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VOIES D'INTRODUCTION DANS L'ORGANISME. 15'J

ment à l'actiGn de l'alcool la congestion de la muqueuse stomacale que quelques observateurs ont constatée chez l'homme et chez les animaux, à la suite de l'ingestion de grandes quantités d'eau-de-vie; souvent cette turgescence des vaisseaux s'explique tout simplement par le travail de la digestion.

Quand l'alcool est ingéré dans l'estomac à un degré inférieur à 1:2" c, comme cela a lieu pour les boissons fermentées (vins, bières, cidre, poiré, etc.), il procure une chaleur douce et bienfaisante, stimule les forces digestives et détermine un sentiment de bien-être et d'aisance qui se répand dans l'organisme tout entier. Il diminue la sécrétion du suc gastrique et agit d'une façon contraire à celle de l'éther, qui augmente les sécrétions stomacales (Cl. Bernard) (l), facilite la dissolution de certains aliments (corps gras, quelques variétés de sucres, caséuin, alcalis végétaux, etc.) et coagule le mucus et l'albumine qui se trouvent dans l'estomac (Magendie) (2).

Leuret et Lassaigne (.:>), se fondant sur ce que l'alcool se transforme en acide acétique quand il est en présence d'une matière animale, à une température de 15" à 30", admettent que le même phénomène se passe dans l'estomac, sous l'influence du mucus, qui joue le rôle de ferment, et de la températui'e (variant entre .07" et 39" c. ) habituelle à cet organe.

Mais, d'après L. Lallemand, Perrin et Duroy (i), <|ui ont expérimenté sur des chiens, l'alcool est loin de se transformer en totalité en acide acétique; il n'y en a qu'une faible portion qui subit cette altération dans l'estomac ; ce qui expli-

(Ij Cl. Bernard, Leçons sur les e/fels des substances toxiques et médicamenteuses. Paris, 1857, p. 433.

(2; Magendie, Précis élémentaire de physiologie, i« édition, t. II, p. l'i'l.

(3) Leuret et Lassaigne, Becherches physiologiques pour senir à l'histoire de. la digestion, p. :>00.

(4) Lallemand, Perrin et Duroy, Du nile de l'alcool et des aneslhésiqucs dans l'organisme. Paris, 18()(l.

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que l'acescence des vomissements qui surviennent après l'inoestion immodérée des boissons alcooliques.

i; r>. — Une question inlércssanle est de savoir où se lait l'absoiplionde l'alcool. D'après Bouchardal et Sandras ( 1 ), c'est particulièrement dans l'estomac que cette absorption a lieu; elle pourrait cependant se continuer dans Tintcslin grêle quand les boissons alcooliques sont int:ér('es en grande quantité ou mélangées à du sucre. Cette opinion a été acceptée par Longet {:2), et dans ces derniers temps par Lallemand, P<'rrin et Duroy. Un cbien auquel ces derniers observateurs avaient administré 170 grammes d'alcool à :^1", étant mort au bout d'une lieure et demie, on recueillit dans son estomac à peine 70 grammes d'un liquide clair qu'on ne put même considérer comme étant en totalité de l'alcool (o).

Cependant les observations sur lesquelles se fondent les partisans de l'absorption de l'alcool dans l'estomac nous semblent peu concluantes, en ce sens que la disparition de ce liquide peu de temps après son ingestion peut tenir tout aussi bien à son passage rapide dans l'intestin grêle qu'à son absorption par la muqueuse gastrique.

Kn outre, si nous tenons compte de ce lait, que ïiedemann et Gmelin (i) ont retrouvé dans l'intestin grêle une partie de l'alcool ingéré dans l'estomac d'un cheval trois heures et demie auparavant, et si nous nous rappelons les intéressantes recherches instituées par Bouley (5) pour démontrer que l'eau et dilïérents liquides ne sont pas absorbés

(1) lîoucliardat et Saiidras, De lu digestion des hoissoiis (dcooJiijues el de leur rôle diDis In nulrilioii (Aiiiudes de (hiinie et de phijfsique, ?j'' série, t. XXI,

!.. ir.O).

[i) Loiigct, Eléments de iiliijsiolocjie, '2<' édition, t. I, p. 313.

i3j Lallemand, Pcrrin et Duroy, Du rôle de l'cdcooL etc., p. 0:2.

(4.) Tiedeniann el Gmelin, Recherches sur la route que prennent diverses substances pour passer de l'estomac et du canal intestinal dans le sang. l'ari?, 18"2i, trad. française de Heller.

^"ii T'tmloy, Bulletin de VAradémie de médecine. 1802. I. XVII. p. C7i et 7(13.

VOIKS DINTRODUCTION DANS I.OR (; ANISME. UU

dans resloinac du inèinc animal, nous sommes port(' à penser que la plus jurande [larlio de l'alcool absorl)é dans restomac passe rapidement dans Tinteslin prèle, et que c'est dans cette seconde partie du tube digestif que se l'ait princijtalement l'absorption des boissons spiritueuses. Xos idées concordent, du reste, avec celles de notre savant et bien regretté professeur Kïiss (de Strasbourg) (1), qui pensait que les boissons en général ne font que traverser l'estomac et que, aussitôt après leur ingestion, elles franchissent le pylore, dont l'accès est toujours libre pour les liquides. . C'est un fait à peu près certain, dans tous les cas, que l'alcool passe rajtidement dans l'intestin grêle. Concentré, il y détermine, d'après Jacobi, les mêmes lésions que dans l'estomac : l'inflammation de la muqueuse, des ecchymoses, des infiltrations sanguines, etc. Mais quand il est alisorbé avec une certaine quantité d'eau, comme dans les boissons spiritueuses, il s'hydrate de plus en plus, ne produit aucune altération de la muqueuse intestinale, augmente simplement les sécrétions, active les contractions péristaltiques de la tunique musculaire et favorise ainsi l'évacuation des selles.

Certaines substances ralentissent son absorption; tels sont les acides, le tannin, les matières mucilagineuses et sucrées, et surtout les aliments gras : fait qui, d'après Perrin (:2), justifie la pratique anglaise, qui consiste à prendre un potage très-gras ou un verre d'huile avant de se livrei" aux libations.

.^ '>. — • Quel est maintenant le mode d'absorption de l'alcool?

On sait que l'absorption intestinal-; se fail par deux voies principales : les reines et les rhi/lifè)'es, et que, parmi les substances alimentaires, certaines passent plus spécialement

(l) Kiiss, Cours de phijsio1o(jie, professé à la lariild' de métlecine de Slrasboiirg 187:], "l^^ édilioii, p. 2T'J.

(•2) Perrin, Dirtioiuutire des sciences médicales, arliclo Ai.cooi, (Physiologie). Marval'd. — Aliiiienls d'épa'gnc. 1 1

Itt* i.Ai.r.oiu..

p;ir l'une <Je ces voies. Tiedemann el Giiielin, expérinieiilnnl >m un cheval auquel ils avaient administré de l'alconl ainsi ([ue d'autres substances, avaient signale l'odeur alcoolique dans 11' sang de la veine })orl(', des veines splénique et jnésentérique supérieure, odeur que n'oftraient pas les liquidede.-:- vaisseaux chylirèn^s et du canal llioraci(juc. Magendie avait déjà conslati' (pie l'absorption de l'alcool s'eiïectuail par les veines.

liûucbaidat et Sandras (I), dans une série d'expérience^ faites sur divers animaux (cliiens, poules, canards), confirmèrent les résultats ])récédenti et démontrèrent la présence de l'alcool dans le sang, tandis que le chyle n'en renfermail aucune trace appréciable. Ils ont conclu de > rs t';iit> que h-> ^'oissons alcouliipies sont absorbées |)ar l'unique voie des veines intestinales. Nous l'erons remarquer, avec Longet, que cette conclusion est peut-être trop exclusive, en ce sens qu'une paitie de l'alcool al)sorbé a pu, dans ces expériences, jiasser dans le système cbylilére, mais que la laible }»roportion de ce liquide a empéclié les observateur.-- (Vrn constater la présence.

Ouoi qu'il en soit, saul la laible partie d'alcool qui se transforme en acide acétique dans le tube digestif, ce liquide pé • nètre en nature dans le sang, où sa présence a ét('' démontrée par Magendie (::i), par Ségalas {:)), par Boucbardat et Sandras (i), et dans ces derniers temps par L. Lallemaud, Perrin et Duroy (7)).

(1) Itoucliardat el Saiulra?, Anitules de chiniic el île pi nj su j ne. l'aris, ISiT, t. \\l.

cil Majfeiiilie, /."ron^ aurles phéaomènes phijHhines de lu c;?, l'ar's. t. lil, j>. .".:>.

(3) Loç. cit., p. lUj,

(i) Lor. cit., i>. 03.

(."i) Loc. cit., p. i">ii.

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