LE MILITARISME EN ALLEMAGNE
passions nationales se donneront libre carrière. Les peuples et les races ont des fatalités : et qui sait si, dans un avenir réservé à la Providence, un intérêt irrésistible ne ramènerait pas rAUemagne vers la France, non plus pour la combattre, mais pour acheter par de nécescessaires restitutions une alliance devenue une condition de vie ou de mort?
Il ne m'appartient pas de parler de militarisme. Je n'ai pour le faire aucune compétence, et je suis de ceux qui travaillent à transformer les épées en faux et les lances en socs de charrue. Qu'on me permette seulement une réflexion morale sur le militarisme allemand. Nous ne semblons ^ère le connaître dans notre pays. Nous n'y voyons qu'une machine organisée, et nous oublions Fàme invisible, le ressort moral qui met en mouvement cette formidable machine.
L'armée allemande, avec sa discipline et sa hiérarchie, n'est que l'expression d'un esprit
général de ce peuple : l'esprit de respect et d'obéissance passive.
La race germaine a gardé ce que ik>us avons perdu : elle ne critique pas, elle obéit. Le Commando, comme ils disent, est toujours et partout écouté. Il est intelligent sans doute dans ceux qui le formulent et indiscuté dans ceux qui le reçoivent. On retrouve ce phénomène dans la politique comme dans l'enseignement, dans les affaires comme dans l'armée, dans la vie publique comme au foyer.
Interrogez les Allemands eux-mêmes : vous verrez bien vite de quoi ils s'enorgueillissent. Ce n'est pas de leur ciel : tous rêvent le ciel de l'Italie ; ce n'est pas de leur terre : tous parlent du sol français, de sa fertilité et de ses produits ; ce n'est pas de leur richesse : ils émigrent en foule vers l'Amérique pour y chercher fortune ; ce n'est pas de leur prodigieuse fécondité... Leur grand orgueil, c'est leur armée et leui's universités.
Le chauvinisme a passé le Rhin. Il y règne