II. — utilité dans le choléra
Ce n'est pas seulement à titre d'excitants généraux, mais à titre d'agents échauffants ou calorifif{ues, que l'alcool et les boissons aromatiques (café, thé, etc.) ont étépréconi.^és, de ISoU à 1800, dans la période algide du chob'-ra. On sait que l'administration de ces boissons coïncidait dans ce cas avec l'emploi de moyens de calorification externes (application de draps chauds et de couvertures, vapeur d'eau, frictions énergiques avec le vinaigre, l'ammoniaque , bains sinapisés, etc.), destinés à ramener la chaleur qui semblait abandonner le malade. Or nous savons aujourd'hui (juc cette pratique du réchaulYement des choléri(pies n'a point eu h' succès qu'on semblait en droit d'en attendre, et que la pratique inverse (application d(^ glace en permanence, douches froides sur le rachis) a fourni dans certains cas des résultats au moins aussi satisfaisants que ceux obtenus par l'ingestion des boissons spiritueuses (rhum , eau-d(?-vie) et aromatiques portées à une certaine temp(''rature.
?sous nous expliquons facilement cet insuccès : nous avons vu, en effet, (pie l'alcool à petites doses et que les boissons excitantes ne peuvent guère transmellr(^ par eux-mêmes
de la chaleur au corps refroidi du cholérique, dont ils n'élèvent la température que lorsque ces liquides ont été soumis préalablement à un chauflage suffisant ; à ce point de vue, ils n'agissent pas autrement que toute espèce de boisson chaude.
Au contraire, s'ils sont administrés à doses trop fortes, leur emploi peut être dangereux, puisque loin de déterminer une élévation de la chaleur organique, ils doivent tendre au contraire à augmenter le refroidissement périphérique.
L'utilité de l'administration des boissons spiritueuses et aromatiques dans le "choléra peut donc être attribuée d'abord à l'action générale que ces liquides exercent sur le système nerveux, dont ils réveillent les fonctions languissantes ou engourdies, pour\-u que, comme nous l'avons dit, leur emploi soit sagement restreint dans des limites assez limitées qu'il serait toujours imprudent et souvent dangereux de dépasser; mais elle dépend surtout de l'excitation que ces agents déterminent, à petites doses, du côté de la circulation. Quand le cœur se contracte avec peine, quand ses battements sont à peine sensibles et que le tracé sphygmographique se traduit par une ligne presque continue et horizontale, l'emploi des spiritueux et des boissons aromatiques chaudes trouve son indication naturelle et précise, pour réveiller l'activité cardiaque, pour empêcher la stagnation du sang dans les parties profondes, pour rétablir la circulalion à la périphérie et pour augmenter la force et l'ampleur des pulsations; effets d'autant plus précieux, qu'ils suivent rapidement l'administration des agents médicamenteux qui leur donnent naissance.
m. — utilité dans les maladies du cœur.
>'iil auteur mieux que S. Jaccoud n'a démontré l'utilité des boissons spiritueuses et aromatiques dans certaines