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CHAPITRE II

PLAN D’UNE ASSISTANCE MATÉRIELLE DES ALIÉNÉS. EN TUNISIE sue CRÉATION D'ÉTABLISSEMENTS

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À nos yeux, l'assistance des aliénés doit se faire à deux degrés, sur deux plans, comme l'assistance aux malades en général. N 3

Toutes les maladies peuvent, en effet, se AR trois types : PIN A

1° Les maladies aiguës, curables :

2° Les maladies à manifestations intermittentes, ou maladies chroniques à épisodes aigus UMR * Enfin, les maladies chroniques, curables à longue

#0 ance, et les maladies imcurables. |

Un double jeu d'établissements hospitaliers s ex xisle partout et se partage les malades :

a) L'hôpital est et doit rester l'établissement où l'on soigne les maladies aiguës, ou les épisodes aigus des maladies chroniques ou intermittentes : dti

b) L'hospice et l'asile reçoivent les maladies chroniques, incurables ; dans les pays où l'assistance a pu

pousser très loin son développement, les établissements

de cet ordre se subdivisent eux-mêmes par catégories d'infirmes : hospices de vieillards, hospices dits d'ineurables, asiles de sourds-muets, asile d'épileptiques,

etc.

Une pareille division s'impose pour les maladies menlales. Il y a là aussi, en effet : 1° des cas de délires aigus très curables : le délire de certaines fièvres ou de certaines intoxications

2° Des folies intermittentes ou des tares mentales à épisodes aigus (accès maniaques, accès mélancoliques, chez certains prédisposés) ;

3° Des cas, enfin, d’aliénation mentale définitive, nécessitant l'assistance et l’internement.

C'est une erreur qui a pesé longtemps et lourdement sur l'ahénation mentale que de l'avoir considérée comme du domaine purement psychologique. Il a fallu Pinel et Esquirol pour élever les aliénés à la dignité de malades et demander qu'on s'occupàt de leur traitement. La psychiatrie est une des dernières conquêtes de la médecine sur la métaphysique.

En réalité, le cerveau pensant a ses maladies comme tous les autres organes. « Il n'est ni rationnel, ni humain, dit Gilbert Ballet, qu'un malade du cerveau, quelle que soit l'affection dont il est atteint, soit autrement considéré qu'un malade du foie et du poumon. »

Et.de même qu'il y a des hépatites aiguës et des hépaüites chroniques, des affections aiguës et des affections chroniques du poumon, des paralysies aiguës et des paralvsies chroniques, il v a des délires aigus curables et

des délires chroniques incurables, des folies passagères et des folies définitives.

A priori, 1l semble donc logique de créer pour les délirants, comme pour les autres malades, deux lignes d'assistance :

1° Une première ligne, conçue dans l'esprit hôpital, recevant tous les cas de délires au début, servant à la lois de poste d'observation et de triage, de crible et de service de traitement pour les cas reconnus curables :

2° Une seconde ligne, conçue dans l'esprit hospice où seraient placés les aliénés incurables où du moins eurables à lointaine échéance.

Cette conception est celle dont S'inspirent tous les aliénistes contemporains et même les législateurs. Presque tous répudient l'asile ancien, l'énorme asile, caserne, lieu de garde, de renfermerie plutôt que de traitement (Garnier), l'asile créé, comme on l'a dit, pour un aliéné théorique, en un temps où l’on ne croyait pas à la thérapeultique des maladies mentales (J. Roux).

Dans son rapport au Conseil général de la Seine

(1899), le D' Ed. Toulouse a très nettement précisé cette . : « Les établissements de traitement devront s'appeler hôpitaux et les établissements pour chroniques devront-s'appeler hospices. Ces deux mots effrarent moins le publie que ceux d'asiles et répondent mieux au ca-

ractère de ces établissements, »

A. — PREMIÈRE LIGNE D'ASSISTANCE : CRÉATION DANS LES HÔPITAUX DE PAVILLONS D'OBSERVATION ET DE TRAITEMENT

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