PRÉJUGÉS FRANÇAIS
que des initiations lointaines au vrai savoir * et pour avoir méconnu ce trait, l'enseignement secondaire, en France, va s'égarant de plus en plus.
Trois préjugés Tinfluencent d'une manière désastreuse. Le faux positivisme, avec son engouement inconsidéré pour les sciences expérimentales, s'insurge contre les langues mortes, et, considérant comme un temps précieux, dérobé à des études plus pratiques, les versions grecques et latines, il brise aux mains de la jeunesse française l'outil nécessaire à la connaissance des grandes civilisations. L'irréligion tend à donner une valeur toujours moindre à l'instruction religieuse qu'elle finit par supprimer des programmes. Enfin le rationalisme h&te maladroitement l'explosion de l'esprit critïqtt07-et, méconnaissant la loi vraie de la nature humaine, il prétend apprendre à penser par soi-même, avant de savoir penser par un maître.
Le vice d'une formation h&tive de la jeunesse date de loin, dans les pays latins ; ses origines remontent à la fin du seizième siècle, alors que, sous Tinfluence de Tindiscipline dans les facultés des arts, facultates artium, les universités entrèrent en déclin.
Pour remédier à l'esprit d'insubordination, les jésuites imaginèrent le célèbre système de rintemat, qui ne tarda pas à devenir la forme à peu près exclusive de l'éducation des lettrés. L'Université, en France,» a suivi l'impulsion, en l'exagérant même, et en la privant de tout contre-poids moral et religieux. On fit plus : non content d'emprisonner entre de hautes murailles, sous l'œil vigilant et paternel de maîtres habiles, une jeunesse dont l'exubérance inspirait l'eflFroi, on vouTut lui enseigner prématurément ce qu'elle ne devait apprendre que dans les universités, afin que le collège pût donner un cours d'éducation complet, et livrer à la société un homme achevé. On a voulu avoir un homme fait y au bout des études