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CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES

Nous ne dirons que quelques mots des principes qui ont pu être isolés par la chimie du contenu des alcools mauvais lioût. Parmi eux, celui qui a excité le plus l'intérêt des physiologistes et des hygiénistes est sans contredit Valcool umyUque qui, à peine isolé par Fourcroy et Yauquelin des derniers produits de la distillation à feu nu de la fécule de pommes de terre, a été l'objet de recherches intéressantes de la part de G. Pelletan en 18:25, de Fuerst (de Berlin) en 1845 et de Gros (de Strasbourg) en 1803. On trouve très-fréquemment associé avec lui un principe analogue, Valcool hi(hjliqi(c, dont le rôle dans l'organisme a été élucidé également par Gros et tout récemment parRabuteau.

Enfin, il faut citer parmi les substances étrangères contenues dans les alcools mauvais goût d'autres principes qui, tout en étant moins connus que les précédents, semblent jouir pourtant d'une activité physiologique incontestable. Tels sont Vaclde œnantJiique, analogue aux acides gras, susceptible de se transformer peu à peu en éthcr par sa réaction sur l'alcool, et qui constitue en grande partie VJtxih de V cav-de-vie de blé; VétJier omanUiique , incolore, trèslluide, d'une odeur vineuse qui étourdit quand on le respire de près, très-soluble dans l'alcool, quel que soit le degré d'hydratation de celui-ci; il bout entre 225" et 230", et est contenu en proportion notable dans l'A ^//e de Veau-de-vie de marc de raisin, où il est associé à de l'alcool ordinaire, à de l'eau, à de l'alcool amylicjue, etc. ; V aldéhyde, liquide incolore, lrès-lim})ide, d'une odeur éthérée et suftbcante, excessivement volatil (il bouta ^1",8) et très-inflammable; enfin la (jhjcérine, liquide, incristallisable, sans odeur, d'une consistance sirupeuse, d'une saveur sucrée, très-soluble dans l'eau et dans l'alcool, inflammable sur les charbons.

,§ fi. — Nous nous bornerons à ces considérations préliminaires. Elles suffiront, nous l'espérons du moins, pour faire comprendre au lecteur combien il est important, dans

ir>l L'ALCOOL.— CONSIDÉRATIONS PllÉLIMINVI HKS.

celle étude du rôle de ralcool dans l'organisme, de tenir compte des principes étrangers nécessairement associés à ce liquide, dans les nombreuses formes sous lesquelles il est employé dans la consommation publique. Elles expliqueront en partie l'innocuité que nous croyons devoir attribuer à l'alcool dilué, vis-à-vis du fonctionnement et de la nutrition de nos organes, et la part beaucoup plus restreinte et presque insignifiante que nous avons assignée à ce liquide, dans la production des troubles fonctionnels et des altérations organiques, habituellement rangés sous la qualification d'alcoolisme aigu ou chronique. Elles justifieront on même temps la distinction que nous avons eu soin de faire, dans notre travail, entre les effets qui résultent de l'action physiologique de l'alcool pur (C'IPO'-) et dilué, et les influences spéciales qu'exercent dans l'organisme, tant sur le système nerveux que sur le mode de fonctionnement et sur la constitution des éléments organiques, les divers principes plus ou moins actifs associés à l'alcool, et par lesquels le tableau de l'alcoolisation aiguë ou chronique est presque toujours fatalement influencé et diversement modifié.

Le lecteur comprendra donc avec quel soin, avant de commencer nos recherches, nous avons dû nous assurer de la provenance, de la pureté et de la qualité des boissons alcooliques dont nous nous sommes servi dans les expériences que nous avons faites sur les animaux et sur l'homme, pour en déterminer l'action physiologique et thérapeutique.

EFFETS PHYSIOLOGIOIES DE L'AECOOL

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