‹ Les aliments d'épargneChapitre 120 sur 146 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

LE l:UT A l'OURSLIVUE PAR LES ENNEMIS DE l'ALCOOLISME.

,^1 . — D'après les considérations précédentes, on voit que la consommation croissante et prodigieuse des boissons spiritueuses peut être attribuée à deux causes principales :

1° A cette activité incroyable, à cette sorte de concurrence vitale effrénée, qui se manifeste aujourd'hui, plus qu'à toute autre époque, dans toutes les classes de la société, et qui pousse l'homme à l'usage et à l'abus des agents propres à entretenir et à augmenter l'excitation de son système nerveux ;

2" A l'insuffisance de l'alimentation dans les classes pauvres, insuffisance qui peut être suppléée, pendant un temps limité vt dans une certaine mesure, par les aliments d'épargne, parmi lesquels figure au premier rang l'alcool (l).

Il y a donc un moyen que la science indique tout d'abord aux économistes pour restreindre et même prévenir les terribles effets de l'alcoolisme au sein des classes populaires, c'est d'améliorer le régime du pauvre et de l'ouvrier et de faciliter à ceux-ci l'acquisition des aliments plastiques et vé-

(I) Nous sommes heureux de voir notre opinion à cet égard conforme aux. idées de Liebig :

« Dans beaucoup de pays, dit le savant chimiste, on attribue la pauvreté et la misère à la consommation croissante et exagérée de l'eau-dc-vie : c'est là une erreur.

» L'usage de l'eau-de-vie n'est pas la cause, mais l'effet de la misère. C'est une exception à la règle quand un homme bien nourri devient buveur d'eaude-vie. Mais lorsque l'ouvrier gagne moins par son travail qu'il ne lui faut pour se procurer la quantité d'aliments nécessaire à son entretien, un besoin impé-

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