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Considérations sur Valimentation japonaise

Le riz, comme nous l'avons déjà dit et comme tout le monde le sait, constitue la base de l'alimentation courante asiatique. Les Asiatiques suppléent à l'insufi^nce du riz en graisse et en albuminoïdes par l'addition de graisses diverses, de poissons, de fromage et de cette si curieuse préparation de Soja, qui leur tient lieu à la fois d'extrait de viande, grâce à sa richesse en albuminoïdes, et c(e condiment grâce à sa saveur, et qui mériterait vraiment une étude diététique approfondie.

La guerre russo-japonaise a violemment attiré l'attention vers toutes les choses d'Extrême-Orient, vers les mœurs et coutumes japonaises en particulier ; on va volontiers et très rationnellement chercher des leçons et des exemples chez les vainqueurs. L'alimentation japonaise a fait l'objet de longues dissertations ; on a vanté le « végétarisme japonais », on y a cherché un nouvel argument contre l'excès du camivorisme européen et américain, on a combattu, en s'appuyant sur elle le préjugé de l'azote. Il apparaît, en effet, de plus en plus que notre alimentation traditionnelle est trop riche en viande et en albuminoïdes et qu'il serait rationnel d'augmenter dans nos rations alimentaires la part des aliments végétaux et de diminuer la part des aliments animaux dont on s'exagère cependant quelque peu la nocivité. Mais en ce qui concerne l'alimentation japonaise en particulier, avant d'en tirer des conclusions formelles, il faudrait la connaître de façon précise, car si les chiffres donnés par le Temps ordinairement bien informé sont exacts, la ration alimentaire du soldat japonais en campagne ne fournirait aucun argument contre l'albuminisme alimentaire et le préjugé de l'azote. En effet, dans une correspondance très détaillée datée de Tokio (16 mai 1904), le correspondant du Temps donne les chiffres suivants : « La ration

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du soldat ne comprend pas de pain. Elle est composée de -200 grammes de riz ; 45o grammes de viande fraîche souvent remplacée par les abondantes volailles de Mandchourie, ou 220 grammes de poisson salé ou 320 grammes de poisson sec, quantités qui sont augmentées de 70 grammes quand la troupe est en marche ; puis 4oo grammes de légumes frais ou i5o grammes de légumes secs ; i5 grammes de thé ; 10 grammes de sauce -de légumes pour assaisonner le riz ; 20 centilitres d'arac.

« Les commandants d^unités peuvent ordonner comme extras "20 grammes de sucre, 70 cigarettes sans compter 5 œufs par semaine. »

Bref, la ration ordinaire ou moyenne du soldat japonais en campagne se composerait de 200 grammes de riz, tenant lieu de pain, 45o grammes de viande fraîche ou son équivalent en poissons, 4oo grammes de légumes frais ou son équivalent, 200 centimètres cubes d'arac, 10 grammes de Soja.

Si nous prenons comme type de viande fraîche la viande moyenne de bœuf, et comme type de légumes frais la pomme de terre, et que nous admettions 5o pour 100 comme titre de rarac(Munck et Ewald donnent 45 à 70 pour 100), nous obtenons le tableau suivant :

aoo grammes de riz. . . . .

45o grammes de viande fraîche

(bœuO

4oo grammes de légumes frais

(pommes de terre). . .

10 grammes de sauce de Soja.

i5 grammes de thé

aoo cent, cubes d*arac. . . .

Total

ALBUMI- NOIDBS

GRAISSES

HYDRATES

OK GAMOIIB

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