TRAVAIL
I 4io
Fèces. .
Respiration
Total
En sorte qu'on admet en général un besoin d'eau adéquat aux pertes, savoir pour un adulte de 60 kilogrammes au repos environ 2 litres, au travail environ 2 litres et demi ; mais d'après les calculs de Voit 1/6 de cette eau éliminée résultant de l'oxydation intra-organique de composés divers, graisses et hydrates de carbone, les besoins réels de l'organisme, en d'autres termes le
taux de l'eau à ingérer devrait être ramené aux 5/6 des cliiffrca précédents savoir : i litre deux tiers environ au repos, 2 litres environ au travail.
Si l'eau est ingérée en quantité dépassant les besoins, Tex cèdent d'ingestion est, chez l'individu normal, rapidement éliminé principalement par les reins et la peau. L'excrétioji cutanée intervient surtout dans certaines circonstances qui favorisent la vase dilatation cutanée (course, température élevée, etc.). Eei raemc temps l'excès d'eau détermine une légère augmentation de k désassimilation des albuminoïdes et d'une façon générale des processus d'oxydation ; celte action désassimilative est surloiil marquée quand l'eau est prise en dehors des repas; cette leniarque a fait employer la cure hydrique dans certaines cures d'aniaî^îssement et dans l'uricémie.
Si l'eau est ingérée en quantité insuffisante la graisse du corps diminue plus ou moins rapidement surtout si on active réiimination cutanée, pulmonaire et rénale de l'eau par des manœuvres et une hygiène appropriées : c'est le principe de la euro de l'obésité dans la méthode d'Œrtel. Dans ce cas l'organisme combat Ja déshydratation des tissus par catalyse des substances organiques^ des graisses, en particulier oxydation de l'hydrogène desdites substances et mise en liberté d'eau. Mais cette méthode n'est pas sans danger car la déshydratation ainsi obtenue peut dépasser les limites permises et on voit se produire alors une série d'accidents du genre de ceux qui éclatent quelquefois à l'occasion des «grandes pertes brusques d'eau par brûlures ou diarrhée profuse : épuisement du sang, anurie plus ou moins complète, crampes douloureuses, faiblesse cardiaque. Des expériences de Nothwang il résulte que des pigeons nourris de graines sèches sans eau deviennent malades après avoir perdu i/io de l'eau totale du corps et meurent après en avoir perdu i/5.
L'eau est la boisson fondamentale, la boisson type, la boisson
vraie : car les boissons alcaloïdiques ou alcooliques ne sont que des solutions très étendues qui renferment toujours au moins 80 pour 100 de leur poids d'eau.
L'eau potable, Teau de boisson doit être claire, transparente, inodore, d'une saveur pure et rafraîchissante ; elle doit renfermer au maximum par litre comme résidu d'évaporation 1/2 gramme de substances fixes ; elle doit être exempte d'éléments organisés ou du moins n'en renfermer qu'une quantité correspondant au maximum à 6 milligrammes de permanganate de potasse par litre ; les sels terreux ne doivent pas dépasser o'^ao par litre ; elle ne doit renfermer que des traces de chlorures, de nitrates, de sulfates et doit être tout à fait exempte d'ammoniaque, d'acide sulfliydrique et d'acide azoteux.
Ces diverses conditions sont surtout remplies par l'eau de source et l'eau de puits ; il faut de plus que lesdites sources et Icsdits puits soient protégés contre toute contamination, car l'eau est le véhicule naturel du bacille typhique et les épidémies constatées ont souvent eu pour origine l'usage d'eau de rivières contaminées. En dehors donc des conditions chimiques précitées, l'eau doit remplir celle d'être exempte de microbes pathogènes.
C'est pour réaliser cette stérilisation que l'on pratique la filtration, TébuUition et la distillation de l'eau. La filtration avec les filtres ordinaires n'offre pas toujours une complète sincérité. L'eau distillée ou suffisamment bouillie est stérile mais dépourvue de saveur rafraîchissante, lourde, indigeste ; à vrai dire l'argument qu'on a tiré contre l'eau distillée de son action nuisible sur les cellules animales vivantes, l'eau n'étant inoffensive pour les protoplasmas qu'à partir d'une certaine teneur en sels, nous paraît absolument théorique, l'eau distillée trouvant certainement dans les aliments qu'elle accompagne suffisamment de sels pour récupérer ceux qu'elle a perdus. Mais l'eau bouillie pure est insipide, fade, peu fraîche, lourde à l'estomac, bref désagréable ; nous ne connaissons qu'une seule façon d'en corriger les défauts, c'est de la faire prendre comme nous le verrons plus loin sous forme d'infiision (tilleul, camomille, feuilles d'oranger, orange, sauge, etc., etc.).
BOISSONS jiSg
On peut encore rendre l'eau bouillie agréable en la gazéifiant «LU moyen d'acide carbonique qui lui communique une saveur acidulée, excite les sécrétions gastriques et produit même à une certaine dose de la stimulation générale et de l'exhilaration cérébrale ; •cette gazéification s'obtenait jadis au moyen de poudres gazogènes ^acide tartrique et bicarbonate de soude), on l'obtient aujourd'hui .à l'aide d'acide carbonique liquéfié (Sparklets), et depuis quelque temps à l'aide d'oxygène liquide ; mais les quantités de gaz ainsi dissoutes sont beaucoup trop élevées (jusqu'à 3 litres de gaz par litre de liquide) et exposent à des accidents dyspeptiques, il sera •donc prudent de ne boire l'eau ainsi gazéifiée qu'après avoir laissé ^échapper une grande partie de ce gaz. Il faut d'ailleurs bien ^savoir que l'acide carbonique ou l'oxygène n'exercent aucune action antiseptique appréciable sur les microbes pathogènes que peut renfermer l'eau et qu'en conséquence l'eau doit être préalablement stérilisée.
Toutes ces considérations ont contribué à répandre de plus en plus sur nos tables Tusage des eaux minérales et cet usage est à encourager. Toutefois public et médecins doivent bien se rappeler i^ qu'une eau minérale n'est pas nécessairement stérile, que tout <îépend des soins avec lesquels la source est isolée, surveillée, captée, embouteillée; 2® qu'on ne saurait employer indistinctement telle ou telle eau minérale plus ou moins minéralisée j qui du fait de sa composition peut exercer une action secondaire favorable ou défavorable dans le cas considéré. Ces deux raisons et ^beaucoup d'autres montrent bien que le choix d'une eau de ^able est afiaire médicale.
La dose optima d'eau à prendre aux repas est fonction de multiples facteurs. D'une façon générale on peut admettre que la dose moyenne de 2 verres par repas soit o\4oo à 1/2 litrcj est une dose suffisante. Il y aura toujours intérêt à réduire celle •dose à un verre chez les dyspeptiques, à la porter au contraire à Martinet. — Aliments usuels. 19
3 chez les uricémiques. Dans Pun et Taulre cas il faudra conseiller de boire un ou deux verres en dehors des repas, de préférence 3 heures après le repas chez les dyspeptiques, une heure ou deux avant chez les uricémiques ; cette pratique a pour but de parfaire la ration hydrique chez les dyspeptiques à un moment où la digestion gastrique est suffisamment avancée pour n'en être pas entravée (nous prescrivons habituellement ici une infusion eupeptique orange, tilleul, camomille, thé); de « laver le sang », de dissoudre l'acide urique, d'activer la diurèse chez l'uricémique, à un moment où le tube digestif est relativement au repos.
La température est à considérer : glacée l'eau congestionne la muqueuse stomacale et retarde la digestion, si même elle ne l'empêche ; vers lo**, elle est tout à fait fraîche, agréable, c'est la température optima pour les non dyspeptiques ; chez les dyspeptiques au contraire il y aura intérêt à employer l'eau tiède 3o à 38** qui favorise le travail digestif, diminue les flatulences, calme l'irritation stomacale et en favorise l'évacuation. Mais l'eau tiède ou chaude est franchement désagréable, aussi la prescrira-t-on toujours sous forme d'infusions aromatiques, stomachiques, diurétiques, etc.
D'une façon générale on peut dire que l'eau active les sécrétions intestinales, excite les émonctions, surtout des reins et de la peau, « lessive » de ce fait l'organisme et hâte les mouvements d'assimilation et de désassimilation.
Prise en excès surtout pendant les repas elle excite peu la musculature stomacale, distend l'estomac, favorise l'indigestion et la dilatation, provoque la diarrhée ; par ailleurs elle dilue le sang, active la désassimilation, fatigue le cœur, favorise l'anémie.