UTILITÉ POUR LES SOLDATS
sanitaire satisfaisant quand elles sont privées complètement de liqueurs fortes (i).
Il n'y a sans doute qu'un seul cas où l'ingestion de ces liqueurs à doses modérées puisse être avantageuse pour le soldat en campagne; c'est quand, après une longue marche, accal)l(' de fatigue et l'estomac vide, il rencontre l'ennemi et lui livre bataille; rien n'est alors plus propre à dissiper sa fatigue, à réveiller ses forces musculaires, à lui donner cet élan nécessaire pour rattac|ue et à exciter son courage, qu'un petit verre d'eau-de-vie, de rhum ou de toute autre liqueur spiritueuse. A part cette circonstance, sur laquelle Parkes lui-même a soin d'insister dans son ouvrage, nous croyons devoir condamner l'emploi des liqueurs fortes en campagne. 11 n'en est pas de même des boissons fermentées, dans lesquelles l'alcool figure en proportion toujours très-faible (vins, bières, cidres, etc.) et qui, grâce aux différents principes nutritifs et réparateurs qu'elles renferment, constituent de précieuses ressources dans le régime alimentaire des troupes. Telles sont les raisons pour lesquelles on devrait en recommander l'usage dans les armées en campagne, si l'on n'avait pas à sa disposition les boissons aromatiques (café et thé), qui, tout en présentant les mêmes avantages que l'alcool, n'offrent pas les mêmes inconvénients. C'est donc avec raison que la plupart des puissances militaires ont introduit dans le régime de leurs armées ces utiles et précieuses boissons. •
On sait que ce fut pendant la campagne d'Egypte et sur les conseils de Larrey que le café apparut pour la première fois dans la ration alimentaire des troupes françaises. Le chirur gien en chef de l'armée avait pu appréôier chez les indigènes les avantages de cette boisson qu'il considérait même, employée à la mode orientale, comme un moyen préventif
(1) Voyez notamment les rapports do Mann, de J. Hall, de Neill et de Wo!scley.
Marvaid. — Aliments d'épargne. 28
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contre les lièvies paludéennes. Plus lard, pendant les premières années de roccupation de l'Algérie, il en recommanda vivement l'usage pour les troupes; ce n'est réellement qu'à partir de cette époque que le café fit partie de la ration alimentaire du soldat français en temps de i^uerre (1). Nos médecins militaires sont unanimes pour reconnaître les avantages que le soldat en campagne retire de cette boisson sous le rapport de l'hygiène alimentaire. Baudcns en a fait ressortir les heureux effets dans l'armée de CrinK-c en 1855 et 1856; H. Larrey en a reconnu l'utilité dans le régime de l'armée, au camp de Châlons en 1858, et en Italie un an après. Enfin, dans la dernière guerre, nos soldats n'ont souvent eu que du café pour toute nourriture; c'était la seule distribution qui se fît régulièrement.
Le café se fait le matin en campagne; le soldat en prépare habituellement une infusion dans laquelle il trempe son pain ou son biscuit; c'est ce qui constitue la soupe au café. « Pendant les marches, il est dans l'habitude de le prendre avant le départ, et les plus prévoyants se réservent toujours une petit quantité de cette boisson pour la prendre chaude à la suite du repas qui se fait à la grande halte » (Didiot).
Bien qu'en temps de paix, comme nous l'avons vu, le café ne figure pas dans la ration alimentaire, on en a continué la distribution à la garnison de Paris et aux troupes qui occupent les camps ; les médecins des régiments ont été unanimes pour en constater les heureux effets (il).
Il y a quelque temps,- le docteur Doyen (de Reims) a préconisé pour les troupes l'emploi de diverses préparations dans lesquelles la poudre de café peut être absorbée à la mode orientale, et qui semblaient offrir le précieux avantage de faire servir à l'alimentation des hommes tous les principes
(1) Voy. Voizard, Elude sur l'alimentation du soldat. Thèse de Paris, 1873.
(2) Voy. A. Marvaud, Etude sur les casernes et les camps permanents. (Annales d'hijgiène publique et de médecine légale. Paris, 1873. j