ACTIO.X DE LALCOOL SUR LE SANG
les divers gaz contenus dans le sang? La présence de ce liquide inllue-t-elle sur la proporlion de roxygène et de l'acide carbonique? A-t-il une action spéciale sur le globule sanguin? Telles sont les questions qui se posent naturellement à l'esprit du physiologiste, à propos de l'influence de toute substance étrangère à l'organisme introduite dans la circulation, et qui malheureusement attendent encore une solution pour le plus grand nombre des agents employés en hygiène et en thérapeutique. On comprend combien, quant à ce qui concerne l'alcool en particulier, la solution de ces questions pourrait jotci- di' lumières sur le rôle encore trop obscur et trop discuté que l'on attribue à ce liquide dans les échanges si nombreux et si importants qui s'exercent entre le globule et le sérum sancuins.
Une pareille étude mériterait certainement les recherches approfondies et les minutieuses investigations de la physiologie expérimentale et de la chimie animale; pourtant elle est à peine commencée. On saitcondjien est dilïicile l'analyse des gaz du sang et quelles variations considérables présente la proportion d'oxygène et d'acide carbonique contenus dans le sang arléiiel, suivant les circonstances variées (température extérieure, état de veille, d'activité musculaire ou de sommeil, diète ou alimentation, etc ), auxquelles est soumis l'organisme. On comprend donc l'embarras que doit éprouver le physiologiste quand il lui faut déterminer, au milieu de toutes les conditions c^ui modilient la composition du sang, la part d'intluence qui revient à une substance donnée introduite dans le liquide sanguin, dépendant cette étude est possible, comme l'ont démontré, l'année dernière, MM. Mathieu et rrbain(l), qui, dans leur savant travail sur les gaz du sang, ont déterminé par de nombreuses expériences les principales variations que présentent l'oxygène et l'acide carbonique
(1) Malhieu et Urbain, De:-; yen ilti muij. [Archives île physiologie normale el pathologique, mars 1ST:2. p. .">.)
conlenus dans le sang ailéiiel clans une Ibule de circonstances cl sous rinllucncc d(3 certaines substances étrangères introduites dans récunomic (chloroinrrne, nior|>liine). Il est regrettable que ces savants observateurs n'aient pas appliqué leurs recbercbes consciencieuses à l'étude des modifications que doit délerniiner l'alcool dans la proportion des gaz contenus dans le sang.
Ils seraient arrivés certainement à des résultats d'autant plus précieux <|u'ils auraient pu éclairer singulièrement le lole inlime exercé par ce liquide sur les échanges et les oxydations intra-organiques et déterminer son inlluencc sui- la nutrition.
v^ o. — Ouant aux modifications que l'alcool détermine dans la configuration des globules sanguins, elles sont peu connues; cependant cette étude a été tentée récemment par Manassein (1), qui a constaté que les hématies, loin d'étic atrophiées comme elles le sont chez les fébricilants, présentent un grossissement assez notable sous finfluence de l'alcool. Malheureusement ces laits ne reposent que sur des expéi'ienees post luorlein et ne sont point applicables aux êtres vivants.
A côté de ces quelques essais tentés par quelques physiologistes pour éclairer cet important problème de l'influence qu'exerce f alcool sur la composition du sang, et particulièrement sur la structure et la constitution des globules rouges, nous n'avons plus à mentionner que les interprétations, malheureusement hypothéli({ues, par lesquelles on a voulu expli- (pier les principaux phénomènes qui caractérisent VacUotc intime de l'alcool dans féconomie.
Faut-il admettre, avec B;cker (:2), que f alcool cimente en quelque sorte foxygène et les globules sanguins, de lacon à produire une combinaison assez stable pour soustraire les
(i) Voy. Gmelle nuklicale de Strasbourg, 187:2, w^ '^, p. ii. !"2) Bteker, Frunk's Magaz-in, t. IV, p. 76:2.
ACTION f)E (.ALCOOL STR LE SAXO. 189
tissus (le l'organisme à raclion de l'oxygène; ou bien, avec Maurice Perrin, que ce liquide « exerce une sorte d'action d(; présence ou catah tique, en vertu de laquelle il y a diminution dans la quantité d'acide carbonique exhalée par la ri'spiration? >> Devons-nous au contraire nous rattacher à l'opinion de Bouchardal, qui, admettant que l'alcool subit dans le sang l'action de l'oxygène, lui attribue le pouvoir (le priver les globules rouges de ce gaz vivificateur et d(^ di'lerminer ainsi leur asphyxie?
Xous n'en savons rien, et l'incertitude qui règne dans la science sur ces questions ténébreuses nous engage trop à nous tenir dans une sage réserve, pour que nous osions accorder la préférence à l'une ou à l'autre de ces solutions diflérentes.
Cependant il y a deux laits qui permettent, selon nous, d'entrevoir la solution du problème que nous discutons en ce moment :
1" La présence d'une certaine quantité d'alcool qui reste inaltérée dans le sang;
"l" La destruction de la majeure partie Je ce liquide, après son introduction dans l'économie.
l" On sait que c'est grâce au pouvoir osmotique de ses parois que le globule sanguin peut renouveler ses matériaux, s"a>similer ceux qui sont propres à sa nutrition, rejeter les détritus qui proviennent de l'usure, et de là désassimilation de ses éléments. D'après cela, on conçoit que les déchets des d'actions intimes qui se passent au sein de ce globule doivent traverser celui-ci plus dirticilemenl de dedans en dehors (jiiand le sérum renferme une certaine quantité d'alcool, puisque alors le courant osmotique tend à se faire plutôt de ilehorsen dedans (Graham, Dutrochet).
Ainsi, d'après ce simple phénomène physique, on s'expli- ((uerait comment l'alcool peut enrayer la nutrition et la vitalité des globules sanguins, en déterminant dans leur intérieur
Vin aricl oi". un entassement des matériaux devenus impropres à leur roncùonnement, et en enrayant du même coup le pouvoir attractif et f'iectif qu'ils exercent sur les matériaux utiles et réparateurs contenus dans le sérum.
Telle serait, d'api'ès nous, l'action de l'alcool libre contenu dans le sang sur la composition de ce liquide et sur le fonctionnement des hématies.
2" Quant à la partie de l'alcool qui, comme nous l'avons vu, est certainement décomposée et détruite dans l'organisme, nous ignorons malheureusement encore aujourd'hui dans quelle mesure elle intervient dans les modifications du liquide sanguin mentionnées plus haut; nous ne sommes guère mieux renseignés sur la nature des transformations qu'elle subit dans son contact avec les éléments du s;mg. Cependant, l'explication suivante, donnée par Parkcs (1), nous semble avoir une grande valeui- : d'après cet auteur, l'alcool qui disparaît dans réconoiuie y subirait un commencement d'oxydation et formerait dç l'acide acétique; cet acide se combinant avec la soude contenue dans le sang, produirait un acétate qui se transformerait en carbonate avant d'être éliminé par les urines. C'est ce qui a lieu du reste quand on lait prendre à un individu des acétates; fait ([ui expliquerait eu même temps la diminution d'acide carbonique qui, comme nous le verrons bienlùt, a été conslatée à la suili' de l'ingestion d'alcool (:2),
Cette transformation de l'alcool en acide acétique est probablement en rapport avec l'état et la composition du liquide sanguin, avec la consommation d'oxyiiène par les humeurs
<li Parkcs, Manual of praclical ltijfj(''ne, rourtli cà. Loiidon, ISTo, p. [27± ('2) Dans des expériences laites par Paikes avec ralcool employé à luiulcs doses, cet auteur a trouvé racidité de riuine légèrement augpmenlée, fait (jui tend à confirmer rcxplicalion précédente, puisque la combinaison de l'acide acétique ou de l'acide cailwniquc ainsi tonné aux dépens de l'alcool avec quelques-uns des alcalis du san;;, ordinairement combinés à d'autres acides, doit avoir pour effet d'augmenter l'acidité des uiines.
ACTION DE L'ALCOOL SIR LE SANG. iOI
ol par les tissus, avec le fonclionneinent des organes et avec l'activité de la nutrition, faits qui ont été démontrés par les intéressantes recherches de Marian Sulzynski. Cet observateur, ayant ajouté de l'alcool à du sang' l'raichement sorti des vaisseaux, en retrouva beaucoup moins par la distillation ({Lie dans le cas où le sang avait (-té nK'langé après un scjovu" d'une certaine durée hors de la veine, moins encore dans le «as où ce sang était saturi'- d'acide carbonique (1).
Il résulte de ces laits que la (b'coniposition de l'alcool con- Icnu dans le sang est subordonnée essentiellement à l'état d'inti'grité des globules sanguins; c'est ce qu'ont démontré également les expériences institu(''es par IL Schulinus cl).
Puisque l'alcool qui disparaît dans le sang y éprouve sans doute une véritable oxydation, il y a donc une certaine quantité d'oxygène ([ui est diHournée pour ainsi dire de son rôle d'agent comburant des éli'mcnts vivants et qui est employée à cette oxydation.
>; i-. — En résumé, le r(jlo de l'alcool dans le liquide sanguin est double : à l'alcool libre correspond une action
il) Mariai! Sulzynski, Ueher die wirlaing des alcohoh, clilorofoiia iiml (cllier aiif deii Iheirisclien organisinu.s. Dorpat, 18(10.
(i) Cet liabile pliysiologiste mit ùa san^ frais dans deux ilacons a et //; il ajouta aux 3'J78'r,9 tie sang- que contenait le flacon ff, nn poids déterminé d'alco'il étendu d'eau: puis, bouchant le flacon, il l'agfila pendant quelrpic temps jusqu'au moment où ap|iarurent dans le liquide des flocons de fibrine.
Il agita de même le llacon /;, qui contenait ^83gi,'i> de sang-, mais pas d'alcool. ^
Les deux flacons lurent aliandonnés ainsi pendant dix-huit lieures. Alors Sihidiiuis versa dans le flacon b un poids dcteriiiiiK' d'alcool, et soumit le sang' contenu dans chaque flacon à la distillation.
Les deux liquides furent distillés ainsi deux fois, la première fois avec un peu d'acide sulfurique étendu, la seconde fois avec une légère solution de l'arlionate de soude.
Le liquide provenant de la distillation élait limpide, neutre aux diflërenls ré'actifs, et oflrait nue faible odeur d'alcool. Voici les cliilTrcs obtenus dans cette expérience :
Le sang- du flacon a, auquel on avait ajouti- de l'alcool ilès le début de
l'iipération, contenait e:i alcool absolu 2gr,,j7;j.j
dont passèrent à la distillation :2si ,3703
Perte uiT^^ÎIiû
|',)-2 I.AI.COOI,.— ACTION I)K I. Vl.COdl. S U P. LF. SAN(..
pliysiqiK^ : modification du couranl osniotifjiie ol ralentisseiiicnt des (''cliarifies entre le lilubulc sanguin et le plasma dans lequel il est plongé; a l'alcool transformé correspond unr action chimique : détournement au jirofit de l'alcool d'une certaine proporlion d'oxygène, j)répervation des élémenl> organisés, diminution des combustions inira-organiques. dette double iniluencc qu'exerce l'alcool dans le sang nous permet d'entrevoir dès maintenant son iniluence comme modérateur de la (b'-nutrition ou comme agenl anlidéperditeui'.
Le sang du llacoii h, ainjiK-l un n"avail ajonlé do ralcool que peu ilc teni|><
avant la distillation, contenait en alcool absolu l?i,9867
dont passèrent à la distillation lg:i',98:27
Perte 0?r,(l()4(t
l'ar conscrpient 1000 i,'ianinies du sang contenu dans le flacon f/ et dans les condilions indinuées plus haut, conlenaieni :
avant la distillation C;tI',4077 d'alcool alisolu
.■qiiès la distillation rt^v^'Xt",
l'erte 0?r,r,l()i
cl 10(10 grammes du sang- contenu dans le Hacoii h cl dans les conditions indiquées précédenmient, contenaient :
avant la distillation 7^'i,0ir)l
aprcs la distillation 7?i-,(K)lo
Perte : Ugi,ol41
Itans une seconde série d'expériences i lentiques aux précédentes, H Schulinus oiitint les mêmes rcsullals.
CllAPITUE IV
§ 1. — On sait qu'ingéré à doses liyiiiéniqucs, l'alcool détermine chez l'homme et chez les animaux, une excitation spé- ( iale du système nerveux, consistant dans une activité plus grande des fonctions intellectuelles, sensilives cl motrices, el (jui paraît d'autant plus accusée que l'appareil céi'ébro-spiiial du sujet mis en expérience présente un développement ]jIus considérable.
r Chez l'homme, cette activité des ibnetions intellecluelles se traduit par l'abondance et la vivacité des idées, par l'animation du visage, par de la loquacité, etc. En même li'inps surviennent une aptitude plus grande à l'exercice iiHisculaire et au mouvement, et une résistance plus Ibrte contre la fatigue : elîets importants sur l'utilité desquels nous aurons soin d'insister, quand nous nous occuperons du riMe des boissons alcooliques dans l'alimentation des «lasses pauvres et laborieuses.
Ouand l'alcool est absorbé à dos<'S plus considér&bles, surviennent des troubles particuliers du système nerveux, dont l'ensemble constitue ïalcoolisulion aiguë ou Yim'sse. -Nous n'avons pas le dessein de d(''crire et état patholo- L;i(pie, que chacun a (''t<'' à même d'obsçrvei' cl d'aiialysci', et
Marvaid.— Aliments d"i']iargiii.'. l'j
l'.ti • L'ALCOOL.
qui a (Hé tracé de main do maître par des hygiénistes et des
pliysiologistos, ti^ls qiir .1. Franck (1), Michel Lévy (2), A. Tai'ditni (.")).
Nous nous contenterons seulement (Tun exposé sominaiic des principaux trouhles que produit l'ivresse, pour les comparer aux ]th(''nomùnes de Tintoxication alcoolique que nous allons étudier chez les animaux; notre hut })rincipal sera de faire ressortir la similitude et l'analogie de ces deux groupes de symptômes.
On admet iiénéralement trois p(''iiodes ou trois degrés dans l'ivresse. Guhler (i) les désigne ainsi : 1" ébriété légère;'2° ivresse confirmée ; S" ivresse comateuse ou apoplectique.
(( L'influence de l'alcool sur le système nerveux, et })articulièrement sur l'encéphale, dit Michel Lévy, se manil'estc^ par une s('rie progressive mais constante de symptômes qui, à leur iiilrn-~it(' i)rés, se riqiroduisent chez tous les individus; elle constilui' une véritahie intoxication, et l'état morhidc qui la produit déroule trois phases : surexcitation, perturbation, destruction des fonctions de l'axe cérébro-spinal. »
Ainsi, trois groupes de symptômes dans l'ivresse, comme le montre le r(''sumé suivant, où nous avons groupé les plus importants :
1" deijrc. Excitation de riiitelligenee, abondance et vivacité des idées, animation de la i)arole, loquacité, agitation,, brusquerie dans les gestes et dans les mouvements.
Augmentation de la chaleur oi'ganique (?), accélération du pouls et de la respiration. Injection et turgescence de la peau cl du visage; quelquefois, transpirât ion.
(1) J. Franck, De ehrietale et el/riosilale cleque ejus elfectu delirio tremente. Lipsitc, 183-2.
{•!) Jlichel Lévy, Tmilé iVhtjcjiène publique et privée, i*" édit., t. H.
(3) .\. Tardieu, Observations méiiico-Iégales sur Vétat d'ivresse. {Annales iVliygiéne publique et de médecine légale, 18 iX, t. XL, p. 390.)
(il Giibler, Commentaires thérapeutiques du Codex medicamenlarius- 2« édit., 1871.
ACTION Sni LE SYSTÈME NERVEUX. 195
2" degré. Obscurcissement de l'inlelligence, incohérence dans les paroles et dans les idées; irrégularité et indécision dans les mouvements. Perversion de la sensibilité; sensations imasinaires ; tintements d'oi-eilles, bourdonnements. Troubl^?s dans la vision. Senliment de compression sur l&s tempes.
Incoordination dans les mouvements; indécision et irrégularité dans les contractions musculaires; démarche incertaine et tremblante. Manque d'équilibre.
Rougeur du visage, gonllement des jugulaires; contraction des pupilles.
I^lénitude du pouls ; irrégularité et embarras dans la respiration et dans la circulation.
3* degré. Suspension complète de rintelligence, de la sensibilité et de la motilité. Torpeur des sens, écoulement involontaire des urines et des matières fécales.
Face pâle, abattue; yeux ternes et vitreux. Dilatation permanente des pupilles.
Pouls petit, misérable; respiration slertoreuse. Inertie complète.
A la suite de cet état survient un sommeil proiond, quelquefois interrompu par des rêves et accompagné d'une transpiration abondante. Ce sommeil, qui dure habituellement plusieurs heures, peut se prolonger jusqu'à seize, vingtquatre, quarante-huit heures (A. Fournier) (I).
Notons encore, comme phénomènes consécutifs, le malaise, la lourdeur de tète, l'accablement, qui ne font presque jamais défaut, et auxquels s'ajoutent quelquefois de l'embarras gastrique, des vomituritions, des nausées, de la diarrhée bilieuse.
Enlin, la m.ort peut survenir (A- fois sur iO cas, d'après Devergie) {'2); elle est surtout à craindre dans le troisième degré.
(1) A. Fournier, Diclionuaiie de médecine et de chirurgie pratiques, art. Alcoolisme, t. I, p. 027.
('2) Devergie, Médecine légale, t. II.
lOiJ L'ALCOOL.
"î" Chez lés animaux, les chiens, les chats, les lapins, Qjlila (I), a constaté que l'alcool produisait les mômes ellots (|ue rivresse chez l'iKimme. Ses expériences ont été reprises par L. Lallemand, Perrin et iJuroy. Voici, d'après ces ohservateurs, les troubles qui surviennent chez les chiens après l'ingestion d'alcool :
« Sous rinlluencc de iU à 5U grammes d'eau-de-vie, ils deviennent silencieux, présentent une démarche incertaine et vacillante, puis tombent dans une sorte d'engourdissement.
» La paralysie commence par les membres postérieurs et envahit successivement le reste du système musculaire. L'ancsthésie est toujours consécutive, et atteint, en dernier lieu, les conjonclives. Elle devient complète, ainsi que la résolution muscidaire; alors, l'animal semble dormir d'un sommeil calme et silencieux.
» On observe de la dilatation des pupilles; mais, à chaque nouvelle dose d'alcool ingérée, cette dilatation est remplacée par une contraction momentanée de l'iris.
.) Comme conséquences de ces troubles du système nerveux, apparaissent des modihcations importantes dans le fonctionnement des divers appareils qui sont sous sa dépendance.
» D'abord se manifeste une accélération du pouls qui peul présenter un maximum de :210 pulsations et qui devient large et bondissant; puis les pulsations se ralentissent, descendent jusqu'à A'I par minute, deviennent de plus en plus petites et iriéguliéres, et peuvent n'èti'e i)lus perceptibles (-2). »
La respiration suit la même marche que la circulation : rl'abord augmentée de fréquence (maximum, (10 par minute), ample, facile, elle devient irrégulière, saccadée, quelquefois steitoreuse, et peut tomber à 5 inspirations par minute. Elle s'arrête toujours avant que le coHir ait cessé ses battements.
flj Orfila, Traité de loxicoloijic, i" cdilion, t. II. (2) Loc. cit., p. 38
ACTION sur. LE SYSTEME XEnVElX. 197
« Dans ces expériences, la dose moitellc de l'alcool avait élé de I.jO ta 300 grammes. Quand on s'esl servi d'une dose moins forte, les chiens ont pu revenir à la santé; le premier symptôme qui annonçait le rétablissement de l'animal était la sensibilité de la conjonctive, suivie de petits mouvements automatiques; au bout de 30 à 40 minutes, les sens se réveillaient, et ce n'élait que le lendemain que renaissaient l'intelligence et la l'acuité de se mouvoir (I). »
En étudiant cette série de symptômes, on constate qu'ils se rapportent à trois périodes :
i° Période (l'c.iritdf ion. Ineerlilude dans les mouvements; accélération du ])ôuIs et de la respiration; contraction des pupilles.
4^ Période de perversion. Résolution musculaire, qui commence aux extrémités postérieures ; irrégularité du pouls et de la respiration; dilatation des pupilles, remplacée de temps à autre par leur contraction.
f]" Période de rollapsus. Paralysie complète et extinction de la sensibilité; aflaiblissement de la circulation et de la respiration; dilatation permanente des pupilles; arrêt de la respiration; cessation des battements du cœur. Mort.
On voit, d'après le résumé précédent, combien l'ensemble des troubles que détermine chez les animaux l'ingestion d'une certaine quantité d'alcool concorde avec le tableau symptomatique de l'ivresse chez l'homme; pourtant ils ne se confondent pas complètement, car ici, comme dans l'étude comparative des effets physiologiques qui suivent l'expérimentation d'un même acent sur Thomme et sur les animaux, il faut faire la part des deux organismes, impressionnés, il est vrai, de la même façon par ces agents, mais répondant à l'impression produite chacun à sa manière, suivant ses (acuités, ses fonctions, ses organes, en un mot suivant les caractères propres à son animalité.
(I) Loc. cil., p. il.
En effet, chez l'homme, ce qui frappe .surtout dans les troubles alcooliques, c'est le (It'raupement des facultés intellectuelles; le délire est le désordre qui ouvre la scène et qui constitue le phénomène initial et prédominant. Chez ranimai , au contraire, c'est l'appareil locomoteur qui est frappé le premier; l'irrétiularilé dans les mouvements et l'incertitude dans la marche constituent le pi'cmier signe de l'intoxication alcoolique (\); à part ces légères différences, l'alcool agit de la même façon sur le système nerveux de l'homme et des animaux.
v; 4. — En général, l'apparition des troubles qui constituent l'ivresse est principalement liée à la richesse alcoolique de la boisson spiritueiisc ingérée, de telle sorte que les liquides qui présentent la })lus forte proportion d'alcool (les eaux-de-vie par exemple) sont ceux dont l'ingestion même à faible dose est suivie le plus facilement de l'explosion des désordres dont nous venons d'esquisser le tableau.
(cependant, il ne faudrait pas croire que ce rapport, que
(l) Ces faits ont été constates encore tout récemment dans les expériences instituées par Magnan. (Voyez Archires de pitijsiologie normale et ixilliologique, 1873, p. 115.) M L'action immédiate de l'alcool sur le chien, dit cet observateur, se traduit d'abord par une légère excitation avec fréquence du pouls, accélération de la circulation; quelquefois l'animal saute, jappe, court en tous sens; bientôt la démarche devient incertaine, embarrassée, titubante; les jambes postérieures s'entrecroisent, tlécbissent, et le corps s'abaisse tantôt à droite, tantôt à gauche; au bout de 10 à -0 minutes, le train postérieur s'affaisse, le ventre s'applique sur le sol, les pattes restant étalées latéralement ou pliées au-dessous; les membres antérieurs encore fermes restent dressés (;t 'animal incité peut avancer, traînant après lui la moitié postérieure du corps privée de mouvement ; la paralysie s'étendant d'arrière en avant, les pattes antérieures ne tardent pas à fléchir, la tète retombe, la résolution devient complète ;. le corps soulevé pendant connue une inasse inerte sans nul ressort, obéissant aux lois de la pesanteur. L'anestbésie, comme la perte de mouvement, gagne d'arrière en avant, et, tandis que les fortes pressions sur la queue , les pincements, les piqûres ne provoquent aucune réaction, l'excitation des conjonctives, des narines, révèle la persistance de la sensibilité. Dans le cas d'ivresse profonde, l'animal tombe dans le coma, et l'anestiiésie est complète. La tem- ])érature s'abaisse de 1" à 3^ dans l'intoxication de moyenne intensité, de 4" à 6^, et m?me davanfa^'c, dans les cas où le poison est administré à très-hautes doses. »
l'on admet généralement entre la richesse alcoolique cFune boisson spiriliieuse et son influence au point de vue de la production de l'ivresse, se manifeste dans tous les cas et infailliblement. On sait, en effel, que les vins reconnus les plus capiteux ne sont pas toujours If's plus alcooliques, et l'on connaît la facilité avec la({uclle certaines boissons ferinentées (certaines bières par exemple), déterminent l'ivresse, alors ciue l'analyse chimique de ces liquides démontre d'une façon certaine leur pauvreté en alcool.
Enfin, il est un fait constaté depuis longtemps par maint observateur, c'est que le caractère de l'ivresse et que la nature des troubles qui la constituent varient suivant la composition et la provenance de la boisson ingérée. On sait que Percy (l) a distingué sous le nom d'ivresse convulsivc des accidents causés le plus fréquemment par l'ingestion d'un vin nouveau, ou altéré par l'addition d'alcool et principalement d'eau-de-vie de genièvre et de grains, et consistant dans des convulsions clonicpies qui agitent tous les membres, dans des hallucinations et dans un délire huneux qui poussent la victime au suicide ou à l'homicide. Ces accidents ont été constatés également par Lallemand et Perrin sur des jiiilitaires de la garnison de Paris, chez lesquels des convulsions se déclarèrent soudainement pendant la nuit, après que les sujets s'étaient endormis trancjuillement; ils avaient pris le soir de la bière et une petite quantité d'eau-de-vie. Xousmème, pendant notre séjour comme médecin traitant dans les hôpitaux militaires, nous avons été témoin de ces accidents bien connus dans l'armée, attribués avec raison par les chefs de corps et les médecins militaires à Tusage d'une liqueur ou d'une boisson spiritueuse frelatée ou altérée; à certains moments ils nécessitent même l'intervention de
(1) Percy, De l'ivresse convulsive. {Dictionnaire des sciences médicales, t. XXVI, p. 219.)
(2) Loc. cit., [1. 167.
l'auloritr mililaire contre les dél)ilnnts de boissons ou les canliniers qui livienl aux soldats ces boissons pcinicieuses pour leur santé.
(( Bien que l'alcool soit la base enivranlc et toxique de toutes les boissons spiritueuses, dit A. Fournier (1), c'est un l'ait d'expérience que son action se modilie suivant les formes sous lesquelles il est ingéré et les mélanges auxquels on l'associe; ainsi Tivrcsse du vin est gaie et bruyante; relie de i'eau-de-vie est plus prolonde et plus durable, furieuse parfois et souvent acconii>agnée d'une entière stu})eur; celle des vins mousseux est légère et fugace; celle de la bière, lourde, accablante; celle du talia, triste et mécbante; cflle de l'absinthe, turbulente, tapageuse, agressive, elle a de plus une période d'excitation plus longue, et elle laisse aussi après elle un accablement que ne produisent pas au même degré les autres liquides. »
§ o. — Un sait aujourd'hui à quoi il faut attribuer ces dillérences que présente le pouvoir enivrant des boissons sj)!rilueuses; les expériences instituées par un certain nombre d'observateurs ne laissent aucun doute sur la part qui doit être allrihuée aux divers principes associés avec l'alcool dans [)resque toutes ces boissons au point de vue de la manifestation des troubles et des désordres, dont le tableau constitue l'alcoolisation aiguë.
Nous avons vu que, parmi ces principes, le plus important, ou du moins celui dont l'action pernicieuse et le pouvoir enivrant sont les mieux connus, est l'alcool amylique, dont les propriétés toxiques ont été démontrées suffisamment, grâce aux expériences de Pelletan, de Fuerst (de Berlin), de (]ros et de Rabuteau. 11 faut y joindre les autres principes étrangers (alcool butylique, aldéhyde, huiles essentielles, éthers, etc.), contenus en proportion plus ou moins forte
(Il A. Fournier, loc. cil., p. G^O.
ACTION sur. LE SYSTÈME NERVEUX. 201
dans les nombreux esprits employés pour la consommation publique, et dont l'inlluenre se manifeste non-seulement par l'odeur et la saveur particulières qu'ils communiquent aux boissons spiri tueuses, mais encore par rébriélé et l'intoxication spéciales qu'ils déterminent dans l'économie.
Il nous paraît donc indispensable, dans cette étude de l'action de l'alcool sur le système nerveux, de séparer les efrets de ce liquide, en tant que composé cbimique nettement défini (C^'IPti-), de ceux des divers principes ordinairement combinés avec lui.
Plus l'alcool est pur, plus l'excitation des fonctions intellectuelles, que son ingestion détermine, est nette, franclie et énergique. A ce point de vue, l'alcool de vin l'emporte sur tous les autres, et nous sommes porté à croire que les substances volatiles qu'il contient ont la plus grande influence sur les pbénomènes cérébraux qui surviennent à la suite de son ingestion; nous avons pour preuve les effets si dilTérents que présentent deux eaux-de-vie de f'-ognac de même provenance, mais dont l'une est nouvelle et dont l'autre a subi un certain vieillissement dans les tonneaux ; tandis cpie la première produit une surexcitation anorniale et violente des facultés cérébrales, la seconde semble impressionner merveilleusement les centres nerveux, dans lesquels elle détermine une activité douce et nullement fatigante. A quoi rapporter ces différences, sinon aux essences développées dans la dernière de ces deux boissons sous l'influence du vieillissement, et qui font défaut dans la première, où elles sont remplacées par des principes plus ou moins acres et plus ou moins irritants?
Quand l'alcool est impur, comme cela a lieu pour les esprits mauvais goût du commiCrce, son action disparaît presque complètement derrière les troubles et les désordres déterminés par les substances étrangères avec lesquelles il est mélanué. Les recbercbes suivantes sur l'action de l'alcool
•XH L'ALCOOL.
amylique dans rôconomie le démontrent suffisamment : On sait que c'est Pellelan (hqiii le premier étudia les .^ll'ets de rimile de pommes dé terre sur riiommc et sur les animaux ; il avait remarqué que son odeur excitait la toux, était insupportable pour les personnes et pouvaitcauser ( liez quelques-unes des lipothymies plus ou moins longues, précédées de vertige et de nausées et suivies de stupeur, avec affaiblissement des membres supérieurs : état qui pouvait durer de H à :2i heures. Il avait noté en même temps que ce liquide acre, brûlant et tenant à la gorge, irritait la muqueuse des voies digestives et déterminait quelquefois une t\"mpanite des plus graves.
Le même auteur avait même fait plusieurs expériences sur un certain nombre d'animaux ohiens, lapins, cabiais), et qui avaient démontré les propriétés toxiques de l'alcool amylique.
Ses obsenations. avaient été confirmées plus lard par E. Fuerst (de Berlin) (i.), qui avait constaté, com.me Tauteur qui l'avait précéd»* dans ces rerherches, à la suite de l'ingestion d'alcool amylique, une excitation violente des centres nerveux, suivie, au bout d'un certain temps, d'un assoupissement et de dépression des fonctions sensilives et motrices ; des doses plus fortes avaient mémo déterminé la mort des animaux soumis à son observation; quand il y a une dizaine d'années, dans une thèse remarquable soutenue à la faculté de médecine de Strasbourg, Gros (3), répétant les expériences de Pelletan et de Fuerst, a présenté une étude assez complète de l'alcool amylique. Voici les caractères physiques et chimiques que cet auteur assigne à cette substance :
(1) G. Pelletan, De l'huile séparée par la rectification de l'alcool de pommes de- terre, (Journal de diimie médicale, ISiô, p, 76 1.
(2) E. Fnerst (de Berlin i. Action de l'Iiuile volatile de pommes de terre sur l'économie animale. {Journal de cliimie médicale, 1815, p. liô.)
/3)Cros, Action de V alcool amijligue sur l'organisme, thèse de Strasbourg, 1863.
ACTION sur, LE SYSTÈME NERVEUX. 203
C'est un liquide incolore, très-lluide, d'une odeur pénétrante, caraeléristique, d'une saveur chaude, acre et persistante. 11 bouta 1:]:^" suivant Cahours, à H!t" suivant Pasteur.
Exposé à un Iroid de :20", il prend l'aspect de l'huile d'anjs congelée. Sa densité à 15" égale 0,818i'.
L'eau en dissout Vy de son poids. Il est soluble en toute proportion dans l'alcool étliyliquo anhydre ; l'osprit-de-vin en dissout d'autant moins qu'il est plus aqueux.
On [)eut reconnaître la présence de l'alcool amylique dans une liqueur spiritueuse par les deux moyens suivants, indiqués par Gros :
1° En chauffant l'alcool amylique en présence de l'acide oxalique : il se produit alors, à la Hn île la distillation, une odeur de punaise ou de cumin très-prononcée, due à la production d'ctlicy o.ral(iw}iliquc, tandis qu'une odeur trèsr agréable de poire distingue Véthcr acétamyliquc.
On peut déceler de cette ftiçon Os'',0:] d'alcool amylique dans 100 gr. d'alcool ordinaire ïi 50" c.
4° En distillant un mélange d'alcool amylique, d'acide acétique et d'acide suliurique, abandonné préalablement jtendant un certain temps, il se produit alors de VétJicr ncrtami/Ucpic, dont l'odeur suffit pour indiquer la présence de tl-'",(KI{):27 d'alcool amylique dans 50 grammes d'eau.
Depuis la publication du travail de Gros, Ilirsch (l) a donné un bon moyen de purification de l'alcool amylique : c'est d'agiter trois ou quatre fois cet alcool avec son volume d'eau saturée de sel marin, jusqu'à ce que le liquide ne diminue plus de volume; on sépare ainsi presque tout l'alcool élhylique; ce qui en reste est éliminé par agitation avec quatre fois son volume d'eau et par rectification.
Les expériences de Gros, instituées dans le but d'étudier l'aclion physiologique de l'alcool amylique, sont très-nom-
(1) Voy. Journal de chimie médicale, 4<^ série, i. X, 18(U, p. l-'2.
brcuses ; elles ont élc faites sur des pigeons, des lapins et enfin surriiomme. Tien résulte que chez les pigeons ()'"'',?»() d'alfool amylique, dissous dans 10 grammes d'eau, déterminent au bout de quelques minutes des troubles évidents, eonsislant principalement dans une inclinaison de la tête en avant, de l'inertie, une diminution sensible des mouvement > respiratoires (de 40 à ^5), un abaissement de plusieurs degrés de la température animale de (M" à 35"); ensuite survient un sommeil qui dure près de deux heures. Notons que ()-',()tl d'alcool ordinaire à 50" ne produisirent aucun accident cliez ces, oiseaux.
Chez les lapins, 5 grammes d'alcool amylique dans 80 grammes d'eau ont produit des elTets sensibles et analogues aux précédents, tandis que 10 grammes d'alcool ordinaire restèrent sans action apparente.
L'ingestion de 0 grammes d'alcool amylique dans 8."!) grammes d'eau déterminèrent la mort au l)Out de 12 heures.
Quant à l'expérimentation sur l'homme, elle n'a pu naturellement être poussé(^ comme chez les animaux; cependant elle a iourni des r(''sullats int(''ressants : 1 gramme d'alcool amylique dans un petit verre de rhum de bonne qualité a déterminé chez un sujet, au bout de îi minutes, une céphalalgie violente, avec sensation douloureuse de compression temporale; accidents qui se sont dissipés une heure après l'ingestion.
l'ius récemment, à propos de la discussion sur le vinaffe (alcoolisation) des vins, qui eut lieu en 1870 à l'Académie de médecine de Paris, Uabuteau (1) institua un certain nombre d'expériences, dans le but de déterminer comparativement l'action plus ou moins malfaisante ou toxique des diverses espèces d'alcools introduits dans la consommation publique. Ces expériences furent faites sur des grenouilles
(I) Kabuleau, Des effets lo.riques des alconU bulijltque el cwjliq'ie. [Union médicale, 1870, p. 1G5.)
plongées dans des solutions plus ou moins étendues des alcools dont on voulait étudier Faction. Nous nous bornerons à en transcrire les principaux résultats :
1" Dans une solution aqueuse renfermant y~ d'alcool amylique, l'anesthésie se produisit au bout de 20 minutes; la peau des grenouilles prit une teinte noir foncée le sang devint noir; en même temps, il se produisit un ralentissement considérable des battements du cœur. Ces troubles se dissipèrent quand on retira les grenouilles de cette solution. Alors leur vitalité reparut et le cœur reprit son fonctionnement habituel.
Dans une solution aqueuse renfermant -~^ d'alcool amylique, la mort se produisit au bout de 10 à 15 minutes, après avoir été précédée des phénomènes indiqués plus haut.
"2" Les grenouilles vécurent très-bien pendant '2i heures dans une solution d'alcool bulylique à 7^. Les effets observés consistèrent, comme pour l'alcool amylique, en une coloration plus foncée des téguments, en un ralentissement des battements cardiaques, en une diminution des mouvements et de la sensibilité. Retirées au bout de 2i heures, elles revinrent complètement et rapidement à l'état normal.
Une solution aqueuse d'alcool bulylique à -—ni détermina bien la mort comme la même solution d'alcool amylique, mais beaucoup moins rapidement.
o" Les grenouilles continuèrent à vivre dans des solutions d'alcool éthylique à -^ et même à -—^ et ne présentèrent guère qu'une coloration plus foncée de leur peau et un commencement d'ivresse et d'ancsthésie, i>hénomènes qui se dissipèrent rapidement même au bout d'une heure d'immersion, quand on plara ces animaux dans de l'eau ordinaire.
Enfin, le même auteur remarqua sur lui-même, qu'au sentiment de bien-être qui se manifestait après Tingeslion d'une quantité modérée de vin naturel, se substituait une certaine obnubilation de l'intelligonce avec serrement des tempes et
diminution de la l'orce musculaire, quand il se soumeltail à l'influence d'un vin de mauvaise qualité; ces derniers troubles survenaient également après l'ingestion d'un demi-litre de vin naturel auquel on avait ajouté préalablement soit 0^'",55 d'alcool amyliqne, soit 0?'",50 d'alcool butylique ; dans ce dernier cas, ils étaient beaucoup moins marqués.
Rabuteau a cru devoir tirer de ces expériences les conclusions suivantes, qui concordent assez bien avec les résultats obtenus par Gros :
r L'alcool amyliqne est pour les grenouilles au moins 15 l'ois plus actif que l'alcool éîliylique, et trois ou quatre lois plus actif que l'alcool butylique.
'à'' Les alcools de la série G" 11-" -\-'20 sont d'autant plus actifs que le groupe Cil- entre un plus grand nombre de fois dans leur constitution. On peut donc classer ces divers alcools dans la série suivante, qui exprime leur pouvoii" toxique :
i" Alcool métliylique CIPO très-peu actif.
2" Alcool étbylique C-IPO i)eu actif.
3' Alcool butylique G'*1P^0 toxique.
A" xVlcoûl amyliquc G"lI''-0 très-toxique.