IV. INDICATIONS ET CONTRE-INDICATIONS
Les hydrates de carbone doivent constituer l'élément prédominant dans l'alimentation de l'homme ; ils doivent être au moins 4 fois plus abondants que les albumines et 8 fois plus abondants que les graisses dans la ration normale, un certain balancement peut exister entre les graisses et les hydrates de carbone qui peuvent se suppléer en partie.
Il est donc impossible de passer en revue les indications innombrables des hydrates de carbone. Aliment économique il est de ce fait indiqué plus particulièrement dans l'alimentation collective, aliment de travail musculaire dans l'alimentation des travailleurs et des marcheurs (soldats, explorateurs, sportifs, etc.) : hrefc^est par excellence un aliment de travail et de fatigue.
Deux indications diététiques pathologiques précises sont à rappeler :
I® Indications dans les fièvres et dans les affections rénales à cause de leur combustion complète, de leurs faibles résidus, du ralentissement du métabolisme des substances azotées, ce sont les
«lémenls essentiels du régime hypoazoté rappelé précédemment '(voir chlorure de sodium).
2® Indications des hydrates de carbone du type des amylacéiè •dans les infections gastro-intestinales à cause de leur aciion antiputride (Se reporter à ce sujet pour plus de détails aus ^uiïcles ultérieurs consacrés à Tétude du riz et des céréales). Cotte notion •domine absolument à l'heure actuelle la thérapeutique diéLétiqae des affections du tube digestif, on la trouvera traitée ullûiieurement avec les développements nécessaires.
Le sucre en particulier jouit d'une mauvaise réputation d;msles maladies stomacales et cependant Bardet a montré que \c. sucre ■est parfaitement toléré par les hypersthéniques, Lenharl^ le ilonnc dans V ulcère gastrique, L. Meunier dans la gastrite hyperchlorhydrique.
Toutefois il n'est pas douteux qu'en général le sucre en excès soit mal supporté par l'estomac, provoquant facilement des fermentations, des aigreurs, de l'inappétence, des troubles intestinaux. Et en particulier c'est là certainement l'origine des divergences entre les observateurs au point de vue de l'empkk du sucre à hautes doses dans l'armée à l'occasion des ma relit s par exemple et c'est ce qui explique qu'à côté de rapports dithyrambiques, on rencontre ce jugement très documenté du D'^Boigey : « Nous donnions du sucre à nos hommes, pensant leur infuser une vigueur musculaire plus grande ; en réalité, nous les atîalblissions et nous en faisions par surcroît des malades et des dyspeptiques. » Affaire d'estomac I
L'emploi du sucre dans la tuberculose a fait de la part de certains auteurs l'objet de quelques réserves. En général les praticiens après Rabuteau et avec Plicque, Toulouse, Laufer el Massolingo lui reconnaissent au contraire une valeur diététolhcrapeutique de premier ordre.
Mentionnons enfin les propriétés eutociques du sucre, stimulant des contractions utérines.
Mais à poursuivre cette énumération nous sortirions de la diététique.
De tout ce qui précède on voit qu'on est bien revenu dt» « sucrisme » et de ses dangers ; on en est même trop revenu et pour mettre les choses au point nous rappellerons le réquisitoire de Bunge de Bâle déclarant le sucre un produit dangereux et demandant qu^on le surtaxe comme tel. L^usage exagéré du sucre aurait pour conséquence l'appauvrissement de Torganisme en chaux et en fer, appauvrissement particulièrement déplorable et dangereux chez Tenfant. Un enfant quimange beaucoup de sucre, mange peu ou pas d'autres aliments contenant les éléments nécessaires à son évolution, éléments dont le sucre est tout à fait dépourvu ; et c'est à cause de cela que les enfants qui mangent beaucoup de sucre ont les dents mauvaises (insuQisancede chaux), et le visage pâle (insuffisance de fer).
Morale, si j'ose m'ex primer ainsi, ou mieux morales :
I® Usons, n'abusons pas.
2" Il n'y a pas de vérité générale, il n'y a que des véritésparticuUères.
Il faut en prendre notre parti la diététique rationnelle ne se résumera jamais en une formule unique ; elle consistera toujours quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse en la recherche des solutions particulières indéfiniment variées et complexes, résultant de l'adéquation d'aliments eux-mêmes variés et complexes à des espèces cliniques elles-mêmes variées et complexes.