ADMINISTRATION DE L'UNIVERSITÉ
quatre grands tableaux noirs {Schwarzes Brett). L'un sert à recevoir les affiches du public intéressant les étudiants, et celles des étudiants eux-mêmes. L'autre contient les noms des maîtres et la salle où ils professent; le troisième, le sujet des cours de chaque professeur; le quatrième sert aux communications officielles, émanant des autorités universitaires. C'est sur ce dernier qu'on peut lire les arrêts juridiques qui frappent et stigmatisent l'étudiant coupable. Chaque matin, lorsque le flot des étudiants remplit à nouveau Tuniversité, on se presse autour du tableau noir ; on y lit les nouvelles, la date des élections pour les associations diverses, les invitations adressées d'une université à une autre ; l'heure, le jour, le nom de la salle où doit avoir lieu ce que les étudiants appellent leur Commers ou réunion. Le tableau noir est le moniteur officiel, la gazette, la petite correspondance de l'université.
Toute université allemande, on le reconnaît h ces détails, forme, dans l'État, une corporation
douée d'une vraie autonomie. Ce n'est pas une grande machine dont les professeurs, & la merci d'un ministre autocrate et asservis à des programmes qui enchaînent le vol de la pensée et qui creusent lentement Tomière de la routine, sont réduits à n'être que des rouages dociles , c'est une personne morale. Elle a le droit de propriété, le pouvoir de recruter ses membres, de s'administrer elle-même, sous la haute garde de l'État ; et elle peut, comme nous venons de le dire, exercer sur l'étudiant une action disciplinaire fort étendue.
L'organisation administrative de l'université est de forme républicaine, élective et aristocratique. La plus haute autorité est le sénat académique, ayant & sa tête un recteur qui en est la représentation et le pouvoir exécutif. Sénat et recteur sont élus par le suffrage universel des maîtres. Toutefois, l'administration des finances et de la justice ordinaire est confiée, sous la juridiction majeure du sénat et du recteur, à trois fonctionnaires spéciaux, nonunés
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à vie : le juge, le secrétaire et le questeur; c'est à ces agents secondaires qu'il appartient de recueillir les frais de Timmatriculation, de faire' rentrer le montant des inscriptions, des droits d'examen, et de les distribuer parmi les professeurs*.
On se tromperait cependant sur l'autonomie réelle de ces républiques, comme les appelait Herder, si Ton ne reconnaissait les liens positifs de dépendance, de subordination qui les rattachent à l'État.
L'université au fond est un établissement de l'État. L'ombre impériale plane au-dessus d'elle. Chaque université a son curateur, son chancelier, son commissaire, haut personnage ordinairement choisi parmi les notabilités de la province. Le curateur n'intervient guère dans l'administration intérieure, il se contente de plaider auprès de l'État la cause de l'université et d'attirer sur elle la libéralité du
i. Cf. De la réforme de renseignement supérieur K. Hildebrand. Paris, 1868.
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