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ITILITÉ POUR LES SOLDATS

l'usage des Isoissons aromatiques. C'est ce qu'on remarque principalement en Autriche, en Allemagne et en Angleterre, dans les villes industrielles et manufacturières, où l'usage des boissons fermentées (vins, bières) et surtout des liqueurs fortes est d'autant plus restreint que la consommation du café et du thé devient plus importante (1). Fait intéressant à constater ici et qui démontre les nombreux rapports qui unissent entre elles les boissons spiritueuses et les boissons aromatiques ou mieux leurs principes actifs (alcool et caféine), puisque ces boissons se suppléent les unes et les autres dans l'alimentation du travailleur, et sur lequel nous insisterons bientôt quand nous chercherons les différents moyens utilement apphcables à la prophylaxie de l'ivresse alcoolique et de l'alcoolisme chronique.

§ 2. — Ce n'est pas seulement parmi les populations civiles que s'est répandue la consommation des boissons artificielles (spiritueuses ou aromatiques). On voit aujourd'hui figurer la plupart de ces boissons dans l'alimentation des armées. C'est surtout en temps de guerre que les boissons spiritueuses sont introduites dans le régime alimentaire des troupes. On sait que le soldat français reçoit alors 25 centilitres de vin et 6 centiUtres d'eau-de-vie. Quel que soit le point de vue auquel on se place, on ne peut certes pas dire

(1) D'après un journal de Glasgow :

L'année 1851, comparée à 183G, présente pour le Royaume-I'ni une augmentation de près de '28 millions de livres de thé, de chocolat et de café, tandis que les boissons spiritueuses (bière, vin, liqueurs) présentent une diminution de K) millions de gallons il80000() hectolitres) dans leur consommation.

On sera surtout frappé de l'importance de ces chiffres, si l'on réfléchit que de 1836 à 18ôiJ, la population du Royaume-Uni a augmenté de plus de 4 millions d'âmes. Il en résidte que si, en 18.jO, la consommation moyenne par individu, de chaque sorte de boisson, avait été la même qu'en 1836, la population surajoutée aurait consommé 10 millions de livres en plus de thé, café et chocolat, tandis que laugmentation réelle est de 27 millions ; et par contre, la consommation des boissons enivrantes, bière, vin et liqueurs, aurait dû augmenter de 100 millions de gallons (4500000 hectolitres), tandis qu'au lieu de cela, elle a diminué de 40 millions de gallon? (1800 000 hectolitres). »

que celte proportion soit considérable, car en admettant même les chiffres obtenus par Parkespour exprimer le maximum de consommation qui ne doit pas être dépassé pouil'alcool, on voit que la quantité d'alcool absolu contenu dans la ration du soldat français égale au plus 0 centilitres.

Malheureusement voici ce qui arrive habituellement : Le soldat, en temps de paix comme on temps de giierre, se plie difficilement aux exigences du n'-gime militaire, à cette piivation complète de boissons spiritueuses en temps de paix, à la légère quantité de vin ou d'eau-de-vie qui lui est délivrée en temps de guerre; une grande partie de sa solde et de ses ressources personnelles est donc dépensée au cabaret, dans les cantines ou chez les nombreux débitants qui suivent les armées. D'où l'ivresse avec ses conséquences déplorables au point de vue de la discipline militaire et de la santé des troupes; d'où cette remarque, qui a été faite par les commandants d'armée et par les hygiénistes, que les opérations militaires, comme l'état sanitaire des soldats, ont été bien souvent compromis par l'usage immodéré des liqueurs spiritueuses, et qu'il vaut beaucoup mieux pour le soldat en campagne être complètement privé de toute boisson alcoolique que d'en avoir à profusion. Telle est aujourd'hui l'opinion des médecins de l'armée anglaise, où l'on avait l'habitude de délivrer une certaine quantité d'eau-de-vie au\ troupes qui S('journaient dans les colonies; tous reconnaissent maintenant non-seulement rinutilité, mais encore les inconvénients de cette mesure aujourd'hui abandonnée; tous s'accordent pour considérer les liqueurs fortes comme un des éléments qui doivent être proscrits dans la ration alimentaire des soldats. On peut voir dans les nombreux rapports, qui figurent dans l'excellent traité d'hygiène de Parkes, que les médecins et les officiers de Faimée anglaise sont unanimes pour remarquer que les troupes présentent surtout un état

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