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De quelques fruits en particulier

Les abricots sont à rapprocher des pêches dont nous parlerons ultérieurement. Ils sont surtout à conseiller cuits en marmelades, coûipotes, confitures.

Les airelles [Myrtilles (Vaccinium Myrtillus), Ericacées (Heidelbeer)] sont les baies violet noir d'un arbuste com-

mun dans les régions montagneuses exemptes de calcaîr<î; ellesr sont rafraîchissantes, faiblement acides, légèrement asli Ingénies.

D'après Munck et Ewald elles auraient la composition siii^ vante :

H/drates de carbone.

Eau. Aibumine. ^ ^' " "^ » '"" , T* Cellulose. Acides. Ccinlif^!^, Sucre. Amylacés.

89,6 0,1 1,5 5 1,3 2,3 iy,l

Gubler formulait déjà à leur sujet le jugement suh anL : 1» poudre, l'extrait, le suc de baies de myrtilles convieniu:nt dan& la diarrhée bilieuse, l'embarras gastro-intestinal, l'entéi itù ai^niiv primitive ou secondaire.

On sait l'usage qu'en fait Combes à l'heure actuelle dans 1(? traitement de l'entéro-colite mucomembraneuse.

Les cerises sont des fruits très aqueux, très acidulés, en général bien digérés, rafraîchissants et diurétiques à l'état frais; un peu laxatifs, comme la plupart des fruits ils sont à défendre à l'état frais dans l'entérite. Leur suc exprimé dans l'eau donne pour les fébricitants une boisson rafraîchissante.

D'après Weiss une urine après ingestion de 760 grammes? de cerises ne renfermerait presque plus d'acide urique mais contiendïail le double d'acide hippurique ; l'agent principal de cette transformation serait l'acide quinique.

Gubler formulait à leur sujet le jugement suivant : Leurs pruneaux sont diurétiques et servent à préparer des tisaiieis utiles aux sujets dont l'urine est rare et sédimen taire, peut être aux hydropîques, sûrement aux goutteux.

On en obtiendrait souvent d'excellents résultats dans les crises de goutte, mais on ne peut les appliquer à tout malade indiâlinctement car elles provoquent parfois des troubles digestifs qu^il faut éviter avec soin ; c'est d'ailleurs là l'écueil de toutes les « cures de fruits ».

Les citrons. Le jus de citron est surtout formé d'acide citrique, d'acide malique, de gomme; son acidité est forte et agréable^

aCe DES ALIMENTS EN PARTICULIER

étendu d'eau il constitue une boisson saine, rafraîchissante très appréciée par les fébricitants.

Son jus et sa pulpe ont été employés à haute dose non sans succès dans beaucoup de maladies : hydropisie, fièvre jaune, scorbut et surtout rhumatisme où il s'est montré d'une efficacité manifeste ; on a fait faire de véritables « cures de citron » ; dans certaines observations il est fait mention du jus de 20, 25, 3o citron, de pareilles doses sont dangereuses pour l'estomac, pour l'intestin et même pour la vessie ; il sera sage de s'en tenir à la dose quotidienne moyenne de 6 à 8.

Coings. Leur pulpe renferme du sucre, du tanin, de Tacîde malique, de la pectine et des substances azotées. Son astringence est telle du fait de sa teneur en tanin que sa chair n'est pas comestible à l'état frais ; on la fait confire par tranches et on en prépare d'excellentes marmelades et d'excellentes gelées très parfumées.

Leurs qualités astringentes, toniques tout à la fois et stimulantes, les faisaient employer avec succès jadis dans le traitement des diarrhées a toniques séreuses ; on pourrait employer au besoin des coings soumis à la cuisson sèche et mangés chauds ; le sirop de coings des pharmaciens possède les mêmes propriétés; on l'employait beaucoup aussi pour édulcorer les boissons qu'on administrait contre l'entérorrhée, les vomissements chroniques, etc. Ces moyens sont actuellement bien délaissés, nous nous sommes quelquefois trouvé fort bien de leur emploi.

Les dattes ont une chair sucrée, solide, aromatique, très savoureuse ; leur composition, d'après Balland, serait la suivante : •eau 24 ; albumines 2 ; sucre et acide tannique 67 ; cellulose 5 ; cendres i,5. Elles sont, comme on voit, très nourrissantes. Elles tiennent une large place dans l'alimentation des Arabes, des Indous et des Persans ; leur culture est commune dans TOrient, l'Algérie, l'Italie et l'Espagne méridionales. C'est un bon fruit, très sain, généralement bien digéré. Il était classé dans les fruits pectoraux considérés comme émollients, adoucissants et utilisés à ce titre avec plus ou moins de raison contre les maux de gorge, les rhumes, les inflammations des voies urinaires (Gûbler).

FRUITS îC7

Les Jigues renferment 70 pour 100 de sucres divers, des sels neutres et des semences qui, cheminant non digérées tlans le tube digestif, contribuent à stimuler l'intestin, d'où leurs propriétés laxatives, c'est le type des aliments draineurs. C'est un aliment très nourrissant, adoucissant, émoUient, laxatif. Avec dQs iigues, des pruneaux et un peu de séné on peut fabriquer une niaïinelnclc très laxative.

Les fraises ont une action bien dififérente suivant les individus ; d'une façon générale elles ont des propriétés rafraîcl lissantes el relâchantes ; elles sont dangereuses pour certains estomacs aslhéniques et chez les sujets prédisposés à l'urticaire et à rec/enia ; elles sont utiles chez les pléthoriques, les bilieux, les ^^ravcletix, les goutteux. Les fraises alcalinisent les urines par transformation de leurs sels alcalins, comme il a été dit précédera n Min t. Leurs bons effets dans la gravelle et dans la goutte avaient déjà été reconnus par Graves et par Linné ; au dire de Gubler, une cure de fraises équivaudrait à une cure de raisins dans la dialhese inique, dans la gravelle biliaire et dans les affections liépa tiques. Des expériences récentes ont confirmé ces vues ; on utilise la cure de fraises à la dose quotidienne de 3oo à 5oo grammes, mais il faut surveiller les intestins et la peau. Les fraises renreî ment en effet un dérivé salicytique auquel elles doivent prol>ablemcnt leurs propriétés curatives, mais qui provoque souvent des éruptions comme il a été dit.

Les framboises sont légèrement acides et rafraîchissantes ; elles peuvent se manger crues ou cuites à la façon des fraises ; elles servent surtout à parfumer les sirops, les glaces, les sorbets , auxquels elles communiquent une très belle couleur poniprc. Elles seraient utiles contre les « diathèses hémorragiques » (Guhkr).

Les groseilles sont des fruits acidulés renfermant vuic j^^iande quantité d'acide citrique, elles jouissent en conséquence des propriétés des acidulés, savoir :

1° Légère action styptique locale avec pâleur et réfrigération ;

2* Diminution momentanée des phénomènes chimiques de l'hématose ;

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3^ Transformation en carbonates alcalins des acides de la groseille et sédation de la fièvre, finalement alcalinité de Turine si la dose ingérée est suffisante.

Les mûres sont proches voisines des framboises dont elles partagent les propriétés.

Les oranges, originaires de l'Asie, sont cultivées depuis un temps immémorial sur les côtes méditerranéennes. Le jus d'orange renferme surtout des acides citrique et malique, du sucre, des mucilages, de Talbumine et du citrate de chaux. C'est un fruit délicieux, succulent, très rafraîchissant, surtout convenable aux climats chauds et aux saisons chaudes. L'orangeade est une boisson de choix chez les fébricitants ; le jus d'orange constitue un véhicule fort commode pour l'huile de ricin.

Les pêches, originaires de la Perse, sont particulièrement parhimées. C'est un fruit très aqueux, légèrement acide, sucré, rafraîchissant, dont Tabus entraine facilement le dérangement des fonctions digestives.

Les pommes et les poires sont surtout des fruits d'hiver. Leur charpente cellulosique en fait des aliments lourds et indigestes ; aussi faut-il surtout les recommander cuits au four ou sous forme de compotes ou de marmelades.

[Au sujet des propriétés diététothérapeutiques des pommes : (Voir Cidre).]

Les prunes viennent après le melon comme teneur en eau ; elles sont froides et lourdes. Ce sont des fruits sucrés, rafraîchissants, parfois très parfumés ; mais elles ont à un haut degré l'inconvénient si souvent rappelé des fruits frais, elles prédisposent aux dérangements intestinaux ; elles conviennent aux personnes sujettes à la constipation.

Elles se mangent fraîches ou confites dans l'eau-de-vie ou, et c'est la forme la plus recommandable en diététique, cuites en compotes, en marmelades, en confitures ; écrasées dans l'eau elles constituent une boisson rafraîchissante, mais très laxative et très fermentescible ; fermentées dans de l'eau elles fournissent de l'eau* de-vie de prune ; séchées au four elles constituent les pruneaux

FRUITS sGg

réputés pour leurs propriétés laxatives qu'on renforcera singulièrement en mettant dans l'eau avant la cuisson un sachet de mousseline bourré de follicules de séné lavés k Talcool (6 à 8 grammes suivant les cas) qu'on retirera après cuisson.

Raisins. Les grains de raisin, quelle que soit leur provenance, contiennent les éléments suivants en proportions variables : tanins, substances albuminoïdes, cellulosiques, gommeaseSj matières colorantes et surtout sels Si acides minéraux et sels à acides organiques (malates, citrates j tartrates) et enGn hydrates de carbone du groupe des sucres (glucose, saccharose, dulcite et raannite). Leur teneur élevée en sucre (2 5 pour 100) en fait de véritables aliments. L'acidité des grains de raisin diniimic el la teneur en sucre augmente comme celle de tous les fruits en général suivant les progrès de la maturation-

Les raisins frais gorgés de sucs sont nourtissants, rafraîchissants, alcalinisent les urines par suite de leur transformation en carbonates alcalins ; pris en trop grande quantité ils peuvent amener des flatulences et des désordres intcstinau)t. Leur teneur élevée en sucre les contre-indique particulièrement chez les diabétiques. Associés à une diète constipante telle le lait et les œufs ils contribuent à assurer le bon fonctionnement du tube digestif.

Les raisins secs sont plus sucrés et moins acides ; la dessiccation leur fait perdre en même temps que de Teau une quantité appréciable d'acides libres, en sorte que leur teneur relative en sucre est plus élevée. De ce fait ils ne se comportent pas comme les raisins frais, mais sont toutefois rafraîchissants, leur digestion est assez difiicile. Il est fait dans les populations turques une consommation considérable de raisins a Tétat frais, h rélat sec et sous forme de raisiné.

Les cures de raisins constituent un moyen thérapeutique extrêmement puissant et trop oublié. Nous en rappellerons h grands traits la technique :

Choix du raisin : Le meilleur est la variété dite « Chasselas de Fontainebleau ». Bouchardat recommande encore les fondants

verts et roux des cantons de Vaux, de Vevey, de Montreux, voisins des Chasselas. La cure peut évidemment très bien se faire à Paris.

En dehors des variétés de choix précédentes on pourra prendre des variétés modérément sucrées à grains sphériques petits ou moyens, à peau tendre, à jus abondant.

La durée de la cure sera de 3 à 6 semaines suivant le cas considéré.

La dose variera de i/a kilogramme à 2 kilogrammes progressivement ; les doses de 3 à 5 kilogrammes préconisées par quelques auteurs sont excessives et dangereuses pour l'intestin et pour le foie, il suffit de réfléchir qu'à l'état frais 5 kilogrammes de raisins représentent la dose énorme de i 260 grammes de sucre pour voir à quel surmenage le foie peut être soumis par une telle cure.

Le mode de cure traditionnel est généralement le suivant :

La moitié environ de la dose quotidienne 3oo grammes à I kilogramme est prise le matin entre 6 et 8 heures, une heure au moins avant le petit déjeuner, 20 minutes à une demi-heure doivent être consacrées à cette prise.

Le quart, soit 200 à 5oo grammes, sera pris une heure avant le repas de midi.

Le quart restant, 200 à 5oo grammes, sera pris une heure avant le repas du soir.

Il faudra rejeter les pellicules et les pépins, écarter surtout avec soin les grains sulfatés pour éviter l'intoxication cuprique, à ce sujet et malgré l'opinion diflérente de quelques auteurs, nous croyons plus sage de laver le raisin grappe à grappe à Teau bouillie. Si le raisin est pris sans plaisir, s'il provoque des troubles gastro-intestinaux on réduira les prises ou même on suspendra momentanément la cure. Pendant la cure il sera sage de faire des repas modérés et essentiel de prendre beaucoup d'exercice.

Les ejffets physiologiques d'uïiQ telle cure sont puissants, on peut les résumer comme suit :

Augmentation de la diurèse.

Diminution de l'acidité urinaire.

Diminution de la valeur absolue et relative de l'acide uritjue.

Action laxative, dérivation intestinale, diarrhée passagère.

Diminution des fermentations intestinales.

Hypersécrétion biliaire, suractivité de la fonction hépatique.

Suractivité des fonctions digestives, excitation de l'appétit.

Action d'épargne vis-à-vis des matières azotées et des matièi-es grasses (grâce évidemment aux hydrates de carbone ingérés).

Nous n'entrerons pas dans le détail du mécanisme intime, du pourquoi des actions élémentaires susrappelées ; elles sont cUniquement bien établies.

Les indications principales de la cure de raisin en découlent ;

Elles sont surtout hépatiques, intestinales et rénales.

Diurétique, alcalinisante, elle agit puissamment dans Varicémie, la gravelle urique en particulier.

Laxative, dérivative, elle rendra de grands services dans le traitement de la constipation habituelle, des hémorrhoïdes ,

Biligénique, excitatrice des fonctions hépatiques elle trouve une indication particulièrement précise dans la lithiase biliaire.

Son action sur la nutrition a été utilisée quelquefois avec succès dans les maladies à dénutrition rapide, telle la tuberculose.

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