‹ Les aliénés voyageursChapitre 10 sur 21 · FUGUES ET VOYAGES ACCOMPLIS PAR LES HALLUCINÉS ET LES DÉMENTS · texte numérisé non relu

FUGUES ET VOYAGES ACCOMPLIS PAR LES HALLUCINÉS ET LES DÉMENTS

D’après Lélut, le mot halltœination viendrait de âXùco, iXa, incertitude, inquiétude, dèDergondage d'esprit.

Pour tous les aliénistes, l’hallucination est une perception sans objet.

L’hallucination est liée à des cas nombreux de folie, mais l’homme sain en est quelquefois atteint. Il peut se rendre compte de la fausseté de sa perception ; mais si l’hallucination persiste, elle finit presque toujours par porter atteinte à son intelligence. L’halluciné est un délirant sensoriel.

Tous les organes des sens peuvent nous induire en erreur. L’œil, par exemple, nous trompe souvent, car la représentation qu’il aide à former n’est pas quelquefois ce qu’elle est réellement. Un bâton vu dans l’eau nous paraît brisé, la raison le redresse. La délibération, aidée de la mémoire, nous fait établir que dans pareille circonstance nous avons vu qu’il en était autrement, et par analogie nous déterminons la position réelle du bâton dans le milieu liquide, et nous affirmons qu’il n’est pas brisé.

Nous arrivons à la vérité par un détour, guidés par l’expérimentation qui est un résidu d’une série de représentations et de jugements se rapportant à un phénomène analogue. Chez l’halluciné, la représentation acquise est violente, aussi le jugement qu’elle sert à établir est-il faussé. Tous les actes se rapportant au premier peuvent être marqués au coin du

jugement le plus sûr, car tout acte peut être raisonné; il n y en a qu’un qui soit entaché d’erreur et cela suffit c’est la petite pierre détachée du flanc de la montagne formant le noyau d’une avalanche qui détruit tout sur son passage.

Nous ne citerons que quelques observations de fugues accomplies par les hallucinés.

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