‹ Les allemandsChapitre 26 sur 89 · L'INSTRUCTION RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

L'INSTRUCTION RELIGIEUSE

S"" points fondamentaux de la dogmatique et de la morale ; 6"" coonaissance des époques de l'histoire de l'Église, des personnages émincnts et de la vie des plus grands saints \ »

Pas un mot de philosophie. Point d'apologétique. Point de discussion prématurée : de l'enseignement positif , élémentaire, déterminé, tel qu'il convient aux intelSgences encore neuves qu'il faut raffermir dans la doctrine et non dissoudre, avant l'âge, par la critique.

La raison, en Allemagne, comme dans tous les pays du monde civilisé, a ouvert de grands débats publics contre les croyances ; et il n'est peut-être .pas de peuple où ces débats aient été conduits avec plus de profondeur et de ténacité. Mais il n'est pas même venu à l'esprit des hommes mûrs qui dirigent l'éducation na-

i. Lehrplàne fur die hdheren Schulen, nebst der darauf bezûglichen circularverfûgung des Kôniglich. Preussischen Ministers der geistlichen. Unterrichts and Médicinal Angelegeoheiten. Vom 17 Marz 1882.

tionale d'ouvrir à ces luttes terribles, réservées aux intelligences déjà capables d'une réflexion personnelle, la porte des gymnases. Toute la jeunesse est élevée dans la foi. Sans doute la docilité naturelle de la race allemande rend plus facile une telle formation. Que n'obtiendrait-on pas, cependant, d'une race impétueuse, spirituelle, critique, et même railleuse comme la nôtre, si on savait la discipliner religieusement, et si, au lieu de lui inspirer une incrédulité précoce, on lui enseignait, tout d'abord, le respect de la croyance ! Quelle méconnaissance de la nature de l'homme ! Quelle folie ! Dans ce pays du bon sens, n'est-il pas lamentable de voir la société laïque, en masse, la société des esprits dirigeants s'évertuer à fomenter partout, dans le peuple et dans la jeunesse libérale, l'incrédulité et le scepticisme, et — ce qui est plus effrayant — à organiser l'instruction publique de telle sorte que la foi religieuse soit vouée, si elle pouvait jamais périr, à une décadence, à une mort ratale?

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