LEUR ROLE DANS LA NUTRITION
la forte proportion d'iiydrogène et de carbone qu'elle contient, la chaleur qu elle développe en se détruisant.
Or, puisqu'on peut admettre aujourd'hui ce fait important (sur lequel nous aurons du reste plus d'une fois à nous appuyer dans le cours de cette étude), savoir que le travail ou le mouvement doit être regardé comme une transforma tion du calorique, aussi bien dans les corps vivants que dans les corps bruts, il n'est pas téméraire d'envisager les trois termes chaleur, iravail et rie comme la manifestation d'une même force variant dans ses caractères et dans ses effets.
Il résulte de ce fait que le fonctionnement des éléments organisés est subordonné à la consommation de la chaleur que ces éléments ont à leur disposition, A ce point de vue, il faut tenir compte du rôle spécial que possèdent certains d'entre eux comme calorifïcateurs.
Cependant on aurait tort de croire qu'un élément étant donné il est doué d'un pouvoir calorilî({ue d'autant plus grand qu'il a lui-même besoin, pour son fonctionnement, d'une plus grande proportion de chaleur. Ce n'est pas ce procédé qu'emploie la nature; à côté de l'élément réellement actif nous trouvons l'élément calorificaeur, qui fournit au premier la force indispensable à son fonctionnement; c'est ce qui explique la présence, dans le muscles et surtout dans les centres nerveux, de cette grande quantité de corps gras qui sont comme des foyers innombrables où se développe la chaleur vitale.
Aussi peut-on considérer avec raison certains éléments organiques {graisses, substances hydrocarbonécs) comme des matériaux de calorification déposés spécialement au sein des tissus pour y brûler et répandre la chaleur nécessaire au fonctionnement des organes, et certains autres {fibres musculaires, fibres élastiques, cellules nerveuses, etc.) comme constituant des mécanismes plus ou moins ingénieux qui
8 INGESTA ET ALIMENTS
s'alimentent aux dépens des premiers et qui bénéficienl de leur oxydation pour exécuter le tiavail spécial auquel ils sont destinés (mouvenieiils, actions nerveuses).
Mais comme la plupart des éléments organiques, quel que soit le pouvoir calorifique de quelques-uns d'entre eux, constituent par eux-mêmes une source insuffisante de chaleur et ne peuvent produire seuls la force nécessaire à leur fonctionnement, ils ont besoin du secours des iiu/esta, dont un r^rand nombre, à peine introduits dans le san^;, agissent comme de véritables combustibles destinés à fournir aux organes et aux appareils la chaleur dont ils ont besoin pour leur activité et leur fonctionnement.
vj i. — Ainsi, dans son acception la plus générale et la plus naturelle, le mot inr/esta désigne tous les matériaux étrangers qui pénétrent dans l'organisme et qui sont destinés soit à son entretien (à Vassimilation), soit à son fonctionnement (à la calorification) , aussi bien l'oxygène que l'animal respire et l'eau qui constitue les 0,75 de ses tissus, que les substances solides contenues dans ses humeurs et incorporées à ses tissus. C'est donc un tort, croyons-nous, de restreindre, comme on le fait habituellement, l'application de ce terme aux matériaux introduits dans l'organisme par l'unique voie de l'appareil digestif. De même, le mot cxcrda doit désigner tous les résidus qui disparaissent de l'économie sous l'influence de la désassimiiation, par les diflérents appareils sécrétoires (reins, peau, intestins, poumons, etc.), aussi bien les gaz qui s'éliminent par l'appareil respiratoire que les matériaux solides et liquides qui constituent les matières fécales, les sueurs et les urines (1).
{\) En général, ks pliysiologislcs cl les hygiénistes ont licaucoup trop restreint le rolc (le la nutiilion; ainsi, d'après Michel Lévy i Traité (l'Iiijfjicne ytiliUquc et privée, t. l'f, p. 708), celte fonction comprendrait seulement la préparation et l'emploi du liquide nouriicier, depuis les opérations préliininjircs qui servent à l'élahoration des matériaux destinés aux organes vivanis jusqu'à l'aclc profond (jui fixe la molécule nouvelle dans la trame des tissus; elle cor-