NÉCESSAIRE A L'HOMME
soustraites au calcul; îl° à ce que les chiffres donnés par Moleschott pour exprimer le minimum de la ration normale de l'homme adulte ont été obtenus chez des sujets encore jeunes, n'ayant pas encore achevé leur développement, et chez lesquels il ne pouvait exister d'équilibre entre les recettes et les dépenses de l'économie.
Quoi qu'il en soit, les résultats obtenus d'une part par Petienkoffer et Voit, d'une autre part par Moleschott, prouvent suffisamment que le minimum de la nourriture nécessaire chaque jour à l'homme pour son entretien doit être représentée par une somme de matériaux supérieur à celle que constituent les pertes de l'organisme en vingt-quatre heures. Par conséquent, les chiflres suivants donnés par Payen, et qui indiquent les déperditions journalières de l'homme adulte, doivent être considérés comme insuffisants pour représenter sa ration d'entretien :
Azolc. Mal. azotées. Carbone.
gr. gr. gr.
ri'ines en moyenne (émises en ::!l lif''»). li-jOgi' 14,5 94,25 45
Excréments solides IGO ) t- - o- ^- ,~
Mncus divers, exhalations cutanées j <- -«î ^,'^ ^
Respirations » » tôO
ToT.\u.\ • iO 13U 310
Maintenant que nous connaissons approximativement la quantité d'éléments nutritifs qui doivent constituer la ratiun iV entrelien de l'organisme, il est nécessaire de déterminer la ration supplémentaire que nécessitent l'activité de nos organes, le développement de la force et la production du travail dans l'économie. C'est ce qui constitue la ration d'activité.
Dans le tableau suivant, de Gasparin (l) a indiqué les quantités d'azote et de carbone ({ui doivent figurer dans le régime quotidien de rhomnie pour subvenir à l'entretien des tissus et à la consommation du travail corporel :
i\, A. de Gasparin, Couik d\i(jvicuUiUL\ l. V, )i. :J'.i(i
96 l!.V I ION \I.I.Ml..\iA II;L
A/olc. Carbone.
lialiou d'ciilietieii 12,51 -2(U,or>
— de travail l'^.^O 15,0(1
lialiou tolal.- -'ô,OI 309,06
Ainsi, d'ainès cel auteur, le supplément de nourriture nécessaire à l'homme rpii travaille doit renfermer la même quantité d'azote et seulement 1/(1 ou 1/7 de la dose de carbone contenus dans la ralion d'entretien.
Cette estimation est très-insuflisante, comme l'ont démontré les recherches ultérieures laites par j)lusieurs physiologistes. En elfet, Léthehy (1), prenant la moyenne des diveis résultats donnés par Playfair, PetlenkofTer et Voïl, a évalué ainsi les rations alimentaires nécessaires à Tortianisme humain, dans les conditions suivantes :
HKi.niK i;i III ll||^^• Azulc. Ciirbuiic.
Dc'sœuvmiicnt l'2,l 249,7
Travail ordinaire 20,7 373,0
— aciif 25,0 378,2
D'après ces chifires, on voit que tout homme soumis à un travail actila besoin chaque jour d'un supplément de nourriture représenté par l.S^'',8 d'azote et 1:28^'',.") de carbone.
Reste à déterminer maintenant dans quelle proi)orlion doivent être associés cet azole et ce carbone dans l'alimentation de l'homme qui travaille. A ce point de vue, les chilîres donnés par Payen el deGasparin sont bien contestables. Mais comme il résulte des expériences de Brunner et deValentin, que sur 510^'', W d'oxygène utilisés par l'économie, 8yU''',5 se trouvent dans l'acide carbonique expiré el 168^''',6 se combinait avec de l'hydrogène pour former de l'eau, on peut en conclure que sur 100 calories développées chez l'homme, 81,5 sont dues à la combustion du carbone et 18,5 à la combustion de l'hydrogène des matières nutri-
■ Il Loc. cil., 1'. llU.
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lives. Cela posé, il nous est possible, grâce aux importantes déductions que l'on peut tirer de la théorie mécanique de la chaleur, d'évaluer en kilogrammètres le travail exigé en telle ou telle circonstance de l'organisme humain.
Mentionnons d'abord les deux expériences suivantes, faites par Hirn (1), et qui vont nous permettre d'arriver au résultai que nous nous proposons.
Prenilèrc expérience. — Dans une lieure, un homme adulte absorbant une quantité d'oxygène égale à 29^', 05, le nombre de calories développées dans le même temps était de 155; d'où il résulte que 1 gramme d'oxygène absorbé produit 5"'V^-(-)-
Pendant une marche ascensionnelle , le travail exécuti'' était de 27 448 kilogrammètres par heure; l'oxygène absorbé dans le même temps était de 1.31ë',74. Ces lol^'- 74 d'oxygène absorbé auraient produit à VeUil de repos 087'='*, (38, à raison de 5'-'', 2:3 par 1 gramme d'oxygène; or il ne se produisait en réalité que 251 calories.
Donc 087 '^«',08 — 251 -^^^ = 430'"'', 7, étaient employées : 1° à produire un travail mécanique externe de 27 448 kilogrammètres; 2" à maintenir la température du corps; 3" à produire les travaux moléculaires internes.
On déduit que, dans la machine humaine, 27 -448 kilo- ( grammètres résultant de la transformation de 430 calories, 1 calorie produit 02,0 kilogrammètres.
Deuxième expérience de Hirn. — Le travail produit dans une heure élait de 20750 kilogrammètres ; l'oxygène absorbé
(1) Voy. Ilira, E.vposllion amiUjlique et e.rin'riinrnluk de lu lliéuiie luécdniijiie de la cliiileur, Colniar, I8G2, p. 8:2.
("2) On sait que runité ile chaleur ou calorie est la quanlilc do clialeiir nécessaire pour porter 1 kilogramme d'eau de 0 à 1« cenligraile, et que cette quantité de chaleur transformée en travail équivaut à 1:2.') hilogrammetres, le kilogrammètrc (''lanl la force nécessaire pour soulever un kilogramme à un mètre de hauteur.
.Marvaiu. — Aliments d'épargne. 7