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L'ÉDIFICE UNIVERSITAIRE

à Leipzig, et pendant le quart d'heure acadé» mique {akademische Viertefjyenire deux cours, vers neuf ou dix heures, il peut reprendre haleine, pour achever sa matinée de travail.

La loge du portier est une sorte de restaurant silencieux ; l'étudiant y joue, à voix basse, une partie de dés, écrit ses lettres, surtout à la fin du semestre, quand la bourse se fait légère, et mange un morceau de pain et de jambon, qu'il arrose d'une chope de bière matinale. Les plus laborieux, qui veulent prendre place à la leçon au plus près de la chaire, emportent bravement leur déjeuner, et ils le mangent sans étonner personne, en attendant le msdtre, tant il parait simple à des Allemands de manger et de boire, quand ils ont faim ou soif. Ceci est un trait, entre mille, où s'accuse, dans la race germaine, le manque complet du sens de la forme, de ce que nous appelons, en France, les convenances. Le Germain gagne en liberté individuelle, c'està-dire en respect d'autrui, ce qu'il perd en civilité. Il s'inquiète peu du voisin, et ne s'offusque

lit LES ALLEMANDS

pas d'un sans-gène dont il est le premier à user. Je n'ai trouvé cet esprit en défaut qu'envers les étudiants retardataires. Le cours une fois commencé y il n'est plus admis que la porte s'ouvre. Celui qui la franchit n'enfreint aucune défense écrite, mais il semble braver Topinion et s'expose à être accueilli par des murmures. La plupart reculent, timides ou respectueux, devant cette réprobation. La parole du maître et l'attention du disciple ont quelque chose d'inviolable comme le sacrifice dans un temple. La salle du cours se remplit peu à peu. Les étudiants arrivent, le portefeuille sous le bras. Us s'installent toujours à la même place numérotée, enjambent les tables et les bancs pour y parvenir, déploient leur cahier et se préparent à écrire sous la dictée du professeur. Celui-ci entre, le dernier, sans apparat. Il suspend son chapeau et son pardessus au même clou que ses disciples. Point d'appariteur à la chaînette brillante. La chaire est une simple estrade. Point de verre d'eau sucrée ou pure;

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