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D'après les chiffres qui figurent dans ce tableau, on peut voir qu'une simple infusion détermine le passage dans le liquide filtré de presque toute la caféine que renferment les grains de café; il n'en reste tout au plus qu'un cinquième dans le résidu.
Il résulte donc des expériences d'Âubert :
i°Que la torréfaction n'a point d'influence appréciable sur la quantité de caféine contenue dans les fèves de café ;
2" Que l'infusion, quelle que soit sa durée, renferme toujours la presque totalité de cet alcaloïde.
§ 1. Action sur le système nerveux. — Les physiologistes et les hygiénistes considèrent le café comme un stimulant du système nerveux, et principalement du cerveau; sous l'influence de cette boisson, les idées sont plus claires et plus rapides, la mémoire s'ouvre et les impressions sensorielles deviennent plus nettes. Ce qui caractérise surtout son action, c'est qu'il n'échaulTe pas les centres nerveux sur lesquels se manifestent ses eflets, et ne produit pas, comme les alcooliques, de modifications de la circulation cérébrale (Trousseau). On a dit avec raison que c'est la boisson intellectuelle par excellence, car il semble concentrer son action sur l'intelligence, qu'il excite, avant d'agir sur la sensibilité et la motilité.
Vintellifjence éprouve une stimulation agréable qui produit l'insomnie. Les facultés intellectuelles excitées au plus haut degré sont l'imagination et la mémoire; l'attention est plus vive, la force dujugemenfest augmentée; il seproduitun besoin d'activité créatrice, une vivacité de pensée et de conception, une mobilité et une ardeur dans les désirs plus favorables à l'expression colorée des idées déjà formées qu'à l'e.Kamen tranquille de nouvelles conceptions (Moleschott). Pourtant, pas de divagation, pas de bavardage, pas de fatigue ni de prostration à la suite de l'excitation produite.
La sensibilité est excitée secondairement. L'hyperesthésie se traduit, chez les personnes irritables ou chez celles qui font un usage considérable de café, par de l'anxiété épigastrique, par cet aura émanant du système nerveux viscéral, et sur lequel insiste Trousseau dans ses études sur la médication antispasmodique; quelquefois par des impressions cutanées, trés-variables suivant les individus (démangeaisons, sensation de froid, frisson lombaire), comme nous l'avons observé souvent sur nous-même et chez quelques autres.
Enfin, sous l'influence d'une forte infusion de café prise à doses considérables, surtout par les personnes qui n'y sont pas habituées, la motilité est elle-même atteinte, et ses troubles se traduisent par des frémissements musculajrfis et destremblements .
Mentionnons encore la propriété que possède le café d'exciter le sens génital ; bien que celte action aphrodisiaque ait été niée par Linné, Hecquet, Pauli, Willis, et, dans ces derniers temps, par Trousseau, elle a été affirmée par Roslan, Michel Lévy, Deltel (1) et Penilleau (i); ce dernier invoque même, à l'appui de son opinion, ce fait que les endroits où l'on consomme le plus de café, comme le Caire et l'Egypte, sont ceux qui sont les plus peuplés, preuve que nous regardons comme de peu de valeur, vu que la population d'un pays dépend d'une foule de causes bien plus importantes que l'alimentation des populations qui y séjournent.
Mais, pour que l'infusion de café produise les effets que nous avons énumérés plus haut, il faut qu'elle ait été préparée avec des fèves soumises préalablement à une torréfaction convenable ; l'expérience nous a démontré, en effet, que la décoction faite avec de la poudre de café cru ne détermine point cette excitation cérébrale et celte activité des facultés intellectuelles, qui suivent habituellement l'ingestion de l'infusion telle qu'elle est employée habituellement dans la consommation publique. Voilà pourquoi nous croyons devoir attribuer à l'essence aromatique ou caféone qui, comme nous l'avons vu, ne se développe que sous l'influence de la torréfaction, les effets cérébraux de la boisson dont nous avons à faire l'étude.
Quant aux effets que celle-ci détermine du côté de la sensibilité et delà motilité, ils doivent être rapportés selon nous à l'action de la caféine. On sait, en effet, que les observa-
(1) Del:el, Effets physiologiques et abus du café. Thèse de Paris, 1851.
(2) Penilleau, Étude sur le café. Thèse de Paris, 1864.
leurs qui ont étudié expérimentalement sur les animaux Taclion de celle substance sont unanimes pour constater que, tandis que le fonctionnement des facultés cérébrales n'éprouve que des modifications insignifiantes après son ingestion (1), la moelle épinière est au contraire vivement impressionnée par la caféine, qui exerce sur cet organe une influence convulsive et tétanique analogue à celle de la strychnine (2). D'après les expériences que nous avons faites sur les grenouilles, la caféine agirait non pas sur les nerfs moteurs, mais sur la moelle épinière, dont elle augmenterait le pouvoir excito- moteur et produirait consécutivement à cette excitation une sorte de tétanos (3).
Notons que Johamsen a remarqué que ce tétanos, comme celui qu'on détermine au moyen des divers poisons convulsivants, ne se produit pas quand on pratique la respiration artificielle. Tandis que, chez les lapins, cet auteur a constaté
(1) 11 est certain que la caféine agit très-faiblement sur le cerveau; en nous soumettant à l'action de cet alcaloïde, nous n'avons guère ressenti, à la suite de son ingestion, qu'une légère céphalalgie avec sensation de vide dans la tête, trouble qui disparaissait au bout de 10 à 15 minutes.
(•2) Ces phénomènes ont été bien observés par Leven (Comptes rendus des séances de la Société de biologie, 21 novembre 1868) sur les grenouilles, qui se prêtent merveilleusement à ces expériences. Leven a employé le citrate de caféine ; voici les principaux résultats qu'il a obtenus :
0!ir,015 de ce sel en solution, injectés sous la peau de ces animaux, déterminent les phénomènes suivants:
Au bout de 10 minutes, quelques mouvements involontaires ;
Au bout de 15 minutes, ralentissement de la respiration, s'accompagnant d'une exagération notable des mouvements réflexes, puis contraction tétanique des membres antérieurs ;
Au bout de 19 minutes, roideur complète do l'animal avec contraclion des membres dans l'extension ;
Au bout de 20 minutes, abolition des mouvements réflexes, cessation de la respiration, continuation des battements du cœur.
0fl'',02 de citrate de caféine appliqués sur le cœur mis ànu d'une grenouille déterminent des mouvements tétaniques au bout de 1 2 minutes et l'arrêt du cœur en diastole.
(3) Voici les résultats que nous avons obtenus dans nos expériences :
i^'^ expérience. — On injecte sous la peau d'une grenouille de taille moyenne, au moyen de la seringue de Pravaz, 03"", 02 de caféine. Au bout de 10 minutes, quelques secousses dans les membres, roideur complète des membres antérieurs, puis des membres postérieurs, ralentissement des battements du cœur.
que O"'',!^ de caféine injectés dans la veine jugulaire, Os'jlS de cette substance introduits dans le rectum, ou Os'',00 injectés sous la peau suffisent pour déterminer la mort de l'animal mis en expérience, 3 grammes de caféine injectés dans la veine jugulaire d'un chien de 5 kilog., mais sur lequel il avait eu soin de pratiquer la respiration artificielle, furent insuffisants pour déterminer la mort.
§ 2. Action sur la circulation. — Un grand nombre d'observateurs ont cherché à déterminer les modifications que détermine le café dans la circulation. On peut citer entre autres : Magendie, qui, ayant injecté 8 grammes d'infusion de café dans la veine jugulaire d'un chien, vit monter l'hémodynamomètre de Poiseuille de 30 à 45, à. 50, à 65 et même à 105°""; Trousseau, qui, après l'ingestion d'un demi-litre de cette boisson constata une augmentalion de ses pulsations de 75 à 8:2 par minute ; Mantegazza (1 ), qui obtint à peu près les mêmes résultats ; enfin, plus récemment, Moreno y Maïz (2) et Méplain (3), qui ne se sont pas contentés d'enregistrer le nombre des pulsations, mais qui ont indiqué, au moyen de tracés sphygmographi-
Au bout (le 15 minutes, roideur complète de l'animal avec les membres dans Textension, Cessation des battements du cœur, mort.
2e expérience. — Une grenouille de forte taille est liée par le milieu du corps parun fil fortement serré; la ligature ne comprend pas les nerfs lombaires, qui ont été mis à nu au moyen d'une petite incision faite en arrière, et par l'ablation de la partie inférieure du sacrum (suivant la méthode indiquée par Cl. Bernard j. Injection dans la cuisse gauche de 0'Jr,03 de caféine; au bout de quelques instants, contractions tétaniques et roideur du train postérieur dans l'extension.
Aucun phénomène appréciable dans la partie antérieure du corps.
L'animal a vécu pendant deux jours dans cet état.
3e expérience. — Une grenouille de forte taille est préparée suivant la méthode de Cl. Bernard indiquée plus haut; on lui injecte OtfjOlS de caféine sous la peau de la partie supérieure du dos.
Au bout de 5 minutes, violentes contractions dans les membres, qaeli|ues sauts ;
10 minutes après, roideur des membres antérieurs, qui deviennent durs comme du bois; les membres pdstérieurs conservent leur flexibilité et leur souplesse.
(1) P. Mantegazza, Gaz. med. ital. Lombanlia, 1859.
<2) Moreno y Maïz. Thèse de Paris, 18G8.
(3j Méplain, Du café. Thèse de Paris, i8G8.
ques, les principaux caractères présentés par le pouls consécutivement à l'ingestion de calé.
Ces deux derniers observateurs ont employé dans leurs expériences l'infusion de café froide, pour éviter l'élévation de température que l'ingestion de toute boisson cbaude détermine nalurellement dans l'économie. .Nous avons suivi leur exemple, et les tracés spbygmographiques que nous présentons ci-dessous ont été recueillis sur un certain nombre d'individus, après l'ingestion d'infusion froide de café :
N° 1. — Homme de 11 ans.
Pouls normal.
Pouls 10 minutes après l'ingestion de 60 gr. d'une forte infusion de café 75gr. de café en poudre dans 500 gr. d'eau.
N" 2. — Homme de 22 ans.
Pouls normal.
Pouls 10 minutes après l'ingestion de 60 gr. de la même infusion
N" 3. — Homme de 28 ans.
Pouls normal.
Pouls 15 minutes après ringesliou de 00 gr. de ia uième infusion.
ACTION SUR LA CIP. CU LATION.
N» û. — Homme de 25 ans.
Pouls normal.
Pouls 15 minutes après l'ingestion de 60 gr. de la même infusion.
Les tracés précédents indiquent évidemment un ralentissement assez marqué des pulsations, avec diminution de l'amplitude des oscillations et par conséquent élévation de la tension artérielle. Telles sont les modifications signalées également parMéplain, et qui apparaissent environ 10 h 15 minutes après l'ingestion d'une infusion de café froide, mais qui sont encore plus manifestes sous l'influence d'une simple décoction de café cru et non torréfié.
Mais, quand on recueille les tracés sphygmographiques quelques instants après l'ingestion de l'infusion de café noir, surtout quand celui-ci est bien torréfié et présente une odeur fortement aromatique, les caractères du pouls sont tout opposés à ceux signalés précédemment! Ils indiquent alors une excitation plus ou moins vive de l'appareil circulatoire, excitation qui se traduit sur les tracés par une augmentalion dans l'amplitude des oscillations, par une brusquerie* et une hauteur plus grandes de la ligne ascendante, par l'acuité du sommet, par des saccades que présente la ligne descendante. Ce fait important, signalé pour la première fois par Méplain,a reçu de cet auteur l'explication suivante : Ayant soumis à la distillation un litre d'une forte infusion de café torréfié, et ayant obtenu par ce moyen environ 200 grammes d'un liquide qui joignait à l'odeur et à la saveur aromatiques du café une légère âcreté et une odeur empyreumatique assez prononcée, Méplain constata, après l'ingestion de cette boisson, une accélération du pouls de 64
JIaryaud. — Aliments d'épari;:ne. 20
à ;i2 pulsations par minute. Il crut donc devoir attribuer à la crt/conc les phénoiTiênes d'excitation vasculaire (accéléralion de la circulation, diminution de la tension vasculaire, coloration de la face, etc.) qui apparaissent immédiatement après r ingestion de riiifusion de café noir.
Nos recherches personnelles nous ont conduit à accepter complètement les idées de Méplain sur la part qui doit être attribuée à 'la caféone dans les effets primitifs qui apparaissent du côté de la circulation, après l'ingestion d'une forte infusion de café torréfié.
Gomme nous avons pu nous en convaincre dans les expériences que nous avons instituées pour vérifier l'opinion de notre confrère, les modifications de la circulation qui surviennent sous l'influence du café dépendent, non-seulement du moment où sont prises les observations après l'ingestion de la boisson soumise à l'expérimentation, mais encore du degré de torréfaction plus ou moins avancé auquel ont été exposées les fèves de café. C'est ainsi que nous pouvons nous expliquer les divergences incroyables qui caractérisent les opinions des auteurs relativement à l'influence du café sur l'appareil circulatoire, et principalement sur le pouls, qui présente alors pour les uns (Trousseau, Deltel, Penilleau, Prompt) (1) une accélération, et pour les autres (Rognetta, Caron (2), Jomand) (3), un 'ralentissement.
Remarquons tout d'abord que les auteurs qui ont constaté une accélération de pouls à la suite de l'ingestion de l'infusion de café, ou bien ont employé l'infusion chaude ou additionnée de chicorée (.lomand a constaté que la chicorée possédait les propriétés d'un violent excitant vasculaire), ou bien ont fait leurs observations immédiatement après l'in-
(1) Prompt, Recherches sur les variations physiologiques de la fréquence du pouls. (Arch. géii. de médecine, 18G7, p. 385 et 557.)
(2) Voy. Répertoire de pharmacie, 1840, t. II, p. 373.
(3) Jomand, Du café. Thèse de Paris, 1860, p. 32.
gestion de la boisson mise en expérience. Ceux, au contraire, qui ont constaté un ralentissement du pouls, ou bien ont employé principalement dans leurs recherches du café cru ou peu torréfié, ou bien ont recherché les caractères du pouls au moins 10 à 15 minutes après l'ingestion de cette boisson.
Nous avons pu facilement nous convaincre de l'exactitude des propositions précédentes en étudiant comparativement dans nos expériences l'action de la caféone et celle de la caféine, et en faisant agir isolément sur l'organisme l'une ou l'autre de ces deux substances si différentes par leur nature comme par leurs effets physiologiques.
Voici comment nous y sommes parvenu.
On sait qu'il est assez facile d'isoler l'essence aromatique contenue dans le café torréfié, et l'on connaît le procédé indiqué par Payen pour faire cette opération. Voici ce procédé :
« On distille dans un ballon en verre un litre d'une infusion préparée par filtration de l'eau chaude sur 100 grammes de café moka en poudre. La vapeur qui s'exhale du liquide, après une ébullilion soutenue pendant deux heures, est dirigée successivement, à l'aide de tubes, dans quatre autres ballons semblables maintenus à des températures graduellement décroissantes; le premier, à 90 degrés, relient un déTcililre d'un liquide légèrement ambré, dépourvu de l'arôme agréable du café, offrant au contraire une légère odeur analogue à celle des matières animales altérées par une longue décoction. Le deuxième récipient, dont la température oscille entre 25 et ."30 degrés, contient un centilitre de liquide provenant de la vapeur qui a traversé le premier récipient; dans €0 liquide, dont le volume n'est que la centième partie de l'infusion primitive, réside cependant à peu près tout l'arôme du café; l'odeur en est tellement intense que quelques gouttes suffisent pour communiquer à une tasse de lait le parfum agréable du café. Les deux derniers récipients, dans lesquels se rend le peu de vapeur échappée à la condensa-
lion, sont environnés de glace; ils ont retenu seulement quelques gouttes d'un liquide à odeur empyreumatique dcsa;^r('ablc due à des traces de eai'l)ures d'hydrogène pyrogéni'S très-volatils, qui peuvent même se répandre au delà des rélVigérants et manifestent leur présence à l'aide de réactifs spéciaux. y>
C'est donc ]»ar la distillation d'une certaine quantité de cale bien lorrélié en présence de Teau que nous avons obtenu un premier liquide riche en caféone.
On peut, d'un aulre côté, obtenir une préparation de caféj)riv<''e de caféone, mais riche en caféine, au moyen d'une simple décoction de café cni. (On sait que la torréfaclion,. tout en n'ayant pour ainsi dire pas d'influence sur la caféine contenue dans les fèves de café, est une opération nécessaire au développement de l'essence aromatique.)
En employant ces deux préparations de café, voici les résultats que nous avons obtenus et qui établissent définitivement l'action dinérenle que présentent la caféone et la caféine sur la circulation et sur le pouls :
Homme de 26 mw, bien portant et bien constitué. Pouls normal.
Pouls 5 minutes après Tingcstion du liquide chargé de caléoue.
Pouls 15 minutes après ITugeslion de 300 gr. de décoction concentrée de café cru (action de la caféine)
On sait que les expériences faites avec la caféine ou avec ses principales préparations (citrate de caféine), en France et en Allemagne, par de nombreux observateurs {Méplain, Stuhlmann et Falck, Albers de Bonn, Voit (2), Aubert, etc.) tendent à faire attribuer à cet alcaloïde une influence sur la circulation tout à fait comparable à celle de la digitale et du sulfate de (piinine. Les nombreux tracés sphygmographiques que nous avons pris noiis-même sur riiomme sain soumis à l'action de la caféine, et dont nous nous contenterons de signaler le suivant, confirment les résultats constatés par les auteurs qui nous ont précédé dans cette voie :
Homme de 26 am^ bien portant et à jeun.
Pouls à l'état normal: 76 pulsations.
Injection sous-cutanée à la partie antérieure de la poitrine de 10 centigr. de caféine. 5 minutes après, 56 pulsations.
Du reste, quand on étudie les modifications présentées par le pouls sous Tinfluence de la caféine, on voit que celles-ci se rapprocbent singulièrement de celles qui apparaissent après l'ingestion de la décoction de café cru; seulement, elles sont naturellement plus accusées.
L'iscbémie qui résulte de la contraction des vaisseaux, dans les différents points de l'organisme soumis à l'action de la •caféine, peut facilement être constatée quand on examine les modifications présentées par la circulation, dans nne patte de grenouille à laquelle on a inoculé une faible quantité de caféine; quelques milligrammes de cet alcaloïde suffisent
alors pour déterminer la contraction des vaisseaux et pour produire dans la partie examinée de la décoloration et le ralentissement du cours du sang; nous avons vérifié plusieurs fois ce fait dans nos expériences. On peut même s'expliquer, par cette ischémie qui résulte de la contraction des vaisseaux, la décoloration de la muqueuse digestive constatée par Stuhlmann et Falck dans leurs expériences sur les animaux, la pâleur de la peau et principalement de la face décrite par Trousseau, et cette tendance syncopale qui survient chez les individus sous l'influence de fabus du café, et sur laquelle ont insisté Colet et Cellarier.
En même temps que cette contraction des artérioles, survient chez les animaux soumis à de fortes doses de caféine une dilatation très-apparente de la pupille, comme Stuhlmann et Falck et nous-mème l'avons constaté dans nos expériences.
On conçoit que, par suite de la contraction des vaisseaux périphériques et de l'amoindrissement du champ circulatoire, le sang doive s'accumuler dans le cœur, et que cet organe ait de la difficulté à se contracter. C'est ce qui a lieu et explique la stase sanguine dans l'appareil veineux, la distension des oreillettes qui sont gorgées de sang, la congestion des poumons, du foie, de l'estomac et des intestins, qui surviennent alors : faits notés également par les observateurs précédents et vérifiés par nous-mème. Quand la mort a lieu, l'arrêt du cœur se produit toujours en diastole.
§ 3. Action sur la respiration. — La respiration est peu influencée par le café; il n'y a guère qu'à la suite de l'ingestion de fortes doses de cette boisson que les mouvements respiratoires augmentent, deviennent irréguliers et peuvent s'accompagner d'oppression et d'anxiété, troubles que nous croyons devoir attribuer à l'action de la caféine (1).
(I) A doses modérées, la caféine n'a pas d'action appréciable sur la respiration (Méplain) ; fait qui, du reste, concorde avec les obser\ations de PercivaK
§ 4. Action sur la température. — On croit généralement que le café élève la température de l'organisme; c'est une grande erreur, qui provient de ce que l'on a eu recours, dans la plupart des expériences, à des infusions chaudes. Trousseau avait remarqué, longtemps avant nous, que malgré les cntiment de chaleur intérieure qu'il éprouvait après l'ingestion d'une forte dose de café, sa propre température ne s'était nullement élevée.
Les expériences que nous avons faites en 18G9 indiquent un ahaissement de température de 0'',4 à 0%6 après l'ingestion de l'infusion froide. Cette influence du café sur la chaleur organique doit être rapportée à l'action de la caféine, dont le pouvoir réfrigérant a été démontré par Sluhlmann et Falck. On sait que ces observateurs ont noté, chez des lapins auxquels ils faisaient absorber de fortes doses de cet alcaloïde, un abaissement de température de 37°, 5 à 24°.
§ 5, Action sur la nutrition. — L'infusion de café noir facilite la digestion en augmentant la sécrétion du suc gastrique; cet effet est probablement dû à l'influence de l'essence aromatique ; il faut tenir compte également de l'action de la caféine, qui, comme l'ont constat»^ Stuhlmann et Falck (i), Leven (2) et Méplain, dans leurs expériences,
de Colet et de Slokes, d'aprôs lesquelles le café ne serait capable de produire de troubles dans les fonctions respiratoires qu'à doses assez élevées.
A doses toxiques, au contraire, elle détermine rapidement une accélération des mouvements respiratoires, avec anhélation, oppression, dyspnée. C'est donc à tort que Sée a prétendu que la caféine à hautes doses produisait le ralentissement de la respiration, opinion qui est en désaccord avec les faits observés sur les animaux par Stuhlmann et Falck et par Leven, et sur l'homme par Stokes et Percival.
Méplain a cru devoir rattacher ces troubles respiratoires à la congestion pulmonaire que produit la caféine, altération qui a été notée dans les autopsies des animaux soumis à l'action de cette substance par Stuhlmann et Falck et par Leven, et qui s'accompagnerait, dans certains cas, de la production de foyers hémorrhagiques dans les poumons.
(1) Voy. Arch. fur path. Anat. iind Pfujs., t. II, n»» 4 et 6.
(2) Leven, Comptes rendus des séances de la Société de biologie, 21 novembre
augmente la salivation, facilite la contraction des plans musculaires de l'estomac et de l'intestin, et peut même déterminer, quand elle est administrée à haute dose et à jeun, des coliques et de la diarrhée, quelquefois des nausées et des vomissements.
Les physiologistes et les hygiénistes s'accordent pour attribuer au café un rôle important dans l'alimentation ; mais leurs explications différent quand il s'agit de déterminer à quelle principale cause il faut rapporter la valeur nutritive de cette substance.
Dans un travail remarquable, Payen (1) avait insisté sur la forte proportion de matières azotées que contient l'infusion de café, et avait déduit de la richesse de ce liquide en azote son pouvoir plastique et ses propriétés alimentaires. Cette opinion était acceptée par le monde savant, quand A. de Gasparin (2), frappé par certaines particularités qu'il avait observées dans le régime nutritif de certaines classes ouvrières, crut devoir présenter à l'Académie des sciences une explication nouvelle pour éclairer l'influence du café sur la nutrition.
« Un fait remarquable, disait-il, que j'ai rencontré sur notre frontière de Belgique, nous présente un mode d'économie exercé sur le régime, et qui porte sur la dose ellemême des substances alimentaires. La population des mineurs deCharleroia résolu ce problème : Se nourrir complètement, conserver la santé, une grande vigueur de forces musculaires, avec une nourriture moitié moindre en principes nutritifs que celle qui est indiquée par l'observation dans le reste de l'Europe...
» L'analyse démontre que le régime de ces ouvriers ne
(1) Payen, Mémoire sur le café. (Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XXII et XXIII, 1846.)
(2) A. de Gasparin, Sur le régime alimentaire des mineurs belges, et Dissertation académique sur le café. [Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XXX, 0.)
renferme pas plus de 14='",8^0 d'azote; ce qui parait le distinguer seulement des autres régimes, c'est l'usage habituel du café bu à tous l(?s repas. » Ce régime est le suivant :
gr.
-2 litres de café : pour café 303^,59 0/22-2 d'azote.
pour chicorée SOj^j-jQ 0,170
pour lait ^^ de litre 0,114
Pain, 1 kil 12,500
Beurre, 60 grammes 0,00-i
Légumes verts, 750 grammes 0,037
Viande, 73 grammes I,7G7
C'est donc à 15^ d'azote (au lieu de :2.3) que se réduit la proportion de substances albuminoïdes qui entrent dans la ration des mineurs belges. Or cette nourriture est encore inférieure à celle que s'imposent par mortification les ordres religieux les plus austères, puisque, d'après de Gasparin, le régime des religieux de la Trappe, d'Aiguebelle (Drôme), contiendrait i5s'" d'azote et i02''' de carbone ou d'hydrogène réduit à 6 équivalents de carbone.
Il faut noter que le mineur soumis au régime en apparence si pauvre, décrit plus haut, est un ouvrier des plus énergiques , et qui supporte les plus dures fatigues.
Aussi de Gasparin se demande si le café n'agirait pas comme aliment indirect, en empêchant l'organisme de se dénourrir trop vite sous l'influence des fatigues corporelles.
Cette explication si originale et si séduisante fut acceptée par quelques physiologistes, mais passa complètement inaperçue des hygiénistes, qui ne la mirent pas à profit autant qu'elle le méritait.
C'est ainsi que nous voyons Payen (1), dans Iç savant ouvrage qu'il a consacré à l'étude des substances alimentaires, négliger complètement les faits entrevus par de Gasparin et insister uniquement sur la forte proportion d'azote contenue
(1) Payen, Des substances alimentaires. Paris, 1853, p. 261.
dans l'infusion de café, pour apprécier le pouvoir nutritif de cette boisson.
Il démontre qu'un litre d'eau et 100 gr. de café fournissent une infusion qui contient 20 grammes de matières solides, et qu'un mélange formé de parties égales de café et de lait contient :
Substances solides. 1/2 litre d'infusion de café. 9,5
1, 2 litre de lait 70
Sucre en movennc 75
Matières grasses,
Substances azotées.
salines et sucrées
Le même auteur insiste en outre sur le pouvoir nutritif de cette préparation, qui contient G fois plus d'éléments solides et 3 fois plus de substance azotée que le bouillon.
Telle est également l'opinion de Boucbardat, qui, considérant la forte proportion d'azote contenue dans les graines de café, admet que l'infusion peut jouer le rôle d'aliment plastique.
Cette question importante du pouvoir antidénulrilif du café avait besoin d'être résolue par l'expérimentation. C'est dans ce but que Bœker et Lebmann ont institué un grand nombre d'expériences, et les cbiffres suivants obtenus par le premier de ces observateurs et confirmés du reste par les travaux du second, établissent définitivement le rôle qui doit être attribué au café comme modérateur de la dénutrition (1).
Unnes rendues sous l'influence
Urines normales. d'une alimentation au café.
?r. gr.
Quantité en 24 heures 1364,500 1739,750
Urée 22,-275 12,585
Acide urique 0,578 0,402
Acide phosphorique. 1,291 0,854
En France, nous avons été un des premiers à démontrer
(2) Voy. H. Chaillou, Du café au point de vue hygiénique et médical. {Journal de médecine et de chirurgie pratiques, 1862, p. 459.)
ACTION SUR LA NUTR TION. /cH^
le pouvoir aniidéperditeur du café, et les expériences que nous avons faites en 1869, et qui figurent dans la première édition de ce travail ont mis pleinement en lumière l'influence qu'exerce cette boisson sur la dénutrition, et son utilité comme aliment d'épargne.
Enfin, dans ces derniers temps, Rabuteau (1) et Eustratiades (2) ont démontré que le rôle antidéperditeur du café devait être attribué à la caféine, dont la présence dans les urines, signalée par Aubert, s'accompagne d'une diminution assez notable dans la proportion d'urée éliminée dans les vingt-quatre heures (3).
Aussi est-ce avec raison que dans le savant travail qu'il consacre à l'étude du café, Jomand (4) a insisté sur les propriétés merveilleuses que présente celte boisson alimentaire au point de vue de l'activité musculaire et de la résistance à la fatigue qu'elle détermine chez les individus qui en font usage.
. « Le café, dit-il, est un aliment à longue portée, dont l'action est durable; quand il est chargé pendant quelques jours de subvenir aux besoins de l'alimentation, il modère les dépenses et diminue les pertes. 11 supprime l'appétit, il éteint la sensation importune de la faim; en même temps, il soutient le ton de la circulation, conserve la chaleur en
(1) Rabuteau, Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1870, p. AiQ et
(2) Eustraliades, Thèse de Paris, 1870, n" 157.
(3) Voici les conclusions qui résultent des expériences instituées par Eustratiades :
1° La caféine diminue l'urée d'une quantité notable. En raisonnant sur les moyennes, on trouve une diminution de li'JfjlOO sur la première semaine, sous l'influence de 15 centigrammes de caféine, et de 28'Jf,100 sur la deu.\icme semaine, sous l'influence de 30 centigrammes de cet alcaloïde.
2° Cette diminution se manifeste dés le premier jour de l'absoption de la caféine. Les jours suivants, elle est plus forte que le premier jour, mais elle reste égale à elle-même, d'où résulte ce fait important, que les effets de la caféine ne s'accumulent pas dans l'économie, comme ceux d'autres médicaments, de la digitaline par exemple.
(1) Jomand, loc. cit., p. 42.
V-rnodérant la sécrétion cotanée, lait supporter raBsirnerïcë~ct le jeune en fortifiant le système nerveux, et dissimule, par l'énergie qu'il leur communique, l'afïaiblissement des organes qu'il ne peut réparer. Associé en faible proportion à une petite quantité d'aliments, il ralentit la digestion, prévient les pertes inutiles, jusqu'à ce qu'un exercice musculaire énergique, relevant lui-même la circulation, provoque i
Ides excrétions plus abondantes, un travail élaborateur plus \ pctif; il prolonge l'action des aliments et permet à l'économie de mieux utiliser tous les sucs nutritifs. »
J \ De son côté^ voici çpmmenUEtBt^aliades (1) a expliqué récemjBfiiiiJa-ilmibliLinf^^ .-^ excitateuT-iliLsystème nerveux et comme modérateni^de la
i nutrition.
« Ces deux résultats, dit-il, semblent impliquer un paradoxe, car la cbaleur et la force sont corrélatives, l'une pouvant se transformer en l'aulie. Mais le café diminue la température, et c'est en se basant sur ce dernier fait que le paradoxe peut s'expliquer. Pendant que l'homme travaille, il brûle sans aucun doute davantage, cl la chaleur provenant des combustions disparaît à l'état de travail; mais pendant le repos, auquel l'homme se livre au moins la moitié de la journée, il combure moins sous l'influence du café que celui qui ne fait pas usage de cette substance. Ce dernier combure davantage pendant le repos, et cela en pure perte. C'est pourquoi le café est beaucoup plus utile aux habitants des pays chauds qu'à ceux des pays froids, les premiers ayant beaucoup moins besoin de produire delà chaleur pour conserver leur température normale, qui est même parfois inférieure à la température de l'atmosphère. »
Nous ne nous occuperons pas plus, pour le moment, des différentes théories qui ont été avancées pour expliquer le pou-
(1) Eustratiades, Etude expérimentale sur les propriétés physiologiques de, la caféine et du café. Thèse de Paris, 1870, no 157, p. 27.
EFFETS THÈilAPEUTIQUES. 317
voir antidéperditeiirdu café; nous les discuterons plus tard, quand nous aurons à déterminer le mode d'action des aliments d'épargne en général.
§ 0. Conclusions. — On voit, d'après l'étude précédente, combien le rôle du café dans l'organisme est complexe; il peut agir en effet à trois titres comme boisson alimentaire :
1" Par l'excitation du système cérébro-spinal; d'oîi son pouvoir dynamique ;
3" Par le ralentissement de la dénutrition, d'où son pouvoir antidéperditeiir ;
o" Enfin, par l'assimilation des principes azotés qu'il renferme, d'où son pouvoir plastique ou réparateur.
Dans le remarquable article que Trousseau consacre au café dans son Traité de matière médicale et de thérapeutique ( l), le savant professeur fait, en terminant, des vœux pour que les médecins aient plus souvent recours à ce précieux médicament.
Malheureusement, nous l'employons encore bien peu aujourd'hui, soit que ce conseil ait passé inaperçu ou ait été peu goûté des praticiens, soit que l'extension considérable qu'a prise dans ces derniers temps cette boisson, en s'introduisant dans le régime de toutes les classes de la société, ait contribué à éloigner de la thérapeutique une substance alimentaire trop usuelle et trop commune pour qu'on la prescrivît comme remède.
Pourtant le café possède, comme nous allons le voir, des propriétés thérapeutiques incontestables, et sans accorder trop de confiance aux succès plus ou moins exagérés qui lui ont été attribués dans une foule d'états morbides, nous men-
(1) Trousseau et Pidoux, Traité de malière médicale et de tliérapeutique, 8« édition, t. II, p. 670.
'Sis) LE CAFÉ.
tfonnerons les affections ou son emploi a été suivi d'une efficacité cerlaine.
1° Comme excitant du système nerveux, ce liquide a été prescrit contre certains troubles de l'appareil cérébro-spinal, contre la torpeur, la somnolence, la léthargie. Fonssagrives (i) considère môme l'usage quotidien de la tasse de café comme un excellent préservatif contre l'apoplexie des vieillards. Il n'a fait, du reste, en cela que suivre l'exemple de H. Petit (1), de Château-Thierry, qui attribue avec enthousiasme à cette précieuse liqueur le pouvoir de prévenir les accidents apoplectiques chez les vieillards et de diminuer la congestion habituelle des centres nerveux.
Un état morbide bien commun, et contre lequel l'administration du café est suivie des efîets les plus satisfaisants, c'est Yadynamie, qu'elle se manifeste dans le cours d'une affection typhoïde (Martin Solon, Fonssagrives), dans la période algide du choléra (Gueneau de Mussy, Trousseau et Pidoux), ou bien qu'elle résulte d'un empoisonnement par les narcotiques, opiacés (Giacomini, Percival, Carminati, Murrey), solanées (Orfila, Bouch:irdat), champignons (Bégin, O'Connor), ou par l'alcool, fait connu de tout le monde.
2° Comme excitateur de la circidation, le café a été employé dans l'aménorrhée, la dysménorrhée (Sparschuch, Gentil, Buchoz, etc.); il a été également prescrit avec succès pour rappeler l'écoulement hémorroïdaire (Sparschuch), pour hâter l'éruption de la petite vérole (Boerhaave), pour faciliter l'expectoration dans les bronchites chroniques (Andry, Roques, OfTret).
On l'a encore préconisé contre un grand nombre d'états morbides caractérisés par la congestion ou la turgescence de
(1) Fonssagrives, Hygiène alimentaire de.s malades, des convalescents et des valétudinaires, 2e édition, 1867, p. 51.
(2) H. Petit, De la prolongation de la vie humaine par le café {Gazette des hôpitaux, p. 446 et 456, 2e édition, 1862, in-S».)
EFFETS THÉRAPEUTIQUES. St9
certains organes; d'après quelques auteurs, ce serait contre ces lésions pathologiques qu'agirait surtout la caféine (1).
Dans les hernies étranglées, si l'on en croit Durand, Meyer, Czernicki, Lamare-Piquot, etc., l'absorption de plusieurs tasses de cette infusion aurait été suivie de la réduction de l'anse intestinale. Enfin, le café a été prescrit avec succès contre la céphalalgie (Buchoz, Baglivi, Percival, Trousseau et' Pidoux).
3° Comme ralentissant la désassimilation et comme diurétique dans le traitement de la gravelle (Sparschuch), de la goutte (Buchoz, Petit, etc.), de l'albuminurie et du diabète sucré (Bouchardat), dans l'hydropisie (Ph. Dufour, Th. Zwinger, Bouchardat).
4'* Comme tonique, dans les scrofules (Gardien), dans le carreau (Grindel), dans le scorbut (Mollembrock, Etmiiller et Larrey).
5" Comme antipénodique (propriété qu'il doit à la caféine), le café a été employé dans les fièvres intermittentes, et, dans ce cas, les auteurs sont unanimes pour témoigner des bons effets de cette boisson comme succédanée du quinquina; tels sont Murrey, Rasori, Grindél, Bouchardat. Le café est, du reste, d'un usage populaire en Russie contre les fièvres d'accès.
C'est encore comme antipériodique que le café agit contre la migraine (Sparschuch, Buchoz, Laudarrabilco), où son association au jus de citron produit quelquefois des effets merveilleux; et contre l'asthme périodique, qu'il combat avec beaucoup de succès, d'après certains praticiens (Pringle, Laënnec, Trousseau et Pidoux, etc.).
Enfin, nous terminerons cette rapide revue en mentionnant quelques autres affections où le café a été prescrit, sans que Ton ait été dirigé dans son administration par un motif rationnel. Telles sont :
(1) Voy. Jomand, Du café. Thèse de Paris, 1860.
320 LE CAFK.
La blennorrhagie et principalement les érections qui l'accompagnent (Marchand) (I), la coqueluche (J. Guyot), les vomissements nerveux (Buchoz), le mal de mer (Larrey, Dethel), rhypochondrie (CuUen), la nostalgie (Fonssagrives), le crétinisme (Chabrand) (2).
Il a été appliqué, mais rarement, à l'usage externe : ainsi, contre les ophthalmies chroniques, à l'état de vapeur ou en lotions; contre la gangrène, associé à la poudre de quinquina (3).
(1) Marchand, Xouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, t. VI, art. Café.
(2) Voy. 0. Laudanabilco, Du café envisagé au point de rue de ses applications : goutte, gravelle, colique néphrétique. Thèse de Montpellier, 186G.
(3) Voy. Fonssagrives, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, t. XI, II'' i>artie, art. Cafk.