‹ Les aliénés et les asiles d'aliénésChapitre 32 sur 46 · ER · texte numérisé non relu

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. e " CE se re “4 e ses assertions, que ses propres observations ne lui donnent le droit

de le faire ; car, même sans être dominé outre mesure par des idées iétapA il n’est pas difficile de comprendre qu’ un certain

degré d’altération de la faculté de penser peut être la conséquence d’une lésion du cerveau entraînant la perte de la parole, comme elle peut suivre une lésion du cerveau qui compromet la vue ou le mouvement, sans qu'il résulte de là aucune présomption que la pensée et la parole soient identiques: ou"méême inséparables. 53 Aussi (si tant est que l’on puisse pénétrerl'e essence absolue de l’état mental des aphasiques), je suis plus disposé à partager l’opinion de Lordat que celle de Trousseau. Sans affirmer que nous possédions encore les éléments d’un jugement définitif sur ce sujet, je crois avoir donné la preuve évidente que, dans les formes de l’aphasie, attaquant avec une grande soudaineté un homme préalablement bien portant et intelligent, il n’y à pas nécessairement diminution immédiate de l intelligence du malade: Mais je ne peux pas aller plus loin. Je crains bien que l’on ne soit obligé de reconnaître que, dans la très grande majorité des cas d’aphasie, il y a diminution de l'intelligence considérée dans son ensemble, non seulement parce que cette affection est habituellement liée à la paralysie ou à une maladie plus ou moins compliquée du cerveau, mais aussi et surtout parce que je trouve bien difficile et presque impossible de concevoir un état dans lequel les symboles de la pensée seraient détruits d’une manière permanente et où la pensée elle-même n'aurait pourtant subi aucune atteinte. Il y a une loi de la nature qui, ce me semble, est sans exception: c’est que toutes les facultés sont développées par l'usage et diminuées par l’inaction continue. Le muscle qui cesse d'agir tombe peu à peu dans la dégénérescence et l’atrophie ; le nerf optique, longtemps soustrait à l’action de la lumière, s’altère et perd ses propriétés; les habitudes elles-mêmes qui, dans les plus petites choses de la vie, s’établissent en nous de jour en jour, tendent à produire des séries d'idées et d’actions étroites, fixes et individualisées, qui, en développant certaines de nos facultés, ont pour résultat d’affaiblir les autres et finissent même par paralyser presque tout ce qu’il y a de bon dans chacun de nous, à moins que nous ne maintenions constamment à un niveau élevé le cours de nos pensées

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F4 Se . x » + TA roxaron DU LANGAGE ARTICULÉ 293 et de . sentiments, par une tension perpétuelle de l’homme intérieur. | nment done serait-il possible qu'un être privé, de

l'usag ge du principal symbole de la pensée ne dégénérât pas aussi à la lo que au point de vue de la pensée elle-même? L'individu com- d plètement aphasique est, en réalité, dans une condition plus fâcheuse que co sourds-muets ; car ceux-là au moins peuvent penser des mots, et, à l’aide d’une éducation spéciale, ils peuvent les exprimer dans un cercle limité, tandis que l’'aphasique est condamné à être perpétuell

2m er uen en lui-même, et à rester une créature ( Lprivée de toute relation avec les autres hommes, basée 1ots PEes sourds-muets peuvent être éduqués, parce qu'ils ont au moins l’idée du symbole de la pensée et que cette idée peut être changée en une forme accessible à leur esprit et capable d'être apprise et employée par eux, malgré leur infirmité physique ; l’'aphasique, au contraire, en supposant sa maladie congénitale, ne pourrait jamais recevoir aucune éducation et devrait rester p toute sa vie presque un idiot : il aurait l'esprit Ru Fa SOU veloppe d’un homme ! +, fa À-t-on réellement observé des cas de ce Mu + A ESS des hommes non développés dont l’infirmité fondamentale serait l’aphasie? Je ne le sais pas, et probablement nous ne le saurons jamais. Il est loin d’être impossible, cependant, que certaines formes de crétinisme ou d’idiotie congénitale soient dues à une affection de cette espèce produite dans la première enfance, et rendant impossible tout développement des facultés intellectuelles. Mais certainement la condition de l'individu bien élevé, qui tombe dans l’aphasie par accident ou par maladie, mérite au plus haut degré la considération la plus bienveillante de la part des autres hommes, en ce qui concerne les conditions sous lesquelles il peut être admis aux droits communs et aux privilèges de l'humanité, ainsi que relativement au degré de perfectionnement dont il est susceptible par la culture artificielle, et par de nouvelles méthodes de communication, de rentrer en possession de ces droits. Cette partie de la question de l’aphasie est encore un terrain inexploré, et je ne me hasarderai pas, à formuler ici une opinion précise sur ce sujet trop peu connu. Je serai heureux, cependant, Si ces remarques incomplètes et insuffisantes pouvaient donner lieu à de nouvelles observations, et provoquer des lumières nouvelles qui

pourraient contribuer à élucider tout ce qui est encore, sous ce rap. port, obscur et mystérieux (1).

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