‹ Les aliments d'épargneChapitre 54 sur 146 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

-NÉCESSITE INSTLNCTIVK DKS HOISSONS AUTlFItJKLI.KS Clll-.Z TOUS I KS l'F.I'PI.ES.

î^ 1". — 11 y a un Tail qui a ilù frapper de l)onne heure Tesprit de ceux qui s'occupent d'économie î^ociale et d'iiygiène publique : c'est que, dans les pays où l'homme est soumis à uu travail exccssil", tout en étant forcément restreint dans son alimentation, il introduit dans son régime ordinaire, par une sorte tf instinct physiologique non raisonné, une suhstance qu'il reciierche et qu'il préfère .entre toutes, bien que l'analyse chimique démontre en elle des propriétés nutritives faibles et insuflisantes, et cela malgré les lois et les préceptes de l'hygiène qui a signalé depuis longtemps les maladies, les inhrmités et les dangers fatalement liés à l'abus de chacun de ces aliments de prédilection.

L'Europe, qui est la contrée la plus intelligente, la plus civilisée et la plus active du globe, est en même temps celle où ce fait la plus grande consommation de ces substances, recherchées par l'ouvrier et par le manœuvre, surtout dans les grands centres de commerce et d'industrie. Parmi cellesci, lapins commune et la plus l'épandue dans nos contrées est sans contredit l'alcool, qui, sous des formes mnombrables (eau-de-vie, rhum, wisky, etc.) et dans les combinai-

i'ô', NhCF.SSITl': INSTINCTIVF,

suns les plus variées (vin, bière, cidre, poiré, etc.), se consomme sur une vaste échelle clans tous les Etals européens, et suitout parmi les populations les plus laborieuses cl les ])lus actives (Français, Anglais).

A côté de l'alcool, deux autres boissons se sont introduites dans l'alimentation journalière : nous voulons parler du café et du thé, qui, l)ien que nouveaux venus en Europe, ji'y sont pas moins rohjct d'une consommation déjà considérable; il en est de même du chocolat, employé surtout en Espagne et en Italie; tandis que la France, rAllcniagnc, la Suisse et la Turquie se délectent avec le café, el la llollandi', la lUissie el l'Angleterre avec le thé, les populations misérables de l'Irlande emploient l'écorce de cacao, qui provient des moulins à chocolat de l'Italie et de l'Espagne, pour se procurer cette boisson chaude qu'elles recherchent et préfèrent à toute antre.

•' L'Asie éprouve le même besoin, dit Johnston, el elle le satisfait .depuis longtemps de différentes manières. Ee café, indigène de l'Arabie ou des contrées adjacentes, a suivi la bannière du Prophète dans toutes les parties de l'Asie et de l'Afrique où la fausse croyance a triomphé. Le thé, produit de la Ehine, s'est r<''pandu spontanément dans les contrées montagneuses de F Himalaya, sur les plateaux de la Tartarie et du Thibet, et dans les ])laines de la Sibérie... .1 Sumatra, la feuille de cah'- foui nit le th('' favori de la population à peau brune. »

En Afrique, le musulman n'endure la privation de vin qu'en faisant abus de café, de tabac et d'opium; il l'ail lormenter le lait de ces juments et se délecte avec le

liOUlNiSS.

En iVmérique, outre l'alcool, qui, sous différentes formes, s'importe d'Europe ou se fabrique dans le pays môme, il y a un ceitain nombre de boissons privilégiées dont nous aurons à faire l'étude. Comme en Europe, ces boissons dillèren

DES BOISSONS AIlTiF IG1ELLE>. 13.".

suivant ie pays que rou considère. Ainsi, tandis que, dans l'Amérique centrale, les Indiens pur sani: et les créoles de races européennes plus ou moins mélang"(''es s'en tiennent à leur ancien chocolat, dans l'Amérique méridionale, c'est le thé du Paraguay ou le maté qui est le hreuvage de prédilection. Parmi les trihus indigènes de l'Amérique septentrionale, c'est le thé des Apalaches, le thé Oswéga, le thé Salvador, etc. ; au Pérou, an Paraguay, dans la Bolivie, c'est la coca; dans les États-Unis, à la Floride, à la Géorgie, et dans toutes les iles des Indes occidentales, les races européennes s'en tiennent à leur cale favori, tandis qu'au nord des États-Unis et dans les provinces britanniques, le thé de (ihine est d'un usage quotidien et constant (Johnston).

11 n'y a pas jusqu'à l'habitant du pùle qui ne se procure une boisson stimulante au moyen des champignons ({ui poussent dans ces régions glacées.

(' Une chose digne de remarque, dit Brillât-Savarin (l), est cette espèce d'instinci, aussi général qu'impérieux, ({ui nous porte à la recherche des boissons l'ortes... Tous les liommes, même ceux qu'on est convenu d'appeler sauvages, (int été tellement tourmentés par l'appétence de ces boissons, qu'ils sont parvenus à s'en procurer, quelles qu'aient été les bornes de leurs connaissances.

" Ils ont fait aigrir le lait de leurs animaux domestiques; \l> ont extrait le jus de divers fruits, de diverses racines ofi ils ont sou[tçonné les éléments de la fermentation; et, partout Mil l'on a rencontré des hommes en société, on les a trouvés munis de liqueurs fortes, dont ils faisaient usage dans leurs festins, dans leurs sacriHces, à leurs mariages, à leurs funérailles, enfin à tout ce qui avait parmi eux quelque air de fêle cl de solennité...

;> Ceth' soif d'une espèce de liffuidr- que la nature avait

(Il Hiillnt-Savarin, Plnjsiolo'jie du rjoiit.

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