‹ Les aliments d'épargneChapitre 48 sur 146 · IH · texte numérisé non relu

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On voit que la moyenne de ces chilTres, (jbteniis par la com-

paraison des rations alimentaires habituelles aux ouvriers et aux soldats européens, se rapproche singuiièreinent de la ration alimentaire nécessaire à l'homme qui travaille, telle que nous l'avons déterminée plus haut, en nous appuyant sur des considérations exclusi\ement théoriques {oïl t;rammes d'azote et 680 grammes de carbone). L'étude du tableau piécédent permet en même temps de constater l'augmentation jirogressive que présentent l'azote et le carbone contenus dans les divers régimes présentés plus haut, à mesure que le travail auquel est soumis chaque individu semble plus pénible et plus fatigant. C'est ce qui a lieu notamment poui" les artisans employés à de durs travaux dans les ateliers, dans les usines, dans les mines et dans les manufactures.

Malheureusement, il faut bien l'avouer, ce supplément de principes alimentaires, nécessaire au développement de la force dans l'organisme qui travaille, est presque toujours insuffisant, et quand on compaie la richesse en azote et en carbone du régime nutritif de la plupart des ouvriers aux chilTres qu'exige la théorie (environ .34 grammes d'azote et (•8(1 grammes de cai'bone), on trouve dans presque tous les cas un déficit plus ou moins notable; et malgré ce déficit, cependant, on constate dans les campagnes les plus pauvres et les moins productives, comme dans les vastes ateliers et dans les sombres manufactures où le travail et la misère s'accouplent si souvent l'un à l'autre, une force de résistance considérable contre la fatigue et une éneraie remarquable contre toutes les causes qui énervent l'homme, qu'elles proviennent du besoin ou de la débauche.

A quoi cela peut-il tenir? Par quel privilège ces organismes, alimentés par des matériaux insuffisants, peuvent-ils développer une si grande somme de travail? Quel est l'agent qui les impressionne si merveilleusement, alors que leurs receltes semblent presque toujours inférieures à leurs dépenses?

Telles sont les questions qui se pi-isenlent lout naturelle-

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