‹ Les aliments d'épargneChapitre 34 sur 146 · NÉCESSAIRE A L'HOMME · texte numérisé non relu

NÉCESSAIRE A L'HOMME

et travaillant six heures, il fait un travail représenté par 56160 kilogrammètres.

» Comme à 1 calorie, dans la machine humaine, correspondent 6:2 kilogrammètres, on en déduit que 56 160 kilogrammètres exigent pour se produire 905 calories.

» La chaleur de combustion du carbone étant 8, celle de l'hydrogène o5, et sachant qu'au repos le carbone et l'iivdrogéne absorbés sont comme 18 est cà 1, il n'y a plus qu'à déterminer combien il faudra de l'un et de l'autre pour produire 905 calories.

» Soit ^^ la quantité d'hydrogène demandée et y la quantité de carbone, on a :

~ = -~ et 35 .T + 8 y = 905

D Effectuant les calculs, on a :

y=ïS.T 35 .T+ 144 a- = 905

X [~y — 905 d'oii X = -p=7- = 5 1 /y

y =18x5 ou 90.

» Donc un homme, pour produire un travail mécanique de 56 160 kilogrammètres, a besoin de 90 grammes de carbone et de 5 grammes d'hydrogène de plus qu'un homme au repos. Si, au lieu de travailler pendant six heures, il travaille pendant douze, il consommera deux fois plus, c'est-àdire 180 grammes de carbone et 10 grammes d'hydrogène. » Ces chiffres, qui correspondent à 1123^0 kilogrammètres (représentant à peu près la moyenne du travail réel que peut faire le corps humain) , se rapprochent beaucoup des résultats suivants donnés par Létheby (1), d'après les recherches faites à ce sujet par un grand nombre de savants (Hauglon, Playfair, Yogel, etc.) :

(1) Létheby, loc, cit., p. 99.

100 RATION ALIMKNTAir.E

KLXNTITK NATIRE DU TRAVAIL. DE TRAVAII. EN KILOGHAMMKTHEs. ALToUlTÉS.

Ouvrier maçon transiiortant des briques. -2-21 970 Maglieii.

Ouvrier extravaiit de la liouille 1"8 817 —

Ascension au^'aulliorn 1 i8 Cn6 \S islicenus.

l'2y 0% Fick.

Montant une roue ••''J ^''1 Maghen.

ll'.l ((."iO Ed. Smith.

Attaché à un man.-ge il .') 82 1 Coulomb.

Piélon f-20 milles par jour) KW iy» Hau»thon.

, 10<J 012 Coulomb.

Portefaix l*^»! 270 —

".10 ;J1G Uauglon.

Ce qui fait en moyenne Io.jSIO kilogrammèlres, tandis que le travail interne qui ré.sulte »lu fonctionnement de la respiration et de la circulation n égale que i<''l 7:28 kilogrammètres.

D'apPL-s cela, on voit combien les chiffres donnés par de Gasparin et par Paycn sont insuffisants pour exprimer la ration de travail nécc-^sairc à l'homme. Si H-', 51 d'azote et :264--'",OJ de carbone sont indispensables à l'organisme en repos (qui exécute alors 8^728 kilogrammètres par le jeu de ses principaux appareils), il faudra ajouter à l'alimentation plus de H-', 50 d'azote et de i5 grammes de carbone, quand on exigera en outre de ce même organisme 1.">.'3 810 kilogrammètres, comme cela arrive pour le travail de la plupart des manœuvres et des artisans, et comme l'ont démontré les expériences entreprises par les autoiMtés les plus compétentes (Maghen, WisUcenus, Fick, E. Smith, Coulomb, Haugton, etc.).

A un travail déterminé correspond, une proportion de combustibles ou d'aliments déterminée. Si nous prenons les chiffres donnés par de Gasparin pour représenter la ration de l'homme (12?'",51 d'azote et :26i-'',00 de carbone, qui correspondent à un travail effectué de 8-2 7:28 kilogrammètres), on voit que, pour un supplément de travail représenté par 133810 kilogrammètres, il faut une ration supplémentaire représentée par l9-'',4 d'azote et 41 7?', 0:2 de carbone. Tels sont les résultats que nous présentons dans le tableau sui-

NÉCESSAir.K A L'HOMMK. 101

vanl et qui diffèrent considérablement, comme on le voit, des cliiffres qui figurent dans les ouvrages de Gasparin et de Payen comme exprimant la ration de travail, mais ({ui se rapprochent assez des évaluations fixées par Létheby, d'après les résultats obtenus par Playfair, Pettenkoffer et Voit. ( Voy. p. 06) :

ItATION ALIMENTAIRE .NÉCESSAIRE A L'HOMME, D'APRÈS L'AITEIR.

Azote. Carltoiie.

sr. sr.

Ration d'entretien l'2,.j ^Gl.Of.

Ration de travail l'.l,i .ilT,0"2

Ration totale 31,!» 08! ,U8

II — Détermination de la ration alimentaire nécessaire à l'homme, d'après la richesse en aaote et en carbone des divers régimes auxquels sont soumis les ouvriers et les soldats.

§ 1 . — On sait que la seconde méthode, employée pour la détermination de la ration alimentaire nécessaire à fliomme, repose sur l'observation du régime journalier auquel sont soumises certaines classes de la société (ouvriers, soldats, marins).

Cette étude a été laite depuis longtemps, en Angleterre , par E. Smith (l), qui s'est livré à une série de recherches très-intéressantes, dans le but de déterminer la proportion d'éléments nutritifs contenus dans le régime hebdomadaire des ouvriers de la Grande-Bretagne. Il résulte de son étude que les pauvres ouvrières de Londres, qui sont les plus mal nourries, subsistent avec une ration quotidienne de 8?'", 79 d'azote et de :2i:2 grammes de carbone. Les ouvriers les mieux nourris reçoivent chaque jour dans leur alimentation -IC) grammes d'azote et â79^''',i3 de carbone.

La moyenne du régime des ouvriers dans la Grande-Bretagne égale lo?'',0:2 d'azote et 31 7-', -20 de carbone.

(1) E. 'Siaiih, ProceeiliiKjs of tite roijal Sviielij. IX.

l^g- RATION ALIMENTAIRE

En France, nous devons à Payen (1) et à de Gasparin (2) l'analyse des rations suivantes :

Azule. Caibone»

gr. gr.

Ouvrier ac^riculteur des fermes de Vaucluse 212,1.") 50:2,27

" du canton de Vaud 27, S l 59G,27

Laboureur du Nord ;il ,30 710,52

AirricuUeur de la Corrèzc 2l,2() 710,60

Ouvrier do Loinbardie 27, (iO (501,60

— irlandais 18,50 6611,80

— anglais employé au chemin de fer de Rouen.. IJl/JO 184,10

Il est regrettable que Payen et de Gasparin n'aient pas porté leurs recherches non-seulement sur le régime des ouvriers des campagnes, mais encore sur celui des ouvriers des villes et des manufactures, comme Ta lait E. Smith en Angleterre.

Ils auraient constaté bien certainement une proportion encore plus faible d'azote et de carbone dans l'alimentation de cette classe si intéressante de la société. Il y a bien peu d'ouvriers, en effet, dans les fabriques et dans les ateliers des grandes villes, qui aient un régime comparable à celui des agriculteurs en général , abondamment pourvus de pois, de pommes de terre, de lard, d'huile, de fromage, etc., comme le montrent du reste les tableaux contenus dans l'ouvrage de Payen {o). Piéduils le plus souvent à prendre leur nourriture dans des restaurants à des prix très-modéréx, ou vivant dans leur ménage, et recevant alors à leurs repas des mets préparés à la hâte et souvent de mauvaise qualité, ceuxlà ont une ration alimentaire bien inférieure en quantité et en qualité à celle du travailleur des champs.

Il y a un bien plus grand reproche à faire aux évaluations données par de Gasparin et par Payen, c'est qu'elles reposent sur des documents certainement discutables, et qui ont d'autant moins de valeur aujourd'hui qu'ils ont été relevés à une époque déjà éloignée; or on sait combien

(1) Loc. cil., p. 505 et suiv.

(2) Voy. Courx (l'agriculture, t. V.

(3) Loc. cit., p. 505.

DES OUVr.IERS EUROPÉENS. 103

ralimeiilalion publique ;i subi depuis viiigl aus de modifications et d'améliorations importantes au sein des classes pauvres et laborieuses.

§ :2. — Telles sont les principales raisons qui nous ont engagé à présenter de nouvelles évaluations des rations alimentaires, établies sur les .statistiques les plus récentes et les plus rigoureuses. Ce travail nous a été possible, d'une part, grâce au magnifique ouvrage de F. Le Play (1), où nous avons pu relever laborieusement les rations alimentaires auxquelles sont soumises les principales classes ouvrières de l'Europe; d'une autre part, grâce aux renseignements précis sur le régime nutritif des armées européennes, qui ligurent dans les statistiques publiées pendant ces dernières années en France et à l'étranger.

1" RATIONS ALI.MENTAIRES DES PRINCIPALES CLASSES OUVRIÈRES DE l'eUROPE.

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