possède plusieurs. Le premier, situé entre la division des hommes et celle des femmes et attenant au bâtiment de l'administration, est destiné aux malades des deux sexes. C'est ici que se réunissent les convalescents, hommes et femmes ; on y a installé un vaste parterre et un emplacement pour le jeu de croquet. Il occupe une superficie de 1,400 sagènes carrées.
Il existe encore deux jardins pour les malades tranquilles : l'un pour les femmes, l'autre pour les hommes; chacun d'eux occupe une superficie de 2,500 sagènes carrées. Ces jardins sont séparés par une légère haie double. Dans la division des hommes, de même que dans celle des femmes, il existe encore d'assez grands jardins pour les malades turbulents (la superficie de chacun d'eux est de 400 sagènes carrées). Ces jardins sont entourés d'une haute barrière en planches de 3 archines (2™14) d'élévation. Enfin, pour les malades les plus agités, il existe des cours entourées de murailles de pierre. Ces cours sont autant que possible nettoyées de cailloux. Les jardins sont coupés de larges allées battues; dans les quatre jardins il existe des pavillons : deux pour les femmes et deux pour les hommes.
Outre les jardins, la clinique possède un petit verger (avec serres) où les malades peuvent travailler.
Pendant les soirées d'hiver, alors qu'ils ne peuvent descendre au jardin, les malades tranquilles, tant hommes que femmes, se réunissent souvent, soit pour travailler (travaux de reliure), soit pour se récréer, dans l'auditoire qui, de cette façon, a la double mission de servir de salle de récréation et de local pour les cours. Comme c'est ce double but que l'on avait en vue en construisant l'édifice, l'auditoire de la clinique de psychiatrie constitue une vaste et belle salle longue de 22 archines 4 verschoks (15™80), large de 14 archines 7 verschoks (i0'°25) et haute de 10 archines (7™20). Cet auditoire ne possède pas d'amphithéâtre, et les chaises, qui servent de sièges aux étudiants et sont disposées en rangs sur un plan horizontal, peuvent être enlevées à la lîn du cours. Sur une estrade élevée de 8 verschoks (0™36) audessus du plancher de la salle se trouve la place du professeur ; c'est là aussi que l'on met les malades pour les montrer aux élèves. L'éclairage se fait de trois côtés par cinq grandes fenêtres représentant une superficie de 72 archines carrées 3. En cas de besoin, ces fenêtres peuvent être recouvertes de stores pleins qui permettent de donner à la salle l'obscurité complète nécessaire aux démonstrations avec la lanterne magique, que l'on emploie à la clinique non seulement pour les cours, mais encore pour l'amusement des malades. Pour eux, également, l'auditoire possède un piano à queue, sur lequel l'un d'eux peut jouer le soir pendant que les autres dansent.
Outre l'auditoire, la clinique de psychiatrie possède encore, comme pièces d'études : des laboratoires, une bibliothèque et un musée. Les laboratoires sont
au nombre de deux : un pour la médecine et un pour la psychologie.
Le laboratoire de -médecine occupe une pièce située à un angle du bâtiment, percée de quatre fenêtres et par conséquent très claire et très commode pour les travaux au microscope. C'est également là qu'on a installé des appareils pour les travaux chimiques (installation spéciale de tirage renforcé, petit bain de sable). Comme cette pièce sert également de lieu de réunion au personnel médical de la clinique, on y a placé l'appareil de contrôle dont il a été parlé plus haut. Le laboratoire possède quatre microscopes, dont l'un muni des apochromates de Zeiss, quelques microtomes et des appareils graphiques. Dans la clinique se trouvent également les appareils les plus indispensables pour les recherches anthropométriques, un appareil de photographie, une lanterne magique et enfin beaucoup d'instruments pour l'étude et le traitement des malades.
Le laboratoire de psychologie occupe une des pièces destinées autrefois à servir de parloir aux personnes qui venaient voir les malades. En outre, quelques-uns des instruments nécessaires aux recherches psychologiques sont placés dans les autres pièces de la section de l'administration. La plupart des instruments servant aux recherches psychologiques ont été commandés en 1889, à Leipzig, chez le mécanicien Krille, et ont été construits sur le modèle de ceux que l'on emploie au laboratoire du professeur Wundt. En outre, en 1895, on a acquis pour le laboratoire de psychologie une grande quantité d'instruments exécutés sur la commande de M. Tokarsky par l'atelier mécanique de MM. Razoumov et
Schiller à Moscou et par des maisons étrangères (1). A côté du laboratoire de médecine se trouve un atelier de photographie. Cette pièce devait primitivement servir de cabinet au professeur. On y prend des photographies de malades aux diverses périodes de la maladie. A côté de cette pièce se trouve un local pour la bibliothèque médicale et le -musée. La bibliothèque possède en tout environ 600 ouvrages. En outre de la bibliothèque médicale, il existe une bibliothèque pour les malades, contenant plus de 400 volumes et journaux.
Chauffage et ventilation
Le chauffage de la clinique se fait à l'air chaud et est réuni avec la ventilation. \^oici comment il est installé.
Le sous-sol contient dix chambres séparées dans lesquelles sont installés des calorifères en faïence. L'air extérieur arrive dans ces chambres au moyen de canaux spéciaux ; il s'y réchauffe sur la surface des calorifères, puis se répartit dans les locaux à chauffer en passant par des tuyaux en terre vernissée à l'intérieur. Cet air sert à la fois au chauffage et à la ventilation. Pour régler l'afïlux et la température de l'air qui pénètre dans les pièces, on a placé à la partie supérieure des chambres des calorifères des
(1) Dans la plupart des laboratoires que nous avons visités, nous avons eu le regret de constater que presque tous les instruments sont de provenance allemande. La préférence donnée aux constructeurs allemands est motivée, nous a-t-on dit, par la modicité relative de leurs prix. — Avis aux constructeurs français.
soupapes spéciales que l'on peut ouvrir ou former à volonté pour ohlciiir une i)lus ou moins grande proportion d'air froid avec l'air chauffé. Dans l'auditoire, ce régulateur est placé dans la salle même, tandis que ceux des autres locaux se trouvent dans le sous-sol. Afin de rendre humide l'air chauffé, les chambres des calorifères sont pourvues de récipients métalliques communi<juant entre eux et qui sont, au fur et à mesure des besoins, alimentés d'eau par une conduite spéciale.
La ventilation se fait au moyen de canaux de tirage disposés dans l'épaisseur des murs intérieurs du bâtiment, se dirigeant, sous forme de tuyaux, vers le grenier et allant s'ouvrir sur le toit. Chaque canal a deux ouvertures dans chaque salle, l'une en bas et l'autre en haut; la première est ouverte en hiver, la seconde au printemps et en automne. Il n'existe pas de tirage forcé; ce n'est que dans les sections d'isolement que le tirage de l'air est augmenté par le chauffage, car, dans ces sections, l'air de la conduite de tirage est chauffé, au moyen de canaux spéciaux, soit par la fumée des calorifères, soit par une cheminée spécialement construite dans ce but.
Pour régler le tirage de l'air, chaque bouche est munie d'une soupape intérieure avec une grille extérieure à mailles serrées. Cette soupape s'ouvre au mo3'en d'une perche munie d'un crochet.
Dans les chambres séparées de la section des malades agités, l'élimination de l'air vicié est activée par le chauffage au gaz des canaux de tirage. Le tirage renforcé de l'air dans les water-closets se fait en chauffant les tuyaux au moyen de cheminées spéciales en fonte installées dans le sous-sol.
Cette ventilation fonctionne d'une façon plus ou moins suffisante quand la température de l'air extérieur ne dépasse pas + 12°. Lorsque la température extérieure est plus élevée, elle peut se faire par les vasistas ou en ouvrant les fenêtres. Les travaux d'installation du chauffage et de la ventilation de la clinique ont été exécutés par M. l'architecte W.-G. Zaliessky.
Approvisionnement d'eau et canalisation
Jusqu'à 1891, la clinique de psychiatrie était approvisionnée d'eau par un puits qui pouvait fournir journellement près de 3,000 védros. Bien que cette eau fût d'assez bonne qualité, on ne l'employait que pour les bains et le lavage. L'eau potable était amenée des bassins de la ville dans des tonneaux.
L'eau dont on se sert à la clinique pour l'hydrothérapie est amenée à un réservoir situé à l'étage supérieur d'une tour spéciale élevée au-dessus du puits. Ce réservoir est en tôle et contient environ 2,000 seaux d'eau. Il peut, en cas de besoin, être divisé en deux parties indépendantes. Le trop-plein est emmené par des tuyaux d'écoulement. L'eau monte dans le bassin au moyen d'une pompe mécanique qui fournit un jet constant. Cette pompe peut être mise en action à la main ; auparavant, elle était actionnée par un moteur à vent, système « Éclipse », installé au-dessus de la tour.
Depuis 1891, la clinique de psychiatrie est alimentée par la conduite générale de la cité des cli-^ niques, qui reçoit l'eau d'un puits artésien. Cette eau pénètre dans le réservoir de la clinique par
simple pression, le château d'eau de la cité des cliniques étant plus élevé que celui de cette clinique. Toutefois, dans le cas où un accident surviendrait à la conduite d'eau, la clinique de psj'chiàtrie peut se suffire avec son puits et sa pompe.
L'eau est amenée du réservoir au bâtiment principal de la clinique et au bâtiment des cuisines. Les tuyaux placés à l'extérieur sont en fonte recouverte de zinc en dedans et en dehors ; quant à ceux de l'intérieur du bâtiment, ils sont en plomb. La conduite d'eau du bâtiment principal est divisée en plusieurs parties par des robinets de fermeture (pour le cas où il y aurait des réparations à faire dans quelque endroit de la conduite). L'eau est amenée aux baignoires, aux appareils hydrothérapiques, aux lavabos des malades, aux buffets, aux chambres d'étude, aux water-closets, aux calorifères et aux bouches d'incendie. Ces dernières, au nombre de huit, sont réparties dans divers endroits du bâtiment et installées dans les corridors ; elles sont pourvues de tuyaux de chanvre et de lances. Tous ces accessoires sont contenus dans des armoires en bois fermant à clef.
Les égouts de la clinique étaient, jusqu'en 1891, construits de la façon suivante: les tuyaux d'écoulement se divisaient en deux parties, l'une pour l'eau sale des bains, des appareils hydrothérapiques et des lavabos, l'autre pour les excréments solides et liquides. Dans les bâtiments, les tuyaux étaient en plomb et dans la cour en terre vernissée à l'intérieur et à l'extérieur. L'écoulement des eaux sales se faisait dans la conduite d'égout voisine qui aboutit à la Moskowa. Dans la cour de la clinique, sur le par-
cours de ces tuyaux, afin de les mieux nettoj'er, on avait construit six regards. Quant aux excréments, ils étaient amenés par des tuyaux en terre distincts à des fosses en pierre à fond imperméable, de 6 archines (4™27) de profondeur et de 5 archines (3"55) de diamètre. C'est également là qu'aboutissaient les tuyaux amenant les résidus des cuisines. Le nettoyage des fosses se faisait au moyen de tinettes. A l'heure actuelle, depuis que les travaux de canalisation générale des cliniques sont terminés, tous les tuyaux d'écoulement des water-closets, des bains, des cuisines, etc., amènent les eaux sales à un puits diviseur, construit dans la cour de la clinique. Dans ce puits, les corps solides qui y sont tombés par hasard sont séparés, et les matières liquides sont élevées par une pompe, mue par un moteur à gaz ou une machine à vapeur, à une hauteur suffisante pour qu'elles puissent s'écouler librement par un tuyau de trois pouces dans le regard de la cité des cliniques, d'où elles sont dirigés sur le terrain de culture situé au delà du monastère des Vierges. La conduite d'égout est lavée périodiquement au moyen d'eau pure arrivant avec une forte pression de la conduite d'eau.
Éclairage
Jusqu'à 1891 la clinique était éclairée au gaz venant du réseau général de la ville. L'éclairage était installé de la façon suivante : les corridors des sections de malades étaient éclairés par des becs soutenus par des lustres en forme de lyre, descendant jusqu'à 4 archines '2™84) du sol. Les dortoirs et les chambres séparées étaient éclairés par des lanternes placées au-dessus
des portes et protégées du côté intérieur par des verres transparents de 10 millimètres d'épaisseur. L'allumage de ces lanternes se faisait du corridor, et leurs parois étaient construites de façon à pouvoir servir de réflecteurs et à renvoyer la lumière du côté des dortoirs. Dans les salles à manger et les chambres affectées aux travaux des malades dans les deux sections, on avait installé des lampes à régénération de Siemens, donnant une grande quantité de lumière tout en économisant considérablement le gaz. Le gaz existait également dans toutes les pièces de la section de l'administration et des études. L'auditoire était éclairé par une grande lampe de Siemens n" 00, suspendue au plafond, donnant une lumière égale à celle de 48 becs ordinaires ; en outre, près de la chaire, on avait installé deux bras à triple coude.
Depuis 1891, on a exécuté à la clinique des installations pour la lumière électrique. L'électricité, sous forme de courant primaire de 200 A'olts et 10 ampères, est fournie aux cliniques des maladies nerveuses et de psychiatrie, au moyen d'un câble souterrain, par la station centrale de la cité des cliniques. Elle est conduite à des armoires spéciales fermant à clef, et renfermant des transformateurs dans lesquels le courant primaire se transforme en courant secondaire de 100 volts, puis est réparti par des fds dans les diverses pièces. Tous les fils de la section de l'administration et des études sont recouverts d'une gouttière en bois ; ceux des chambres de malades sont encastrés dans la muraille et recouverts de crépi. Les interrupteurs sont aussi encastrés dans la muraille et sont inaccessibles aux malades. Les lampes sont suspendues à des tiges métalliques pou-
vaut se balancer, ce qui les met à l'abri des dégâts que pourraient leur causer les objets lancés par les malades. Ces lampes sont suspendues au plafond; mais, dans les chambres à un lit, elles sont placées au-dessus des portes dans les lanternes dont il a été question plus haut. Les lampes suspendues des sections des malades tranquilles sont élevées de 2™50 au-dessus du sol, tandis que, dans les sections des malades agités, cette élévation est de 3 mètres. Les lampes de ces locaux étaient protégées, autrefois, soit par un globe de verre en forme de poire, soit par un grillage métallique ; il a été reconnu par la suite que ces précautions n'étaient pas nécessaires. En faisant rinstallation"de la lumière électrique, on a conservé celle de l'éclairage au gaz afin de pouvoir l'utiliser dans le cas où la première viendrait à manquer. Il arrive souvent, en effet, que la lumière électrique s'éteint pendant quelques instants; aussi, pour éviter de laisser les salles de malades plongées dans l'obscurité, on y allume toujours, outre les lampes électriques, un ou deux becs de gaz.
Mobilier, vaisselle, etc.
Toutes les pièces faisant partie de la section de l'administration et des études sont meublées de chaises et de tables en chêne. Les premiers rangs de chaises dans l'auditoire sont précédés de pupitres.
Les locaux affectés aux malades sont meublés de chaises ordinaires en bois recourbé, dites chaises de Vienne. Chaque salle à manger contient deux tables en chêne solides et un buffet. Les salles de travail des malades contiennent également deux grandes
tables, deux armoires, des canapés et autres meubles capitonnés. Dans les sections des femmes tranquilles se trouve un piano à queue, et les murs sont ornés de glaces et de tableaux.
Le long des murs des corridors sont également disposées des tables et des chaises; en outre, il s'y trouve des divans-lits qui se ferment à clef. Les malades les utilisent pendant la journée, mais la nuit ils servent de lits aux domestiques dont une partie doit rester de service à la clinique. Les objets de literie des domestiques s'enferment à l'intérieur de ces divans.
A l'origine, il n'y avait pas de meubles capitonnés à la clinique, sauf dans la chambre de travail des femmes, qui contenait une chaise longue capitonnée. En outre, les malades faibles de la division des femmes et de celle des hommes avaient à leur disposition deux fauteuils rembourrés recouverts de toile cirée. Tout l'ameublement de la clinique se distinguait par son aspect sévère; mais, avec le temps, on parvint à acquérir, le plus souvent au moyen de donations, une assez grande quantité de meubles rembourrés ; des tableaux furent suspendus aux murs et des rideaux aux fenêtres; les lits furent recouverts de housses et le plancher de tapis.
Les lits sont fabriqués avec des tubes creux, ce qui leur donne de la légèreté sans nuire à leur solidité; le cadre du fond est tendu de flls de fer. Auparavant leurs pieds étaient munis de pattes permettant de les visser au plancher, précaution qui du reste n'a jamais été employée; actuellement, ces pattes ont disparu et dans beaucoup de lits elles ont été remplacées par des embouts en caoutchouc. La literie se compose
d'un matelas partie en tille, partie en crin, de deux coussins remplis de duvet, de draps et d'une couverture en piqué pour l'été et en molleton pour l'hiver. Quelques lits ont des dossiers pleins afin d'empêcher qu'on n'y accroche un nœud coulant. Pour les malades enclins à se blesser, on emploie des lits dont les dossiers et les côtés sont protégés par des housses rembourrées. En outre, la clinique possède également des lits destinés aux malades sujets à tomber, soit en raison de leur faiblesse, soit au cours d'accès. Ce sont des lits ordinaires sur lesquels se placent des caisses en bois, hautes d'une demi-archine (0™36), qui, en cas de besoin, peuvent être fixées au lit. Pour permettre de s'approcher du malade, la paroi antérieure de la caisse est munie de deux portes sur charnières se fermant à l'extérieur par une targette ; quant à l'intérieur de la caisse, il est capitonné au moyen d'un matelas de tille recouvert de toile cirée, afin que le malade ne puisse pas se blesser. Pour les gâteux, il existe des lits avec matelas recouverts de toile cirée blanche, percés d'un orifice au milieu. De cet orifice part un boyau qui traverse le matelas et le lit, et va aboutir à un vase. Il faut ajouter ici qu'on n'utilise jamais ces lits à la clinique. On met sous les malades, qui sont enclins à rester longtemps couchés, des rondelles en caoutchouc, ou on leur donne des matelas dont le centre est formé d'une outre en caoutchouc remplie d'eau ou d'air. Au milieu se trouve également une ouverture d'où part un large boyau.
Dans une des chambres de la section d'isolement de chaque division, on a installé une chaise longue rembourrée, recouverte de cuir ou de grosse toile peinte et à laquelle est solidement fixé un coussin
tendu de maroquin. Ces chaises longues peuvent être vissées au plancher. Dans les autres chambres d'isolement, lorsqu'on s'en servait encore, on apportait un lit ordinaire ou un simple matelas.
Dans les salles de bains, pour les malades tranquilles et dans les salles d'hydrothérapie, on a installé des lits et, chez les malades tranquilles, des canapés et des meubles rembourrés ou recouverts d'une couche de peinture à l'huile.
Le sol des corridors de toutes les divisions est recouvert de tapis en corde, et, celui des bains, de nattes en fibres de cocotier.
Toutes les fenêtres sont munies de stores en toile, et même dans certaines chambres il y a des draperies en cretonne. Des tableaux sont suspendus aux murs et chaque section possède une pendule et des thermomètres. En outre, il existe un matériel pour les jeux et les travaux : jeux de dames, d'échecs, établis de tourneur, de relieur, machines à coudre, etc.
Au rez-de-chaussée de la section administrative se trouve un téléphone communiquant avec le réseau de la ville.
La vaisselle diffère selon les divisions : chez les malades tranquilles, elle est en faïence et en verre, chez les malades turbulents, elle est en fer émaillé. On donne aux malades des couteaux et des fourchettes d'un modèle spécial. Dans les couteaux, on n'a laissé qu'une petite surface tranchante ; tout le reste de la lame, ainsi que ses extrémités, est émoussé; les fourchettes sont en métal anglais et leurs dents sont soudées entre elles, de façon à ne laisser libre que leur extrémité. Les cuillères sont en métal anglais.
La vaisselle de cuisine ne se distingue en rien de la vaisselle ordinaire. Les plats sont apportés de la cuisine au buffet dans des récipients en cuivre avec couvercles. Les récipients, placés l'un sur l'autre, s'introduisent dans des seaux fermés, de sorte qu'ils ne se refroidissent pas pendant le transport, même en hiver. Les services à thé se composent de tasses ordinaires ou de verres en porcelaine avec soucoupes. Les théières, les sucriers et les pots à crème sont en métal anglais. Chaque division est pourvue d'un samovar. Les médicaments sont servis aux malades dans des petits verres d'une mesure déterminée, et aux malades très turbulents dans des gobelets en plaqué. A certains malades on donne de la vaisselle en papier mâché. Les vases de nuit sont, soit en papier mâché, soit en métal émaillé. Il existe, en outre, des chaises percées et des « poudre-closets » mobiles. Pour transporter les malades faibles on se sert de deux fauteuils montés sur roues et de brancards.
Les divisions sont pourvues de crachoirs, en forme de bassins, en cuivre, remplis de sable.
Linge et vêtements
L'approvisionnement en linge de la clinique est calculé de façon à pouvoir changer six fois celui de chaque malade. Le linge est en toile ordinaire; cependant, pour les malades qui déchirent constamment, on emploie des chemises en toile à voile fine, mais solide. Le costume des hommes se compose d'une jaquette et d'un pantalon en toile écrue pour l'été et en drap pour l'hiver. En outre.
les malades ont des robes de chambre en drap ou eu toile écrue. Ils portent des bottes ordinaires et des pantoufles eu cuir ou en feutre. Leur vêtement de sortie consiste en un paletot de drap ouaté, une casquette en drap, un capuchon (baschlyk), des gants et des galoches en caoutchouc ou des bottes de feutre. Les femmes sont vêtues de blouses et de robes en flanelle pour l'hiver et en toile pour l'été. Pour celles qui déchirent leurs vêtements, les robes sont en étoffe très épaisse (tricot imprimé). Leur chaussure consiste en bottines ordinaires. Quand elles sortent, elles mettent un paletot ouaté, un grand chàle de laine, des galoches en caoutchouc et des gants. Beaucoup de malades portent aussi leurs ])ropres habits.
Personnel secondaire
La division des hommes est pourvue de deux surveillants : l'un pour la section des malades tranquilles, l'autre pour celle des malades agités ; ils reçoivent 30 roubles par mois, la table et le logement. La division des femmes possède deux surveillantes et une aide-médecin; elles reçoivent le logement, la table et 25 roubles par mois.
Les gardiens sont au nombre de 14 à IG ; les gardiennes de 12 à 15. Les gages qu'ils reçoivent ne sont pas les mêmes pour tous. Ceux qui servent depuis longtemps à la clinique reçoivent : les hommes 15 roubles et les femmes 13 roubles. Le chiffre minimum des gages pour les gardiens est de 11 roubles et pour les gardiennes de 9 roubles. Ils se nourrissent en commun et à leurs frais (leur nourriture leur
coiite environ 3 roubles par mois). Ils sont logés dans un bâtiment spécial.
Les domestiques attachés au service des malades reçoivent leur costume de la clinique; les gardiens portent une jaquette boutonnée jusqu'en haut et un pantalon en drap gris pour l'hiver, en toile écrue pour l'été ; les gardiennes ont une robe bleue en nankin, un tablier blanc et un fichu au cou.
Le personnel de la clinique comprend encore un comptable, un sommelier, trois concierges, quatre portiers, quatre chauffeurs de poêles, une cuisinière et deux aides de cuisine. En été, on loue un jardinier.
Administration
Les sommes nécessaires à l'entretien de la clinique sont versées à l'Université par la trésorerie de l'État et font partie du chiffre total assigné pour toutes les cliniques. Ces sommes sont dépensées suivant une répartition déterminée, savoir : A) pour le haut personnel médical (l'assistant, les deux médecins, le comptable, les deux surveillants, les deux surveillantes et une infirmière) — 4,260 roubles; B) pour les gens de service (27 gardiens et gardiennes, les concierges, les chauffeurs de poêles, etc.) — 6,720 roubles; C) pour l'entretien des malades (nourriture, vêtements, remèdes, jeux) — 10,500 roubles (pendant l'année scolaire) ; D) pour le matériel d'enseignement (entretien du laboratoire, instruments)— 800 roubles; E) pour l'entretien du bâtiment (chauffage, éclairage, réparations, alimentation d'eau, etc.) — 11,605 roubles; soit en tout 33,985 roubles par an. La gestion économique
appartient au bureau de toutes les cliniques, placé sous la direction du conseiller de l'administration de l'Université de Moscou. Le directeur de la clinique a le droit de demander les sommes nécessaires aux besoins des malades et de l'enseignement dans les limites prévues par les listes de répartition. En 1896, le directeur de la clinique a remis à l'administration de l'Université une note pour démontrer la nécessité de ne pas fermer la clinique pendant l'été et pour obtenir la somme nécessaire à l'entretien des malades pendant la période des vacances.
Conditions d^admlssion des malades. Leur vie à la clinique
L'admission des malades se fait exclusivement par le professeur ou par l'assistant, suivant les besoins de l'enseignement. Aucune autorité administrative ne peut obliger la clinique à admettre un malade sans le consentement de son directeur. Le prix de l'entretien des malades est de 6 roubles 50 par mois. Les malades pauvres peuvent être exonérés de ce payement. Il n'existe pas de chambres payantes spéciales. Les malades admis sont répartis dans les sections suivant la nature de leur maladie. A leur entrée, ils sont ordinairement mis au lit, carie régime du lit est largement appliqué à la clinique. Les malades les plus dangereux sont constamment sous la surveillance des gardiens ou des gardiennes. Ceux auxquels il est permis de se lever mènent une vie en rapport avec leur maladie. Tous les malades, aussi bien ceux qui se lèvent que ceux qui sont soumis au régime du lit, sont tenus de se promener quelques heures pendant la journée. Les malades
se lèvent ordinairement vers 8 heures du matin; à 9 heures, ils prennent du thé et du lait, et à 1 heure a lieu leur dîner qui se compose de trois plats et de lait. Ils prennent le thé à 4 heures, soupent à 8 heures et se couchent à 10 heures. Les malades qui ne gardent pas constamment le lit prennent leurs repas dans la salle à manger à la table commune ; les surveillants et les surveillantes dînent toujours avec eux. Après le repas général, les surveillants et les surveillantes s'occupent de faire manger les malades qui refusent la nourriture. En cela ils sont aidés ou même remplacés au besoin par les médecins de la clinique. Pendant le temps qui n'est pas consacré aux repas et aux promenades, les malades travaillent ou s'occupent à quelque jeu. Les travaux de la division des femmes consistent en tricotage, couture, broderie, confection de fleurs artificielles, dessin, etc.; ceux des hommes, en découpage du bois et dessin. La clinique possède un grand nombre de dessins muraux sur l'anatomie du système nerveux, exécutés par des malades.
Les malades tranquilles des deux sexes se réunissent dans l'auditoire le matin pour les travaux de reliure et autres ; le soir, pour les jeux en commun, la lecture à haute voix, le chant, la musique au piano, les jeux avec mouvements, jeux de cartes, d'échecs, etc. Pendant l'hiver, les malades s'occupent à balayer la neige dans le jardin, et à construire des montagnes russes ; au printemps, ils jouent au croquet, à la balle, etc. Les réunions d'hommes et de femmes ont toujours lieu en présence des surveillantes et du surveillant, ou d'un des médecins. De temps en temps on organise des concerts et spectacles, auxquels
prennent part les malades et des artistes. Depuis 1895, des concerts sont organisés dans l'auditoire par une chorale d'étudiants en médecine. Lorsqu'on donne un spectacle, on installe dans l'auditoire une scène temporaire dont les décors sont, pour la pluj)art, peints par les médecins de la clinique, aidés de quelques malades.