CHAPITRE
un-: nKviEXT i.'ai.cuul i>ans i.f: sam;?
§ l". — Nous avons suivi l'alcool pendant son trajet dan> le tube intestinal , où nous avons constaté ses principaux effets sur la digestion. Nous avons ensuite étudié son passage dans les veines rnésentériques, par lesquelles il arrive dans la veine porte; nous avons constaté sa présence dans l'appareil circulatoire. Mais que devient-il maintenant? C'est là que commence l'inconnu; nous touchons à une discussion scientifique qui n'est pas encore terminée.
On croyait depuis longtemps que l'alcool, à la façon des aliments respiratoires, était brûlé sous l'influence de l'oxygène contenu dans le liquide sanguin, et arrivait, par une série de transformations successives, à former de l'eau et de l'acide carbonique. « L'alcool, disait Liebig, occujte un rang distingue comme aliment de respiration (1). »
Cette opinion était partagée par Boucliardat et Sandras {^I), qui avaient conclu de leurs recherches que l'alcool peut être (■ immédiatement converti en eau et en acide carbonique, tout en se transformant quelquefois, d'abard en un produit intermédiaire, l'acide acétique ».
(1) Liebig, Mijuvelles h'Ures fuirla chimie. Kdiliuii fiamaise pulilii'e par Ccrhardt, 18r,;2, p. ti'i.
(2) Bouchardat et Sandras, De la (ii(jestiu)i des boissons ahooliques, et d" leur rôle dans la nalrilinu. p. iôi.
164 l.'ALCOOL.
Oiiclque (omps après, l)ucliek(i) avait publié le résultat (Je SCS cxpéi icnces laites sur iJcs chiens, et d'après lesqjcllcs il avait admis que l'alcool subissait une série de transformations (aldéhyde, acide acétique, acide oxalique, acide carbonique), et passait ainsi graduellement par divers degrés d'oxydation.
Aussi, cette oxydation de l'alcool dans l'organisme était-elle admise par tous les physiologistes, parmi lesquels nous nous contenterons de citer Wœhler, Tiedemann et Gmelin, Longel, Béclard, quand ajtparut l'important mémoire de L. Lallemand, Perrin et Duroy, couronné par l'Académie des sciences en IStH et destiné abattre en brèche les théories de Licbig", de Bouchardat et de Duchek, et à leur substitue)" une théorie nouvelle fondée sur de nombreuses expériences {'2).
Ces auteurs se sont servis, comme on sait, de deux moyens d'investigation pour constater la présence de l'alcool dans les organes : quand ce liquide existait en quantité suflisanle, ils le recueillaient en natui'e par la distillation et constataient directement ses caractères chimiques; quand il était en proportion plus faible, ils avaient recours à une autre méthode fondée sur la propriété que possède l'alcool d'entrer en vapeur à une température assez peu élevée et de déterminer la réduction de l'acide chromique en sexquioxydc de chrome, réduction qui s'accompagie d'une belle couleur vert-émcraude. Dans ce cas, le dosage de l'alcool se faisait par la méthode des volumes, au moyen d'une liqueur titrée, formée par une dissolution de 10 centigrammes de bichromate de potasse dans 30 grammes d'acide sulfurique.
L. Lallemand,. Perrin et Duroy ont consigné les résultats (le leurs expériences dans les conclusions suivantes :
il) Ducliek, Vierleljahischrifi fur die piaklische HeUUunde, 1803. — l'bci' das Verhallendes Alkohoh im Ihierischen Organismus.
(2) Lallemand, Perrin et Duroy, Du rôle de l'alcool el dt's (inestliésiqties<hhts l'onjanisme. Paris, 1800.
(HE DEVIENT CE Llurii>K DANS LE SANG? Km
i' f)n conslale la présence de l'alcool en nature : )) a. Dans les princijiauN. liquides et solides de réconomie, principalement dans le sang, dans le cerveau et dans le foie, d'où on l'extrait par la distillation, dans les proportions suivantes :
San- 1,0»
Foie l,iS
Coiveau 1 ,:U
» b. Dans les produits de l'expiration pulmonairej dans les sueurs et dans les urines.
» !Î' Les liquides et les solides des animaux alcoolisés ne renl'iM-ment ni aldéhyde, ni acide acétique, ni acide oxalique, par conséquent aucun des produits intermédiaires à l'oxydation de l'alcool, comme l'avait admis Ducliek.
» li'alcool passe inaltéré à travers l'organisme et est éliminé en nature par les si'crétions (poumons, peau, reins) » (1).
En 186:2, Slrauch confirma les expériences de Lallemand, Perrin et Duroy, en démontrant comme eux la présence de l'alcool eii nature dans les divers organes (cerveau, foie, r'dns, poumons, rate) et dans le sang. .
!:; -2. — Cette nouvelle théorie fut acceptée avec étonnenienl, mais avec enthousiasme, par le monde savant, et le r(Me âo l'alcool sur la nutrition fut complètement rejeté, malgré tous les travaux antérieurs qui avaient été entrepris pour le d('' montrer.
Cependant les expériences de Lallemand et Perrin n'étaient pas assez rigoureuses pour ne i)as rencontrer de contradicteurs; déjà Piacle (2), auquel ils avaient communiqué leurs travaux pour sa thèse de concours d'agrégation publiée avant l'apparition de leur mémoire, avait été frappé des conclusions si absolues qu'il y avait rencontrées.
(1) Loc. cit., p. -230 et 231.
(i) Racle, Elude sur l'alcoolisme, thèse de concours crogr(''g;ation. Paris, 1800.
ICrt L'ALCOOL.
IVu (le temps après, Gallanl (I) avait appelô r;ill<Miti(iii sur la faible proportion (falcool troiivt'c dans les sécrétions comparai ivoment à la quantité qui avait été absorbée.
Kn ISO.'), K. Baudot (:2), dans un travail très-intéressr.iil publié dans IT/r/o/? luédinilc^ contosia la valeur et la légitimité des conclusions ([ue les savanis professoin's du Val-df- Gràce avaient tirées de leurs expériences.
Il compai'a la quantité d'alcool recueillie dans les sécrétions à la quaiilili'' d'alcool absorbée, ain^i ([ue l'indique le tableau suivant, où sont consit;nés les résultats des principales expérionccs de Lallemand et Pcrrin :
l"= o\)icri(>nco : Alrool iiiijcié, 1:2(1 gr. — .'Jrnu] rfciicilli, (I - ' •"')il - i ceiiliin. cuIj.
•^^ \X'> — '2 grainnics.
i" l"> traces.
' (races.
Il constata que l'aréomètre est sul'lîsant pour déceler la prés<mce de l'alcool dans l'urine, et même pour en mesurer la quantité, quelque minime qu'elle lut ; sur vingt-deux expériences qu'il institua avec plusieurs sujets auxquels il fit ingérer une certaine quantité de vin, o.l en employant l'aréomètre pour déterminer la ricbesse de l'urine en alcool, deux l'ois seulement il trouva ce dernier liquide en quantité appréciable, 0'^'', 75 d'une part et Itl gr. de l'autre; le premier de ces cbitVres correspondait k ringcstion de 1 litres de vin, le second à l'ingestion de :M\Ô centimètres cubes d'alcool. Dans les vingt autres expériences, l'alcoomètre ne décela même pas la présence de ce liquide ; on en constata des trai.'es seulement dans quelques produits, avec la liqueur d'essai (solution de bicbromate de potasse dans l'acide sullurique (^^) employée par Lallemand etPerrin.
Mais Baudot va plus loin, trop loin selon nous, en con-
it) Gallard, Union médicale, nonv. sc'rio, t. X, p. 1T(I.
(2) E. Baudot, Union médicale, 1863, l« Irimestrc, p. rJT:], .«ôT, 'Mi et 39U.
QUE DEVIENT CE LIQUIDE DA.NS LE SANG? \i)l
rluaiUdc ses expériences que l'alcool est un alimeul, sans pouvoir déterminer quelles sont les altérations qu'il subit <lans l'organisme.
La réponse de Perrin ne se lit pas attendre. Dans son lonii plaidovor, l'habile pbysiolotiiste, néglii^eant robjection rapitale laite par son contradirlcnr, à savoir la failde ([uan- (ité d'alcool (diminée jiar la voie rénale et par les autres sécrétions, soutint que l'alcool ne peut être un aliment, parce qu'il ne possède pas les propriétés qu'on assigne or- «linairement aux substances alini nlaires, et rattacha tous ics ellets des spiritueux dans récononde à leur action sur le système nerveux ( 1 ).
En Angleterre, la nouvelle théorie du rôle do l'alcool dans l'organisme, telle qu'elle avait été défendue par Lalleinand, Perrin et Duroy dans leur mémoire de 18()0, rencontra un contradicteur sérieux dans .1. llall-Smith cl), qui, voulant contrôler la méthode suivie par les expérimentateurs du Val-de-(iràce, en employant un appareil analogue à celui dont ceux-ci s'étaient servis dans leurs expériences, obtint les l'ésultats suivants, qui enlèvent certainement de la valeur aux observations précédentes. Il résulte en elleldes recherches de llall-Smilh :
1° Qu'il est bien difficile de distinguer, comme l'ont l'ait Lallemand, Perrin et Duroy, les ditïérentes nuances que prend la solution d'acide chromique en présence de l'alcool, quand les (piantités de ce dernier liquide sont très-faibles;
'l'' (Ju'une partie de l'alcool n'est point oxydée au moment de son passage à travers l'acide chromique (Hall-Smith a pu ainsi obtenir une coloration verte dans sept llacons placés
lii l'cniii, lli-ponse à .][. Eut. nautlo! \ i'nio:i iiKhlicale, IfOi:': K' tiimestro, 1'. ')H-1).
ri, .]. Hall-Siiiitli, J)^s rraclioiis produites dann l'acide chromque pur Tuicool. ■ The iJrilish ami l'ijreiijn ntedico-chirurgical Revieic, vol. XXVIII, juilli't I8(il, p. -loii. — Recherclies de l'alcool dans l'organisitte, au moyen de l'acid'' tlnomi(pie. iSchmidt's Jalirh, I8()"2, voL CXML p. Ii7.)
lOS L'AI.COOL.
es uns ;ï la suite des autres et remplis d'acide chromiquc);
."î" Que, dans l'appareil employé par Lallemand, l'eriin et Duroy, la ehaux vive lelicnt non-seulement une proportion notable d'alcool, ({n'clle n'abandonne que sous l'intluence d'une chaleur soutenue, mais encore une certaine quantité d'eau, (|ui a i)our ellel d'étendre la solution d'acide chromique;
4"Enlin, que lorsqu'on opère sur de *:randes quantités de liquide, comme l'ont l'ait Lallemand, Perrin et Duroy en expérimentant sur les urines des animaux soumis à l'alcool, la durée des opérations, au lieu d'être de une heure et demie à (l'ux heures, ainsi que cela a eu lieu dans les expériences des savants français, se prolonge beaucoup plus et se continue au moins pendant deux jours.
C'est en s'appuyant sur ces laits que J. Ilall-Smith a reproclii'' à la méthode employée par Lallemand, Perrin et Duroy, de présenter certaines chances d'erreur et d'être en même temps impraticable.
^3. — Aujourd'hui, la question du rôle de l'alcool dans l'organisme est jugée, grâce aux recherches entreprises en" Allemagne, depuis l'apparition du mémoire de Lallemand, Perrin et Duroy.
C'est certainement à Hugo Schulinus (1), dont l'important mémoire, trop peu connu en France, parut en 18()0, que revient riionneur d'avoir élucidé comph'lement cette importante question de la destination de l'alcool dans l'économie, qui divisait encore si profondément le monde savant.
Les observations du chimiste allemand sont trop importantes pour que nous ne nous fassions pas un devoir d'insister sur les faits intéressants qui en r(''sultent, au point de vue du rôle de l'alcool dans l'organisme.
Voici la méthode suivie par Hugo Schulinus dans des expi'riences faites avec l'aide du professeur Duchheim :
li| H. Scliulinus, l'ntersnchumjen iiher die VerlheiUnvj défi Weivgeistes im lliierischen OnjdnismuK. (Arcliiv. dev Ileilhunde, 18()Ci, t. H, p. 117.)
QUE DEVIENT CE LKjlIDE DANS LE SANG? ICO
Afin de pouvoir retrouver clans les organes l'alcool en (jiianlité sullisante, il [)rit pour sujets de ses expériences des animaux de forte taille : chevaux, poulains, chiens de hasse-cour. Chez les premiers, il n'est pas à craindre que l'alcool introduit dans l'estomac soit rejeté par les vomissements ; ({uant aux chiens, qui vomissent facilement, on empêche le rejet de l'alcool ingéré, en leur donnant du pain et (lu lait immédiatement après l'ingestion de l'alcool. Tel fui le moyen enqjloyé par Schulinus, et qui lui réussit complétiMiient.
L'alcool fut administré sous forme d'esprit-de-vin à &c. et introduit dans l'estomac au moyen d'une sonde oesophagienne, en quantité suffisante pour déterminer en peu de temps une ivresse profonde; sihien que, dix à quinze minutes ajjrès son ingestion, les animaux mis en expérience ne pouvaient plus se tenir del)Out et tombaient sur le côt(', les muscles dans une n'solution complète, avec une respiration suspirieuse et ronllante. On leur donna la mort par une saignée de la jugulaire externe, suivie d'une insufflation d'air dans la veine. Le sang fut reçu 'illi dans (\c^ vases bien fermés, puis agité jusqu'au moment où la fibrine commença à se déposer sous forme de flocons.
L'autopsie fut faite aussitôt après la mort; pour (''viter les pertes de sang, on eut soin de lier les principaux vaisseaux du foie et du poumon, avant d'extraire ces organes, qui fnrent introduits dans des flacons avec les veines, le cerveau, des parcelles des muscles de la cuisse, l'estomac et son contenu, et, dans certains cas, le tube digestif tout entier avec son contenu. Une double pesée des flacons, faite avant et après rinlroduction des organes, permettait de constater le poids de ces derniers,
II. Schulinus déterminait d'abord la proportion d'eau que les organes contenaient; pour cela, il prenait une faible partie de l'un d'eux ou bien une certaine quantité de sang
17U l/AI.<:OOL.
Cl la plarait dans une l'iiive diaulVée à 00° et dont il élovail proiirc'ssivemeiit la Icmpôralun.' jiis(jirà 1 10" ou ['H)", maxiinuni qui était maintenu constant pendant quelques jours. (Chaque ori^anc ou partie d'organe restait dans l'étuve jusqu'au moment où le poids rcslail invariable. L;i dillcrence constatée entre les deux pesées avant et après l'opé-ration représentait le poids de l'eau qu'il fallait déterminei'.
En opéiantde cette façon, H. Schulinus ne pouvait ^uère examiner que deux ou trois organes par jour; il .ivait donc soin de placer les autres organes dans un endroit frais, cl pouvait les conserver ainsi pendant trois ou quatre jours, sans qu'ils présentent de trace de putréfaction. Deux fois seulement le <(intenu du tube digestif exhalait une certaine odeur.
Pour retirer l'ali^ool contenu dans les organes, II. Schulinus employait la distillation. 11 ojtérait toujours sur la totalité de chaque organe, i|u'il introduisait par petits morceaux dans des cornues tubulées, avec une certaine quantité d'eau destinée à empêcher le sang de se coaguler; on chaulfait les cornues dans un bain-marie d'eau salée; les vapeurs qui se déoaneaient se condensaient dans un ballon refroidi conlinuellement et qui communiquait par un tube coudé avec un second ballon; mais la condensation se Aiisait si bien dans le premier qu'aucune vapeur ne passait dans ce dernier.
Four déterminer le moment précis où la totalité de l'alcool était passée à la distillation, on versait dans un tube à réaction un peu de bichromate de i)otasse, auquel on ajoutait quelques gouttes d'acide sulfurique; on sait que ce mélange, qui est rouge pourpre, prend une teinte verte quand la substance examinée et ajoutée à lui contient de l'alcool. C'est par ce procédé que Strauch a pu déceler la présence de l'alcool dans un mélange contenant 0,000 de ce liquide, et Schulinus, en plaçant le tube sur un fond blanc, seulement l),05ij.
Qli: DEVIENT CE LKjUIDE DANS LE SANG? 17!
Comme on le voit, cette réaction est tiès-sensible ; pourt mt Iliigo Scliulinus ne se bornait pas à ce moyen; il continuait la distillation encore pendant une demi-heure; en général, elle durait en tout (» à 7 heures, dans quelques cas jusqu'à :20 heures. Chaque organe fournissait en moyenne par 1000 grammes 100 à 150 grammes de produits de distillation.
On dosait l'alcool contenu dans ces produits d'après le poids spé'citique du liquide obtenu par la distillation. Pour cela, Schulinus employait un appareil spécial appelé j)yA«oiuètre.
Le pyknomètre de Schulinus se compose d'une éprouvetle en verre à parois très-minces, et fermée par un bouchon traversé en son milieu par un tliermomètre dont les graduations correspondent à des cinquièmes de degré. Du bord libre de cette éprouvelte part un tube très-lin, de 3 pouces de longueur et qui peut être fermé à son extrémité libre par un obturateur en verre. L'appareil entier pesait :2U^',075; il pouvait contenir -21?', 01 4 d'eau distillée à i5",0 centigrades.
Voici maintenant comment opérait II. Schulinus :
Il remplissait cet appareil avec le liquide dont il voulait déterminer la densité et dont la température était toujours inférieure à 15". Il prenait bien soin qu'aucune bulle d'air n'adhérât aux parois du flacon qu"il fermait avec le bouchon porteur du thermomètre et qu'il essuyait soigneusement.
Cela fait, tenant l'instrument dans une main et ri'chaullant ainsi graduellement jus(ju'à ce que le thermomètre indiquât 15", 5, il déposait l'appareil; le ihcrmomètre continuait alors à s'élever de quelques dixièmes de degré et finissait par indiquer la température de 15", 5. Sous l'influence de cette «'lévation de température, le volume du liquide contenu dans l'appareil augmentant, une partie de celui-ci s'écoulait par le tube latéral; 11. Schulinus avait soin de la recueillir goutte par goutte au moyen d'un petit rouleau de papier Joseph.
Dès q»ie la température arrivait à 1 •'"),■'"», il enlevait les ficrniéres liouttes, qui s'ikoulaient ainsi, et appliquait l'obturateur.
L'appareil étant essuyé soigneusement et pesé de nouveau, la perte de poids fut de l milligramme.
Connaissant le poids I*' de l'appareil rempli du liquide à analyser à la température de I •")%.""), ainsi que le poids P de l'ai^parcil l'empli d'eau distillée et à la même température, si Ton retranclic de chacun des nombres ainsi obtenus le poids constant /) de l'appareil vide, puis si l'on divise ces di'ux dilTérences Tune par l'autre, le quotient 0 représente
le poids spécifique cherché : Q=
Telle est la méthode employée par H. Sdiulinus pour déterminer le poids spécifique du liquide obtenu par la distillation des organes des animaux alcoolisés soumis à ses expériences, et partant leur richesse en alcool.
Il est un jioiiit iinjioilant, et (pi'il est nécessaire de signaler ici, c'est que le liquide examiné contient, outre l'alcool, (les substances volatiles et plus ou moins odorantes qui passent facilement à la distillation. Pour réparer l'erreur qui peut en résulter, Schulinns dislillail les pouiiioiis cl le foie d'un animal qui n'avait pa.s absorbé d'alcool; les principes odorants passaient naturellement dans les produits de la distillation; le ))oids spécifique de ce liquide retranché du poids spi'cifique du liquide chargt' d'alcool indiquait la quantité (l'alcool contenue dans les produits de la distillation obtenus dans les exjtériences.
Une autre cause d'erreur, contre laquelle Schulinns devait se prémunir, provenait de la présence, dans les produits de la dislillation, d'une faible quantit»' de carbonate d'ammoniaque, qui devait augmenter nécessairement le poids spécifique du liquide obtenu par la distillation et masquer la présence d'une certaine quantité d'alcool.
QUE DEVIENT CE LIQriDE DANS LE SANGv' 17'J
Nous présentons, dans les tableaux suivants, les principaux résultais obtenus par le cliimisle allemand avec les coiTcclions ({u'il a dû l'aire pour se prénumir contre celte importanîc cause d'erreur :
(■11 .-ilrijol
Av;int In ■nusliviclioii
iiii ciuiH.i,. .rA2ii 1
Après
la sniisiraclion
.1(1 larluiii. ,rA:'H-'
Lr rail„,iialr
d'A^llia (.luiic mas
que, ilaii? 1000 gr
d'ali;iiul (rlilcmis
]iai- fiislillalinii
l'ounioiis.