‹ Les aliments usuelsChapitre 6 sur 105 · O.PO.(OH · texte numérisé non relu

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Cet acide fut isolé et expérimenté par MM. Gilbert et Postcrnak, tant au laboratoire qu'en clinique humaine, et son assimila-

I. Voir i l'article « Céréales » quelques formules de ces décoctions.

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tion reconnue. Employé dans des cas variés où le métabolisme phosphaté était troublé, il se montra exercer une action remarquable tant sur la nutrition phosphorée que sur le dynamisme organique général et, partant, exercer une action utile dans la tuberculose, à ses diverses périodes, dans les convalescences des maladies infectieuses, dans la chlorose, les anémies, les états neurasthéniques.

Bref, la clinique humaine, confirmant en tous points les prévisions de la chimie biologique et les enseignements de la zootechnie, a démontré que les aliments végétaux, les céréales en particulier, étaient les vecteurs les plus ordinaires du phosphore, dans l'organisme humain, et que les céréalophosphates constituaient à rheure actuelle les agents les plus puissants, les plus efficaces et les plus maniables de la médication phosphorée.

Sous quelle forme convient-il de les employer?

Le mode d'administration le plus simple des phosphates végétaux est, cela est bien évident, un régime bien compris, riche en céréales et en légumineuses. Mais il est des cas où le régime seul se montre insuffisant et où il est rationnel d'instituer une véritable médication phosphorée.

Les tableaux de JoUy indiquent que, pour les aliments de provenance animale, le rapport de l'acide phosphorique à l'azote total varie de i/2,5 pour la cervelle de veau et i/3 pour le lait à i/8,5 pour la viande de bœuf de deuxième qualité. Le régime carné riche en azote est généralement déficitaire en acide phosphorique. Dans les aliments végétaux le rapport de l'acide phosphorique à l'azote est en général plus élevé, il est en moyenne de 1/6 pour le pain, i/5 pour le riz, i/4 pour les haricots en purée, 1/3 pour les pommes de terre et même 1/2 pour la carotte. 11 en résulte que, en bloc, le régime végétarien pauvre en azote est riche en acide phosphorique,

« 11 est donc évident que le régime mixte, pain, viande,

légumes, peut donner des rations satisfaisantes, suivant le choix et la quantité des aliments consommés. Mais comme ce choix ne peut être que laissé au hasard et, comme les quantités sont souvent excessives ou insuffisantes, il arrive très fréquemment que la nutrition est imparfaite et déficitaire surtout à Pégard de Tacida phosphorique, dans les villes où le régime carné tend à prédominer, et à l'égard de l'azote, à la campagne où c'est au contraire le régime végétarien qui s'impose le plus souvent. » Dans la ration dite normale de Payen, pour un adulte de 63 kilogrammeSj savoir 3oo grammes de viande de bœuf désossée et looo grammes de pain , le rapport précédent est de 1/7, 5, donc déficitaire ; elle ne fournît que 2*'',75 d'acide phosphorique, dose probablement insuffisante. M. Joulie émet cette hypothèse à laquelle on ne peut refuser quelque vraisemblance : « Le développement extraordinaire, à notre époque, des maladies nerveuses, groupées par récole actuelle sous le nom de neurasthénie, n'a pas d'autre cause que l'afiaiblissement du système nerveux par suite des pertes d'acide phosphorique que lui fait éprouver son fonctionnement souvent exagéré, en présence d'une alimentation pauvre en acide phosphorique. » En fait l'addition d'acide phosphorique et de phosphate acide de soude au régime alimentaire donne «souvent des résultats tout à fait remarquables dans les neurasthénies et les psychasthénies (Joulie, Cautru, Martinet) ; l'extension étonnante à notre époque de la médication phosphatée, l'énorme consommation de phosphates, glycérophosphates, hypophosphites, lécithines, nucléines, etc., semble bien n'être que le correctif rationnel d'une alimentation phosphoriquement déficitaire ; nous avons constaté la même correction pour le sel^ mais ici, à l'inverse, les deux causes de déficit phosphorique (alimentation camée et usure nerveuse) rendent la consommation beaucoup plus fréquente et abondante dans les villes.

MM. Gilbert et Poslernak ont obtenu, en clinique humaine,

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des résultats intéressants par l'emploi de Facide anhydro-oxyméthylène-diphosphorique, qui constitue manifestement un agent utile de la médication phosphorée.

M. Springer, et tous les pédiatres, ont obtenu en clinique infantile des résultats très probants dans le traitement des retards, arrêts de croissance généralement quelconques, par Femploi de décoctions de céréales de formules variées ; depuis, ces décoctions ont été employées avec succès dans les états les plus divers, ayant comme symptôme commun une perturbation appréciable dans Tassimilation ou la désassimilation des phosphates, un trouble du métabolisme phosphore; bref, les décoctions de céréales* se sont comportées comme des solutions parfaitement assimilables de céréalophosphates, ce terme générique compréhensif désignant l'ensemble des phosphates minéraux et organiques contenus dans les céréales (lécithines, acide anhydro-oxyméthylène-diphosphorique, phosphates organiques de constitution actuellement inconnue). Elles constitueraient donc une forme quasi idéale purement diététique de la médication phosphorée organique végétale si on ne se heurtait à deux gros desiderata d'ordre étroitement pratique : ces décoctions sont longues à préparer (elles nécessitent trois ou quatre heures d'ébuUition) ; elles sont difficiles à conserver (vingt-quatre ou quarante-huit heures au plus à cause de leur facile fermentation) ; ajoutons qu'elles ne sont pas toujours de constitution identique, la teneur en phosphates est évidemment variable.

Il sera, en conséquence, rationnel de s'adresser aux extraits titrés de ces décoctions de céréales, aux céréalophosphates, qui représentent la totalité des substances nutritives phosphatées et autres desdites décoctions, et qui, sous leur forme pulvérulente, farineuse ou granulée, sont d'un emploi facile, voire agréable, d'une teneur constante en principes phosphores, d'une conservation indéfinie, qui réalisent de la façon la plus complète la médication phosphorée organique végétale. Les extraits de

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