NÉCESSITK INSTINCTIVK
environné de voiles (l'alcool), cette appétence extraordinaire qui agit sur toutes les races d'hommes, sous tous les climats et par toutes les températures, est bien digne de liser l'attention de Tobservaleur philofdplie. .Fy ai songé comme un autre, et je suis tenté de mettre Tappétence des liqueurs l'ermcntées, qui n'est pas connue des animaux, à côté de Finquiétude de l'avenir, qui leur est également élrangère... •> Liebig fait la même remarque à propos des boissons aromatiques dont la consommation tend à dépasser celle des boissons alcooliques parmi les nations civilisées. (.( Sans doute, dit-il (1), des millions d'hommes ont vécu sans connaître le thé ni le cale, et l'expérience journalière démontre qu'on peut s'en passer dans certaines conditions, sans nuire aux fonctions [uii'cment animales de l'économie ; mais il serait certainement faux de dénier pour cela tout eflét utile à ces boissons, et il reste à savoir si, n'ayant ni llié ni café, Tinstinct populaire ne clici'chorail et ne trouverait pas les 'moyens de les remplacer. La science, qui nous doit encore tant sous ce rapport, nous dira si c'est véritablement par TelYet d'un penchant vicieux que chaque peuple de la tes re s'est approprié un semblable moyen d'exciter les fonctions nerveuses, depuis les bords de l'océan l\icitique, où l'Indien se retire des journées entières dans la solitude pour y jouir de l'ivresse du coca, jusqu'aux régions arctiques, oît les Kamlscbadales et les Koriackis juéparent une Ijoisson enivrante avec des champignons vi'nrneux dits iiiort-auj-
» lime parait, au conlraiie, lort vraisemblable, sinon ctTlain. que riiomme éprouvant, dans la vie agitée de notre époque, certaines lacunes ou certains besoins qu'il ne peut pas combler ou satisfaire par la quantité, a su trouver pai' instinct, dans ces produits végétaux, le vrai moyen de don-
(I) J. Liebig, XonreUcs lettres .^ur la chimie, \i. '2iG el '2i~.
DES UOISSONS ARTllICIELLKS. 137
lier à sa nourriture journalière la qualid' qui lui manquait. ')
v; -1. — Dans un chapitre précédent, nuus avons insisté sur Tusaiie presque universel des boissons spiritueuses et aroina'iqucs parmi les classes ouvrières de rEuro[ie. Les cliilli'cs <i-dessous indiquent à quelle proportion.considérable s'élèv(3 la consommation de ces boissons artilicielles dans L'S diverses conti'ées du globe :
Alcool. — En France, la consonnnation de Talcuolj qui n'était que de ."350 000 hectolitres en 18:20, s'est élevée à 585 000 hectolitres en 1850 et à 078 000 hectolitres en 1800, non compris les quantités qui échappent aux dioits.
En 1850, sur UiOOOO hectolitres d'alcool fabriqué en France, 850 000, c'est-à-dire les 9/iO, provenaient delà distillation des proihiil-d(3 la vigne; en 1800, sur 1 400000 hectolitres d'alcool , les mêmes produits n'en fournissaient plus que iiOOOO, à peine les 3/10; le surplus provenait de la distillation des betteraves, des mélasses, des grains et autres sulistances farineuses.
Aussi l'hectolitre d'alcool, qui vnluit -JOO francs en J85lî, ne se vend-il plus aujourd'hui que 50 francs; et le nomljrc des débits de boissons a atteint progressivement la proportion de 1 débit sur 10-2 habitants (I).
Cafk. — En France, l'endant chacune des années 18.jO et 1 83 1 , on en a importé en moyenne ... 9 300 000 kilog.
Pendant les deux années suiv. (18.32
et 1833) ." 0 OUI Mil 10 .)
En 1851 18 050 000 >
En 1802 37 700 022 »
(Paveii;.
(î) Dédaralioii ile l'association fi atiraise contre l'oints îles Ijoissons alcooliques, mars 187:2.