‹ Les aliments d'épargneChapitre 19 sur 146 · CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION

cipes alimentaires assimilables et principes alimentaires combustibles. Cette division, généralement adoptée dans la science, figure dans la plupart des traités de physiologie et d'hygiène puhliés à noire époque.

On sait que Liebig (1), tenant compte, comme ses éminents devanciers, de la composition différente des substances alimentaires, dont les unes, riches en azote, peuvent se substituer aux éléments usés de l'économie et réparer les pertes qui résultent de cotte usure, et dont les autres, dépourvues d'azote, subissent sous l'influence de roxygène une véritable combustion qui activerait, d'après lui, la cousommation de la matière vivante, crut devoir attribuer l'activité des premières à Venlrelien de l'organisme et au développement de la force dans l'économie, et l'utilité des secondes à la produclion de la chaleur animale.

« On a donné le nom d' aliments plastiques , dit-il ('2), à l'albuininc, à la fibrine et <à la caséine, par la raison que ces substances sont les seules d'entre celles que fournissent les règnes végétal et animal, qui puissent produire dans la nutrition les parties essentielles du sang et des organes des animaux. 11 faudrait y joindre encore l'albumine du sang, parce qu'elle fait partie du corps des animaux et qu'en cette qualité elle contribue à la nutrition. »

Huant à l'eau et à la graisse, qui font également partie des éléments constituants des humeurs et des tissus, comme elles n'ont jamais d(3 forme propre et qu'elles prennent toujours la forme des organes dont elles remplissent les pores, Liebig ne les considère point comme des aliments assimilables, mais les met au rang des aliments respifatoires.

Malgré l'importance et la valeur qui ont été attribuées généralement à cette division des aliments en plastiques et res-

H) Liebig (J.), Chimie onjanique uppluiuée <i la jiliijsioluijic animale et ù la pathologie. Paris, 18i"2.

(2j Liebig, \ouv les lettres sur la chimie, p. 116.

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piiatoires, celle-ci n'est fondée que d'une manière générale; car, comme plusieurs physiologistes l'ont fait remarquer avec beaucoup de raison, le pouvoir réparateur ou calorifique de certains élémenls ne dépend souvent que des conditions dilïérentes dans lesquelles est i)lacé l'organisme, au point de vue de son entrelien et de son fonctionnement.

« L'animal privé d'une nourriture suffisante, dit Longet(J), continue à absorber de l'oxygène; il brûle d'abord ses graisses, puis son sang et ses propres tissus, de telle sorte que les substances qui avaient fait partie intégrante de sa masse organique fournissent des matériaux à l'oxygène de la respiration et deviennent ainsi aliments respiratoires. Au contraire, chez un animal qui engraisse, une certaine quantité des aliments dits respiratoires so dépose dans la trame des tissus dont elle devient partie constituante, c'est-à-dire qu'elle est transformée en aliment plastique. »

(( Bien que l'on ait généralement admis, fait remarquer de son côté II. Letheby (:2), les opinions bien connues de Liebig sur les fonctions dynamiques et productrices de force des éléments azotés ou plastiques de la nourriture et sur les propriétés thermiques ou respiratoires de ses éléments carbonés, cependant il est de nombreuses raisons de croire que ces deux classes d'aliments peuvent l'une et l'autre remplir exactement les mêmes fonctions relativement au développement de la force. »

Remarquons en outre que les aliments plastiques i)euvent donner de la chaleur comme les aliments respiratoires, que les oxydations même incomplètes produisent souvent autant de chaleur que les combustions les plus parfaites.

Enfin, la division de Liebig est défectueuse selon nous, parce qu'elle repose sur des faits théoriques qui ne peuvent

(1) Longet, Traité de physiulogie, 2e éditiou, t. I, p. 35.

(2) H. Létheby, Les aliments. Conférence faite devant la Société des sciences de Londres. Traduit par l'abbé Moigno. Paris, 1889.

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