‹ Les aliments d'épargneChapitre 13 sur 146 · LEUR ROLE DANS LA NUTRITION · texte numérisé non relu

LEUR ROLE DANS LA NUTRITION

la cause qui détermine ce fonctionnement, le second à l'edct produit.

Travailler c'est fonctionner, c'est vivre. Chez l'animal, un muscle travaille quand il se contracte, quand il fait un effort; le cerveau travaille, soit qu'il éprouve une sensation, soit qu'il commande un mouvement; le cœur travaille quand il bat, une glande travaille quand elle sécrète, un nerf travaille quand il transmet une impression sensitive ou motrice.

De même, dans le végétal, la feuille travaille quand elle décompose l'acide carbonique répandu dans l'air qui l'entoure, le bourgeon travaille quand il se développe, la graine travaille quand elle éprouve les phénomènes de la germination, la sève travaille quand elle porte aux extrémités des rameaux les sucs chargés des principes nutritifs que ses racines ont absorbés dans le sol, etc.

Dans la plupart des éléments organiques, le travail se manifeste sous forme de )<^o?a'c»«e»^; voilà sans doute pourquoi, en physiologie comme en hygiène, on considère habituellement les deux termes, travail et mouvement, comme synonymes, bien qu'on ne puisse pas toujours constater de mouvement ou de déplacement des particules organiques dans lous les éléments cellulaires qui fonctionnent au sein de l'organisme animal ou végétal.

Ti ès-apparent dans certains éléments (libres musculaires, cils vibratiles, globules sanguins), ce mouvement se dérobe à nos investigations dans d'autres (cellules nerveuses), où, malgré les moyens que nous possédons maintenant pour grossir considérablement les formes organiques, nous ne pouvons distinguer la moindre oscillation des éléments mis en jeu, bien que ceux-ci, d'où émanenl les phénomènes qui sont la manifestation la plus éclatante de la vie, les impressions et les pensées, fonctionnent activement.

2"* Il est une seconde forme, avons-nous dit, sous laquelle

U INGESTA ET xVLI.MENTS.

se manifeste le fonctionnement des cléments vivants, c'est par la produdiou cVune (crlainc (pianlilc' de chaleur.

C'est un fait bien démontré aujourd'hui, que depuis l'animal le plus haut placé dans l'échelle zoulogiquc jusqu'au dernier zoopln te, depuis la plante la plus parfaite jusqu'au végétal le plus simple, l'être vivant, i)ris dans les conditions physiologiques normales de son existence et de son développement, et protégé contre l'action réfrigérante de l'évaporation, se montre partout et toujours doué d'une température supérieure à celle du milieu (air ou eau) qui l'environne (1).

Il est impossible de localiser la production de la chaleur dans tel ou tel élément organique, puisque cette chaleur apparaît non-seulement partout où il y a conflit de l'oxygène avec ces éléments, mais encore partout où il y a vie. Aucune particule de l'organisme n'en est exempte.

C'est le propre de la cellule vivante, quelle qu'elle soit, de développer du calorique; la quantité de chaleur émise diffère, il est vrai, suivant la nature et le rôle physiologique de chaque élément; elle est appréciable dans tel élément plus que dans tel autre, mais elle n'en existe pas moins dans tous. La cellule épithéliale qui prolifère, la cellule glandulaire qui sécrète, la cellule nerveuse qui reçoit une impression ou commande un mouvement, la fibre centripète qui porte une sensation au cerveau, la fibre centrifuge qui transmet les ordres de cet organe, développent de la chaleur, comme la cellule graisseuse qui disparaît au sein des tissus, comme la fibre musculaire qui se contracte. Si ces derniers éléments produisent plus de chaleur que les premiers, cela dépend de leur composition chimique et s'explique par ce fait qu'ils renferment des corps doués d'un pouvoir calorifique considérable. Ainsi, la cellule graisseuse doit à

(1) Yoy. Gavarret, De la chaleur produite chez les êtres vivants. Paris, 1855, p. 541.

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