I. Lander Brunton. Action des médicaments. G. Naud, éditeur
râdynamie marquée mais pas extrême, la situation sérieuse; nous faisons simplement administrer quatre cuillerées à café de vieux cognac dans un petit lavement (nous avions quelques raisons de craindre une intolérance stom^^cale qui, à ce momentj eût pu être fatale); en quelques minutes la température remonLc à 37°, le pouls reprend quelque force et bat 84, radynamîc s^atténue et tout malaise disparait quand la malade s^est alimentée. Si la comparaison ne semble pas trop triviale, Faction thérapeutique semble ici comparable à celle qu'on exerce, sur un feu qui s^éteint, par Taddition de substances extrêmement combuË;rLb]es (éther, alcool, pétrole) qui raniment la flamme qu'on entretient ensuite avec des aliments d'une combustion plus lente.
Sir Samuel Wilkes rapporte dans le Boston médical and surgical Journal le cas, sans doute comparable au précédent, d'une petite fille atteinte de fièvre typhoïde et qui, mourante en apparence (apparently dying)^ fut rapidement améliorée et guérie à la suite de l'administration de doses énormes de Brandy.
Dans les cas de ce genre, l'alcool est donc susceptible d'agir comme un puissant toni-cardiaque, pyrétogène, stimulant du système nerveux, et dont l'action est extrêmement rapide. Cela parait incontestable. L'indication est donc précise dans le collapsti« post-infectieux.
L'emploi de l'alcool dans le cours de la pneumonie et, en général, des maladies infectieuses adynamiques est traditionnel — et nous n'avons trouvé de son action aucune explication plus satlsfaisante que celle de Todd. « Dans la pneumonie, il se fait dans les alvéoles un exsudât particulier qui les comble bientôt, le poumon devenant une masse dure et solide. Pour que la guérison ait lieu, il faut que tout cet exsudât se résorbe et que les alvéoles reviennent à leur condition première. Les procédés que la nalure emploie pour amener la guérison sont très compliqués, et personne, je crois, ne soutiendra que nous possédons quelque drogue
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capable, par une action directe sur Torganisme, de réaliser cette guérison. »
« Dans Taccomplissement de ces modifications, il se fait une dépense considérable de force nerveuse et de sang ; aussi devonsnous fournir à Torganisme un genre d'aliment qui, facilement assimilable f se trouve en même temps capable de soutenir les forces nerveuses et d'entretenir la chaleur animale. L'alcool est cet aliment; il est assimilé par un simple fait d'endosmose; il exerce une influence spéciale sur la nutrition du système nerveux et, par sa combinaison avec l'oxygène du corps, il fournit du combustible pour Ventretien de la température animale, » Comme le rapporte M. Talamon dans son commentaire, on n^a jamais rien dit de plus sage et de plus précis.
L^alimentation pendant ces périodes fébriles est insuffisante pour fournir les 2 000 calories nécessaires à l'existence d'un individu de poids moyen; le sujet vit sur son capital, combure ses graisses et ses albuminoïdes ; sa force vive, sa puissance vitale, son énergie, baissent ; dans ces cas, la thérapeutique alimentaire exerce une action capitale.
Un gramme d'alcool fournit 7 calories et sa combustion est d'autant plus rapide et complète que la fièvre est plus forte ; c'est ainsi que, suivant la remarque du P' Pouchet, chez unpneumonique, si on administre 4o à 60 grammes d'alcool, on ne trouve pas trace d'alcool dans les urines et il est absolument impossible de percevoir la moindre odeur de l'haleine si l'on a fait rincer la bouche du malade après l'ingestion et fait avaler un peu de lait pur. Pour Bunge, de même, « l'alcool est brûlé en grande partie dans l'organisme ; une petite portion seulement est éliminée telle quelle par les reins et les poumons. L'alcool est donc à n'en pas douter une force vive dans notre corps. »
L'alcool exerce donc une action d'épargne sur les substances albuminoïdes dont il permet de réduire la ration au minimum ; c'est un « aliment d'attente » qui permet d'atteindre des jours meilleurs.
Mais, dans ces cas, nous sommes de tous points de l'avis de
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Todd, de Béhier et de Talamon : si ron veut obtenir un effet réellement utile, il faut prescrire l'alcool à doses alimentaires {dans le cas indiqué, nous le répétons), c'est-à-dire prescrire au moins loo grammes de rhum ou de cognac dans les vingt-quatre heures, la dose classique de la potion dite de Todd étant absolument insuffisante ; et comme c'est une stimulation continue qu'on veut obtenir ici, on devra donner la potion par doses fractionnées toutes les deux heures, par exemple :
Teinture de canelle 5 grammes.
Rhum vieux ) ^
c- • 1 [ aa loo —
Sirop simple ]
Eau de tilleul 4o —
Une cuUlerée à soupe toutes les deux heures.
Le rhum titrant environ 60 pour 100, les 100 grammes représentent 60 grammes d'alcool pur correspondant à 420 calories (60 X 7), 60 grammes de sucre en fournissent (60 X 4) 2^0 ; une potion du genre de la précédente représente donc 660 calories ; son pouvoir calorigène est théoriquement équivalent à celui d'un litre de lait; il lui est pratiquement supérieur, car sa combustion est certainement plus complète et son absorption nécessite une. dépense vitale moindre. Il est bien entendu que nous disons son pouvoir calorigène et non son pouvoir nutritif, ce qui est tout à fait différent.