‹ Les aliments d'épargneChapitre 116 sur 146 · litre d'une forte infu · texte numérisé non relu

litre d'une forte infu

20 juin.

sion de thé prise l'aprcs-

niidi.

1 2 litre d'infusion de coca

27 juin.

faite avec 15 gr. de coca.

1 2 litre d'infusion de maté

29 juin.

faite avec 15 gr. de maté.

soumis, grâce à l'infusion de café ajoutée chaque jour à leur régime (de Gasparin); nous rapporterions les observations faites par des voyageurs dignes de foi (Unanué, Tschudy, Moreno y Maïz, etc.), sur les Indiens de l'Amérique méridionale, qui, grâce à leur ration de coca, exécutent les voyages les plus longs et les plus pénibles, et se livrent dans les mines à des travaux presque continuels.

Et sans aller si loin , ne voyons-nous pas chez nous ces ouvriers pâles et amaigris, dont les types sont si communs dans les ateliers? Leur constitution est délabrée ; leur organisme souffreteux et malingre semble être près de succomber à la peine , bien qu'il doive supporter longtemps encore les plus grandes fatigues et les plus rudes épreuves. Et pourtant, l'alimentation habituelle de ces gens est bien insuffisante et bien misérable; souvent elle ne se compose que de végétaux; cjuelquefois c'est un peu de fromage, un fruit quelconque, un peu d'ail et un morceau de pain; presque jamais de viande.

Combien y en a-t-il qui doivent à la goutte d'eau-de-vie du matin l'ardeur avec laquelle ils se mettent à l'ouvrage interrompu la veille, quand le soir amène cet accablement et cette lassitude qu'un sommeil ti'anquille et réparateur a quelquefois de la peine à dissiper! combien doivent au verre de vin qu'ils prennent à leur repas ce soulagement et ce sentiment de bien-être et d'énergie qui suivent l'ingestion des boissons alcooliques, et qui ont pour effet, chez le travailleur, de dissiper cette courbature et ce brisement des membres que la fatigue corporelle entraîne avec elle!

Celte heureuse influence, les boissons spiritueuses et aromatiques ne la doivent pas seulement à leur action dans l'éronornie comme aliments d'épargne ou antidéperditeurs; il faut la rapporter en même temps à ce([uVlles constituent des boissons essentiellement favorables au travail musculaire, comme nous allons le démontrer dans les lignes suivantes.

ma A l'I' Lie ATI ON s A L'HYGIÈNE. '

t^ 3. — Si nous nous reportons, en effet, à l'étude que nous avons présentée sur les sources et les déchets du travail corporel et sur les causes qui produisent la fatigue des muscles (voyez p. 04 et suiv.), on comprendra facilement l'influence complexe qu'exercent l'alcool el les boissons aromatiques comme agents favorables au développement de la force musculaire.

1" On conçoit, d'abord, qu'à titre d'excitants des nerfs moteurs, l'alcool et les principes actifs (caféine et cocaïne) contenus dans les boissons aromatiques activent la contraction musculaire.

2° De plus, en agissant comme antidéperditeurs, c'est-àdire en diminuant la proportion d'urée éliminée par la sécrétion rénale, ils rendent plus stables et plus durables les éléments azotés des muscles, les empêchent de s'user aussi rapidement et de se décomposer aussi vite ; il .en résulte que la ration d'azote qui serait nécessaire à l'entretien et à la réparation des fibres contractiles, peut être diminuée et restreinte.

3" L'alcool et le cacao agissent encore à un autre titre (et c'est ce qui les rend sans doute encore plus utiles aux manœuvres et aux ouvriers) : en qualité d'aliments thermogènes, ils fournissent à la fibre musculaire le calorique dont elle a besoin pour son fonctionnement.

A" Quant à la facilité bien connue avec laquelle ces boissons font disparaître ki fatigue musculaire, cette influence s'explique par l'accélération de la circulation que ces ingesta déterminent; d'une part, il se produit un apport plus rapide à la fibre musculaire de ses éléments de consommation ; d'une autre part, un départ plus prompt des déchets et des résidus accumulés à la suite de son travail exagéré.

Mais ce qu'il y a de plus remarquable dans l'influence de ces boissons artificielles sur la fatigue corporelle, c'est la rapidité avec laquelle l'ingestion d'un petit verre d'eau-de-

vie OU d'une tasse d'une bonne infusion de café, de tlic ou de coca, réveille l'activité musculaire; si bien que les effets réconfortants 'qui suivent l'emploi de ces liquides se manifestent beaucoup plus rapidement qu'à la suite du repos naturel ou du sommeil, qui après un travail prolongé exigent toujours, comme on sait, au moins une période de quelques heures pour rendre à l'organisme l'aptitude à la veille et aux efforts corporels, que la fatigue lui avait momentanément fait perdre.

A ce point de vue, les boissons spiritueuses et aromatiques présentent une utilité évidente pour l'homme de peine et le travailleur, pourvu, bien entendu, qu'elles soient consommées dans certaines limites ; car, comme Parkes l'a constaté dans une expérience faite sur un homme adulte et bien portant, l'ingestion d'une dose trop forte d'alcool, loin de faciliter le travail musculaire, s'oppose à tout effort corporel, soit en déterminant une dépression manifeste du système nerveux, d'où affaiblissement et diminution des forces, soit en accélérant les battements du cœur, d'où palpitations et oppression. Il en est de même, mais à un moindre degré, des boissons aromatiques, dont l'usage immodéré peut déterminer, comme nous l'avons vu, des troubles analogues aux précédents.

IV. — La consommation des boissons spiritueuses et aromatiques dépend surtout du travail plus ou m.oins pénible et de l'alimentation plus ou moins défectueuse auxquels sont soumis les individus.

§ 1 . — Après l'étude précédente, nous ne nous étonnerons pas de voir la consommation des boissons artificielles subordonnée essentiellement à l'activité que présentent les populations; si bien que les nations les plus civilisées, les plus industrielles, les plus commerçantes, sont également celles où remploi de ces boissons a lieu sur une plus vaste échelle. C'est en Angleterre et en Amérique que cette con-

sommation atteint le chiflie le plus considérable ; c'est chez les mahoinctans cl chez les Hindous qu'elle est réduite à sa plus simple expression !

De plus, parmi les différentes classes d'une même nation, ce sont les ouvriers, et parmi, ces derniers, ce sont ceux qui sont astreints aux travaux les plus fatigants, qui pi;ésenlent dans leur régime la proportion de boissons alcooliques ou aromatiques la plus considérable; chez ceux qui travaillent dans les usines, dans les manufactures, dans les mines, ces boissons semblent avoir pour effets principaux, non-seulement d'activer leur digestion, de rendre leur circulation plus active, d'exciter leur système neneux, mais encore de restreindre les pertes organiques que tout développement exagéré de force ou do travail entraîne nécessairement dans l'économie.

Si nous consultons, en effet, les tableaux qui figurent dans l'introduction de cet ouvrage, et dans lesquels nous avons relevé, d'après Le Play, la composition du régime alimentaire auquel sont soumises les différentes classes ouvrières en Europe, nous voyons prédominer l'usage des boissons artificielles parmi les manœuvres et les artisans qui fournissent la plus grande soimne de travail.

La consommation des liqueurs fortes a lieu parmi les ouvriers russes, norwégiens, allemands, anglais et français exposés aux plus durs travaux, soit dans les manufactures, soit dans les fonderies, soit dans les mines, où elle s'accompagne généralement de l'emploi de boissons fermentées (braga et kwass en Russie, bière en Allemagne et en Angleterre, vin en France) et paraît plus considérable dans les pays où ces derniers liquides font défaut, en Suède, en Xorwége et dans certaines parties de l'empire autrichien.

Il ressort également de nos études que la consommation des liqueurs spirilueuses devient de plus en plus restreinte à mesure que s'introduit dans le régime des classes ouvrières

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