CHAPITRE III
UTILITE DES BOISSONS SPIRITUEUSES ET AROMATIQUES DANS LE REGIME ALIMENTAIRE.
Un des plus puissants arguments allégués par les (l(îfenseurs de l'usage des boissons spiritueuses et aromatiques, c'est l'universalité de leur emploi. Il est difficile d'admettre, en effet, que la plus grande partie de l'espèce humaine puisse commettre une erreur aussi grossière que celle d'attribuer une certaine valeur hygiénique à des substances qui n'auraient aucune utilité, prises à doses modérées, et dont la plupart, absorbées à doses un peu élevées, seraient nuisibles et préjudiciables au plus haut degré à la santé des individus.
Nous avons appelé l'attention du lecteur sur cette tendance de tous les peuples à introduire dans leur régime une boisson artificielle, tendance qui ne fait qu'augmenter et se généraliser, à mesure que grandissent et se répandent cette activité incroyable et cette agitation incessante que présente la société moderne, sous l'influence des occupations multipliées que nécessitent ses nouveaux besoins. Nous espérons, dans l'étude suivante, pouvoir expliquer cette tendance, en insistant sur l'utilité des boissons spiritueuses et aromatiques dans le régime alimentaire.
ilG APPLICATIONS A L' HYGIÈNE.
I. — Utilité des boissons spiritueuses et aromatiques comme aliments dynamogènes; excitation à la veille et au travail intellectuel.
v< 1. — Dans l'introduction qui piécède ce travail, nous avons vu (jue dans le cerveai» comnio dans les nerls, comme dans les muscles, l'aptitude à agir et à fonctionner est essentiellement subordonnée à l'influence du sang oxygéné sur rélément vivant, et que celte influence s'arrête dès que le sang ne se renouvelle plus, soit qu'il cesse de parvenir aux centres nerveux, d'où anémie; soit qu'il stagne dans le cerveau, d'où coiujeslion de cet organe. Nous avons démontré ensuite (|ue c'était aux excitants de la circulation qu'il lallait recourir quand on cherchait à combattre le sommeil, à prolonger la veille et à activer les fa(;ultés intellectuelles.
Ainsi s'explique en grande partie l'influence cérébrale de l'alcool et des boissons aromatiques, qui, comme nous l'avons vu, en accélérant la circulation, et par conséquent en augmentant l'alflux du sang vers les centres nerveux, procurent à ces organes une quantité plus grande de matériaux réparateurs, et les débarrassent des déchets qui résultent de leur fonctionnement.
Mais en dehors de l'influence cérébrale exercée par l'alcool et les boissons aromatiques, par suite des modifications que ces agents déterminent dans la circulation, il faut tenir compte également des principes volatils qu'ils renferment et qui impressionnent plus ou moins vivement les centres nerveux. Si le café et le thé ont été qualifiés de boissons intellectuelles, ce n'est pas seulement parce qu'ils agissent sur le cerveau })lus que les liqueurs alcooliques, mais encore et surtout parce que l'excitation intellectuelle qu'ils déterminent est plus douce, plus régulière, plus calme, plus en rapport avec les conditions normales de notre existence et habituelles à la vie, que celle qui est consécutive à l'ingestion des boissons spiritueuses. Ce.* dernières boissons exercent