‹ Les aliments d'épargneChapitre 126 sur 146 · UTILITÉ CONTRE I.' AD Y>" AMIE · texte numérisé non relu

UTILITÉ CONTRE I.' AD Y>" AMIE

lique, tendance aux maladies inflammatoires et aux liémorrhagies).

Les médicaments excitants sont, d'après Trousseau {\), « des agents capables de susciter une sorte de fièvre caractérisée par un surcroît d'énergie dans l'impulsion du cœur et par la fréquence de ses battements, par l'augmentation de la chaleur de la peau et par les modilications nombreuses dans les phénomènes intimes de la nutrition, qui accompagnent ordinairement ce que, dans le langage pathologique, on est convenu d'appeler fièvre inflammatoire éphémère. >

Pour le savant clinicien de l'IIôtel-Dieu, toute la question de la médication excitante se réduit à ceci : apprécier les circonstances dans lesquelles il est bon de stimuler le système nerveux et de susciter la fièvre vasculaire ou angéioténique (^).

•' Jamais, dit-il, cj[uand une fièvre vasculaire se montre avec énergie, que le pouls est plein, que les sécrétions se font régulièrement, jamais il ne nous viendra à l'esprit de recourir à des médications excit antes, quand bien même i nous serait possible de ne découvrir aucune lésion locale importante; et, au contraire, nous n'hésiterions jamais à donner des excitants énergiques, si en même temps que l'auscultation nous permettait de constater .une péripneumonie fort étendue, nous voyions le pouls petit et faible, la respiration lente, la peau refroidie et les forces musculaires déprimées. »

Nous n'aurons pas de peine à faire ressortir combien cette façon d'envisager les excitants, adoptée par les thérapeutistes les plus éminents, est en désaccord avec les faits physiologiques. Nous avons vu que l'alcool (et il partage cette propriété avec toutes les substances stimulantes), tout en excitant les fonctions animales, déprime les fonctions orga-

(1) Loc. cit., p. 706.

/2) Loc. cit., p. 886.

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niques, et les nombreux faits que nous avons invoqués pour expliquer cette influence opposée des spiritueux sur les deux systèmes de la vie de relation et de la vie végétative ont dii paraître suffisants au lecteur (nous l'espérons du moins) pour lui montrer Terreur qui, depuis plusieurs années, s'est enracinée dans la thérapeutique à propos de la médication excitante, parce que dans l'appréciation des eflets médicamenteux des agents stimulants, on a négligé de prendre continuellement pour guides leurs effets physiologiques.

Il faut considérer avant tout, dans les stimulants, des neruins, des hi/pcrstlic)nsa)its ccphulo-racJùdiens (Giacomini) (i), c'est-à-dire des agents qui impressionnent spécialement le système cérébro-spinal, qui n'interviennent dans le fonctionnement des actes végétatifs qu'indirectement, par leur action sur les nerfs vaso-moteurs sympathiques, et qui, loin d'exciter la nutrition, de favoriser les oxydations orga-. niques, d'augmenter la combustion fébrile, déterminent la contraction du système vasculaire, produisent l'anémie et le refroidissement des organes, restreignent la production du calorique dans l'f'conomie.

On nous objectera sans doute que l'alcool en particulier peut déterminer la fièvre, que son ingestion à dose modérée est suivie de toutes les apparences d'une fièvre légère, artificielle et passagère (accélération de la circulation, coloration des téguments) ; si bien (pi' un certain nombre d'auteurs (2) ont cru devoir recourir à certaines théoi*ies pour expliquer la fièvre alcoolique.

Mais nous allons voii- que ce qui constitue la fièvre, ce n'est point la stimulation du système cérébro-spinal, pas

(1) Giacomini, Traité i)hiIosophique et expérimenta] de matière médicale et (le thérapeutique. Traduit de Litalien. Paris, 18i!2.

(i) Barrel de Poiitevès, Des nerfs vafto-nioteurs et de la circulation capillaire. Thèse de Paris, 18G4.

plus que rexcilalion dos grandes fonctions de récononiie (circulation, respiration, etc.) ; c'est r(''l('valion de la température, qui se lie intimement à la combustion plus active, à la transformation plus complète des ('déments organiques. L'alcool n'est pas un agent pyrocjèno {jiehcrcrveiKjcn), puisque, comme nous l'avons vu, il ne détermine pas dans l'économie d'élévation de température. 11 en est de même des principes actifs (caféine, cocaïne) des l)oissons aromatiques. Il n'y a pas plus de fièvi-e alcoolique que de fièvre caféique ou cocaï((ue, mais il y a une excitation alcoolique^ il y a une excitation caféique, une excitation cocaiquCy ce qui est bien diftërent.

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