III. Etat de l'intelligence dans l’aphasie
» Nous ne possédons que des renseignements très incomplets sur le d à . = . ; éritable état de l'intelligence chez les aphasiques, et il ÿ à pour
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cela une excellente raison : la destruction de tout moyen de commu nication pour l'esprit constitue un obstacle presque insurmontable pour arriver à comprendre ce que pensent les malades. Il est facile pourtant d'affirmer que les aphasiques conservent à un certain degré leur raison, leur intelligence, leurs émotions et leur volonté ; mais à quel degré? Voilà ce que nous ne pourrons peut-être jamais savoir. L'homme atteint de cette étrange infirmité est presque de: toute nécessité concentré en lui-même et seul au milieu de la foule l quand même il serait un poète aussi éminent que Milton, il resterait nécessairement un Milton muet et sans gloire ; son âme füt-elle: agitée de sentiments aussi sublimes que celle du Psalmiste (4), qu'elle devrait se contenter, comme lui, de méditer au milieu des: ombres de la nuit, de communiquer avec son propre cœur et de rester muet et sans voix. Un aphasique peut-il concevoir des idées: aussi sublimes ? sa pensée peut-elle s'élever si haut? ses sentiment s! peuvent-ils être aussi chaleureux et aussi vivants ? pourrait-il, au milieu des obscurités de la nuit, méditer avec une émotion aussi: énergique et aussi fervente ? Pour ma part je le crois, ou du moins rien dans mon observation de l’état mental des aphasiques ne me conduit à exclure absolument cette supposition. Mais heureusement nous ne sommes pas entièrement réduits à l'hypothèse sous ce rapport. Quelques cas d’aphasie très temporaire, mais pourtant complete, ont été rapportés d’une manière très authentique par les malades eux-mêmes, après leur guérison, et l’un d’entre eux est même tellement en rapport avec la solution de la question posée ci-dessus, que je crois devoir relater ce fait dans sa totalité, tel qu'il est cité par le D' Cheyne (2), de Dublin, et extrait d’un recueil oublié de la littérature du siècle dernier (3).
C'est le cas très curieux et très bien connu du D' Spalding, de Berlin, que l’on attribue à tort à une simple succession trop rapide des idées précédant une attaque d’épilepsie.
« Le 81 janvier 1772, le D' Spalding avait eu besoin de parler à
(1) Psaume 77.
(2) John Cheyne, M.-D., premier médecin des ârmées de Sa Majesté en Irlande, Essays on partial derangement of the Mind in supposed connection with religion (ouvrage posthume). Dublin, 1843 ; essai 8: Du trouble d'une seule faculté.
(3) Beddoes, journal The Hygeia, 3 volume.
plusieurs personnes l’une après l’autre et d'écrire beaucoup de notes peu importantes relativement à des objets très différents, de sorte que Son attention fut constamment attirée dans des directions contraires ; enfin, il eut à rédiger un reçu pour des affaires d’intérêt ; il s’assit et il écrivit les deux premiers mots correctement : mais, au bout d’un instant, il devint incapable de trouver le reste des mots dans sa mémoire ou de former avec la plume les lettres qui les représentaient. Il fit un suprême effort d'attention et chercha à écrire successivement lettre par lettre, en fixant constamment son regard sur celle qui précédait pour être bien sûr que c'était la lettre convenable. Il se disait à lui-même qu'il ne traçait pas les véritables traits, sans pouvoir cependant se rendre compte en quoi
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ils étaient erronés. 11 abandonna dès lors cet essai, et, moitié par
monosyllabes, moitié par signes, il congédia l’homme qui attendait Je reçu et se résigna tranquillement à son sort. Pendant une bonne demi-heure il y eut comme un tumulte général dans la succession des idées ; tout ce qu'il pouvait constater, c’est qu'elles lui élaient comme imposées, malgré lui, sans sa participation. I faisait des efforts pour les repousser et faire place à d’autres idées meilleures dont il avait conscience dans les profondeurs de sa faculté pensante ; il dirigeait son attention, autant que l’essaim des images étrangères et confuses pouvait le lui permettre, sur ses principes religieux. Îl se disait à lui-même, d’une manière très distincte, que si, par une sorte de mort subite, il était débarrassé tout à coup du tumulte de son cerveau, qu'il sentait comme étranger et extérieur à lui-même, il pourrait continuer à penser dans l’ordre et le calme le plus parfaits. Avec cela, il n'avait pas la moindre illusion des sers ; il voyait et entendait toutes les choses autour de lui sous leur véritable forme et avec leur véritable son, mais il ne pouvait parvenir à se débarrasser de la singulière confusion qui existait dans sa tête ; il essayait de parler pour découvrir s’il pourrait arriver à articuler quelque chose de suivi; mais, quelque énergiquement qu'il cherchàt à concentrer son attention et sa pensée, et quoiqu'il procédât avec Ja plus entière décision, il s’aperçut bientôt qu'il ne pouvait produire au dehors que des syllabes sans signification et bien différentes des mots qu'il désirait exprimer ; il était aussi peu maitre des organes de la parole qu'il l'avait été précédemment de ceux de l'écriture.
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« J'étais obligé dès lors, dit-il, de me contenter de cette perspectivi assez peu satisfaisante et bien peu consolante, que si cet état venait : continuer je ne serais jamais, pendant toute ma vie, capable d'écrire ou de parler, mais que, mes sentiments et mes principes religieu restant les mêmes, j'aurais du moins par là un perpétuel sentimen: de satisfaction et d'espérance jusqu’à ma complète séparation de mor malheureux cerveau. J'étais seulement inquiet pour mes parents €! mes amis, qui, dans ce cas, auraient dû renoncer à moi au point dé vue des devoirs, des affaires et de toute relation avec eux et m« considérer comme un véritable fardeau à charge à tous sur la terre
« Mais, après une demi-heure, ma tête commença à devenir plus claire et plus tranquille; le tourbillon et la vivacité des idées étranges et troublées diminuèrent. Je pus dès lors me diriger à travers le cours de mes pensées et je sonnai mon domestique pou! faire prier ma femme de monter. J’eus besoin pourtant encore de quelque temps pour trouver la prononciation exacte des mots nécessaires. Dans ma première conversation avec ma famille, je procédai, pendant une demi-heure encore, très lentement et dans une certaine mesure avec anxiété, jusqu’à ce qu’enfin je me trouvai aussi libre et avec les idées aussi claires que dans le commencement du jour, conservant seulement un très léger mal de tête. Alors je songeai au reçu que j'avais écrit et que je savais être mauvais ; en effet, au lieu de cinquante dollars pour une demi-année d'intérêts, comme il aurait dû être conçu, je trouvai écrit avec des traits aussi bien formés que j'en aie jamais fait dans ma vie : cinquante dollars par la sanctification de la Brie, — avec un tiret vers la fin de la ligne. Je ne pus, par aucun procédé, rien découvrir dans mes idées ou mes occupations antérieures qui, par une influence mécanique quelconque, aurait pu donner naissance à ces mots incompréhensibles (1). »
Les remarques du D*' Cheyne sur ce singulier récit sont extrêmement intéressantes et concordent d'une façon remarquable avec les observations les plus récentes faites sur l’aphasie. Voici dans quels termes il s’exprime :
« Le cas ci-dessus décrit sert parfaitement à caractériser la sus-
(1) Pages 94-97,
pension de la faculté qui permet de communiquer la pensée par la parole ou par l'écriture. Spalding avait été engagé dans une voie qui ne pouvait en rien fatiguer ou tourmenter son esprit ; les notes. qu'il avait faites étaient relatives à des choses de peu d'importance,
et Son attention n'avait pas été longtémps tendue ; elle avait même été fréquemment distraite par la diversité des obiets qui l'avaient occupée. Pendant l'attaque, il était en possession de toutes ses facultés, excepté d’une seule. La confusion de son esprit peut être attribuée à l’alarme qu'il avait éprouvée de ne pouvoir plus jamais. communiquer avec ses amis. Pour expliquer ses sentiments, il adopte une singulière théorie de l'esprit; il dit qu'il cherchait à
écarter les idées tumultueuses pour faire place à d’autres idées.
meilleures, dont il avait conscience dans les profondeurs de sa faculté pensante ; mais, en réalité, sa faculté pensante, malgré ses appréhensions, était dans un état de parfaite intégrité ; il voulait accomplir un acte dont il était aussi incapable que de s’envoler à Potsdam, mais il sentait que, s’il avait persisté à vouloir l’accomplir, il se serait exposé à être soupçonné de folie, ce dont, en se contemplant lui-même, il savait bien qu'il n’était pas menacé ; car non seulement il n'avait aucune illusion des sens, mais ses principes, ses sentiments et ses affections n'étaient nullement altérés. Que fit-il donc ? Avec la plus grande présence d'esprit, il se débarrassa de tous les témoins, afin de pouvoir reconquérir par le repos et la tranquillité cette égalité d’âme qui entraîne habituellement à sa suite la facilité de l'expression, et il n’admit auprès de lui ses amis que
lorsqu'il fut parvenu à se convaincre lui-même qu'il pouvait de
nouveau communiquer avec eux sur un pied de parfaite égalité.
« Autant qu'on a pu le conjecturer, le D' Spalding était menace d’épilepsie (4). »
Je ne puis donner ces extraits de l’admirable ouvrage du D Cheyne sans faire remarquer que, soit par l'esprit philosophique qu'il a montré dans l'étude de ce sujet difficile, soit par le choix et le récit des observations, il me semble avoir devancé toutes Îles recherches modernes, à l'exception des faits anatomiques concerhant la localisation de la faculté dans le cerveau. Il définit ce trouble
(1) Pages 97-98,
+ 1 L'h 'UR n ., D28 L x à LA FONCTION, DU LANGAGE * ARTICULÉ
4| ÉPécial, qui a reçu depuis le nom d' cphasie, une interruption dur pouvoir d'exprimer sa pensée, alors même que l'esprit est, sous! tous les autres rapports, non altéré. EAN vement aux vues de! sir Alexandre Crichton, qui (4) place ces faits dans le chapitre des! troubles de la mémoire, le D' Cheyne fait observer que, « tandis que l’individu est privé du pouvoir de communiquer ses souvenirs, sa. mémoire est néanmoins conservée en ce qui concerne les personnes, les lieux, les événements et leur ordre de succession, » critique qui est tout à la fois une preuve manifeste du soin minutieux avec lequel le D' Cheyne a observé cet état, et en même temps une démonstration de l’incurie de quelques autorités modernes qui, en citant les observations du D' Cheyne, ont négligé de leur appliquer les recherches et les inductions logiques dont il les a: accompagnées.
D’autres observations, constatant avec plus ou moins de soin l’état de l'intelligence dans l’aphasie, sont encore à notre disposition. Un de mes amis, très respectable, très instruit dans le droit et dans beaucoup d’autres choses, et que l’on n’avait jamais soupçonné, même un seul instant, atteint d’épilepsie, de folie ou de toute autre aflection du cerveau, me raconta ces jours derniers un état d’aphasie plus temporaire encore, et presque insignifiant, qui s’est produit chez lui plusieurs fois. Dans sa jeunesse, il était sujet à une forme subite de vertige ou d’obseureissement de la vue, non précédée de maux de tête ou de malaise quelconque, mais probablement liée à cet état maladif auquel on donne habituellement le nom de sick head ache, plutôt qu’à toute autre affection du cadre nosologique.
Dans un moment où il n'avait aucune autre raison pour attendre ce vertige, par exemple lorsqu'il était à table, à l’étude ou avec sa famille, et par conséquent nullement troublé par l'émotion ou par toute autre cause, il sentait comme un voile qui lui passait devant les yeux, semblable à un nuage ou à un brouillard qui se serait subitement élevé devant lui, ou bien, ainsi qu'il le décrit lui-même, semblable à ce qui a lieu lorsqu'on regarde à travers une atmosphère, dans laquelle un courant d’air chaud et un courant d’air froid
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(1) Crichton, On mental derangement.
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. Se rencontrent tout à coup. Cette affection revenant chez lui de temps en temps (quoiqu'elle ne durât que quelques minutes, où , même quelques secondes), il en était venu à la considérer comme une infirmité habituelle qu'il pouvait étudier, mais dont il ne devait tenir compte qu'en tant qu’elle pourrait l'interrompre au moment où il se trouverait occupé d'une affaire importante. L'envisageant à ce point de vue, il était surtout frappé d'une chose : c’est que, lorsqu'il cherchait à parler au milieu de ce vertige, les mots semblaient lui venir tout différemment de ce qu'il désirait, comme s’il avait perdu sur eux toute espèce de contrôle. IL n'avait cependant aucune conscience de ce qu'il disait, quoique son esprit ne perdit jamais la notion de ce qu'il voulait dire. En réalité, il disait des choses sans aucun sens, sachant et sentant qu'il prononçait des phrases inintelligibles, mais sans avoir la possibilité de donner un sens à ses paroles. Par suite de la fréquente répétition de cet état, il comprit que, toutes les fois que ce vertige se reproduisait, le seul moyen pour lui d'éviter de dire des bétises consistait à garder un silence absolu, et c'est ce qu'il faisait en effet. Il est encore maintenant sujet à ce vertige, mais celui-ci n’est plus accompagné de l'affection concomitante de la parole, et il est parfaitement certain qu'il n’a jamais perdu connaissance, même pour un moment, et qu'il n’a été nullement empêché pour ses affaires, ou pour toute autre chose,
pendant aucune de ces attaques.
Au moment même où j'écris ces lignes, j'ai l’occasion d'observer un nouvel exemple d’aphasie temporaire coïncidant avec une parfaite conservation de la conscience de l’état anormal du pouvoir d'expression. |
Un monsieur, âgé de plus de soixante-dix ans, qui avait été une ou deux fois menacé de paralysie du côté droit du corps, s'assit l’autre jour pour écrire une lettre d’affaires et s’aperçut tout à cou, qu'il ne pouvait y parvenir. Il déchira sa lettre, et le lende se rendit auprès de son médecin, dans le pays ; il lui raconta, au milieu de beaucoup d’autres choses, et avec une grande confusion À dans l'expression, les difficultés qu’il avait éprouvées pour écrire F cette lettre, ajoutant qu'il l'avait déchirée parce qu'il n'avait pas p * parvenir à la rédiger convenablement. Quelques jours après, il essaya encore de faire une lettre à sa fille et il écrivit, en effet,
+ FALRET. Aliénés et Asiles d’aliénés, .Æ7]
conformément à sa pensée jusqu'à la seconde page ; mais alors, son : attention commençant à se fatiguer, les caractères devinrent tout à : coup inintelligibles, et il porta sa lettre, avec des larmes dans les yeux, à un de ses amis, en manifestant son extrême désespoir de n’avoir pas été capable de la terminer.
Il'existe encore deux exemples, observés en France et relatés par Trousseau (1), dans lesquels des hommes, d’une grande capacité et plus susceptibles que d’autres de raisonner leurs impressions personnelles, ont traversé des attaques d’aphasie dont ils ont guéri et sont ainsi devenus les narrateurs de leur propre observation.
Le premier de ces cas était celui d’un des professeurs les plus distingués de la Faculé de médecine de Paris, qui avait fait précisément une étude attentive et spéciale des affections cérébrales. Cet homme éminent, après une journée de lecture assidue, parcourait un des ouvrages de Lamartine, lorsque tout à coup il s’aperçut qu'il avait cessé de suivre avec son esprit ce qu'il lisait. Après une nouvelle tentative infructueuse pour se remettre à lire, il fut effrayé et chercha à appeler, mais il ne put prononcer aucun mot. Il se mit alors à mouvoir volontairement tous ses membres, de la manière la plus variée, pour se convaincre lui-même qu'il n’était pas paralysé. tira la sonnette, mais ne put parler au domestique. Il se satisfit lui-même en remuant la langue dans tous les sens pour constater qu’elle n’était pas paralysée. Il fit alors un signe pour avoir une plume et de l'encre, mais il s’aperçut qu'il ne pouvait pas plus écrire qu'il ne pouvait parler. Pendant tout ce temps, il était occupé mentalement à discuter et à analyser les symptômes qu'il éprouvait, cherchant à les rapporter à leur cause véritable dans le cerveau et examinant en réalité son propre cas comme il l’eût fait pour celui d’un autre malade dans une leçon clinique. A l’arrivée d’un médecin, deux ou trois heures après, il présenta son bras, releva sa manche de chemise, et indiqua clairement par signes qu'il désirait être saigné. La saignée était à peine terminée que quelques mots, il est vrai incomplets et sans suite, commencèrent à reparaître; peu à peu le brouillard se dissipa, et, environ douze heures après, il était de nouveau capable de parler et d'écrire comme auparavant.
(1) Trousseau, Clinique médicale de l'Hôtel-Dieu.
Le cas d’un autre professeur de médecine (l'illustre professeur Lordat) est aussi mentionné par Trousseau, mais avec une certaine tendance à contester ses conclusions et même ses assertions, sous le prétexte que Lordat (en vertu de ses doctrines spiritualistes, c’est-àdire idéalistes) croyait à l'indépendance complète de la pensée et de la parole, et à plus forte raison à l'indépendance de la pensée et des organes de la parole. Mettant de côté cette Opinion métaphysique préconçue, qui, ce me semble, n’a rien à faire avec une question de fait, il résulte de cette observation que Lordat, dans son état d’aphasie, était encore capable de penser, de disposer mentalement les matériaux d’une leçon et d'en modifier la distribution, tandis que, ni par la parole, ni par l'écriture, il ne pouvait parvenir à communiquer aucune idée, et cela quoiqu'il n’éprouvât aucune espèce de paralysie.
« Je réfléchissais, écrit-il, sur la doxologie chrétienne : Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, et il m'était impossible de me rappeler aucun des mots composant cette phrase. » La pensée subsistait intacte, mais le pouvoir de l'expression avait disparu. En même
. temps il arriva à se convaincre qu’il pouvait combiner des idées abs-
traites, et les distinguer les unes des autres, sans avoir aucun mot à sa disposition pour les exprimer, et même sans penser le moins du monde à leur expression.
« Je n’éprouvais, ajoute-t-il, aucun embarras dans l'exercice de la pensée. Accoutumé, comme je l’étais depuis longtemps, à accomplir l’œuvre du professorat, je me félicitais intérieurement d’être encore capable de disposer dans ma tête les principales propositions d’une leçon, et de ne rencontrer aucune difficulté pour changer l’ordre des idées comme il me plaisait. » | l
Il paraît cependant que Lordat, après la guérison de cette attaque en 1828, avait perdu à un très haut degré l'aptitude à professer sans notes qu'il possédait autrefois d’une façon remarquable, et c’est en se basant sur ce fondement, selon moi peu solide, que Trousseau édifie sa doctrine opposée à celle de Lordat, et soutient même que Lordat a dû être induit en erreur par ses théories, dans la narration de sa
propre observation. Sous ce rapport, je trouve que le professeur de
l’Hôtel-Dieu de Paris est injuste envers les assertions de son collègue de Montpellier, ou du moins va plus loin, dans la critique de
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