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ADMINISTRATION DE L'UNIVERSITÉ

l'aristocratie du sol, de la naissance, de la fortune et des affaires.

On retrouve là un exemple de la tendance évolutionniste des Allemands. A mesure que les forces sociales entrent en jeu dans le pays, elles n'ambitionnent pas de tout absorber. La manie, la fureur centralisatrice — cette maladie des peuples jeunes, comme les Slaves, et des peuples vieillis, comme les races orientales — ne prévaut pas encore en Allemagne. Les mœurs n'ont point livré le pouvoir à l'intempérance de ses rêves ; et jamais TÉtat ne s'aviserait de violer l'autonomie traditionnelle des corporations savantes, d'exercer sur elles son droit de suiveillance, de destitution, de suspension ou de nomination aux chaires. La vie intérieure de notre Académie française dans ses rapports avec l'État donne une idée assez exacte de la vie des universités allemandes. On dirait que ce peuple les regarde comme le cerveau au pays. Chez nous, on ose dire : le cerveau de la France, c'est une ville, Paris, sans se demander

gouveracmont central. Les princes, les rois eux-mêmes, ne dédaignent pas le haut patronage de Tune des universités : S. A. R. le grand-duc Charles -Alexandre est recteur dléna; S. A. I. et R. le prince héritier de l'empire allemand et du royaume de Prusse, recteur très magnifique de Kônigsberg; S. M. le roi de Saxe, recteur très magnifique de Leipzig. La considératioti publique dont jouissent les universités, en Allemagne, s'étend aux docteurs qu'elles ont créés. Rien n'égale le respect dont on entoure le docteur et surtout le Herr Prof essor. Et ce sentiment ne reste pas dans le domaine idéal ; il se traduit jusque dans la vie publique. L'opinion voit en eux la lumière du pays : elle les introduit en grand nombre à la Chambre haute, parmi les représentants de l'empire, et si l'on prend le catalogue des députés au Reichstag, on peut y compter plus de quatrevingts docteurs sur quatre cents membres. Ils forment ainsi, au Parlement, Taristocratie de l'intelligence, comme les autres représentent

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l'aristocratie du sol, de la naissance, de la fortune et des affaires.

On retrouve là un exemple de la tendance évolutionniste des Allemands. A mesure que les forces sociales entrent en jeu dans le pays, elles n'ambitionnent pas de tout absorber. La manie, la fureur centralisatrice — cette maladie des peuples jeunes, comme les Slaves, et des peuples vieillis, comme les races orientales — ne prévaut pas encore en Allemagne. Les mœurs n'ont point livré le pouvoir à l'intempérance de ses rêves; et jamais l'État ne s'aviserait de violer l'autonomie traditionnelle des corporations savantes, d'exercer sur elles son droit de suiveillance, de destitution, de suspension ou de nomination aux chaires. La vie intérieure de notre Académie française dans ses rapports avec l'État donne une idée assez exacte de la vie des universités allemandes. On dirait que ce peuple les regarde comme le cerveau au pays. Chez nous, on ose dire : le cerveau de la

France, c'est une ville, Paris-, sans se demander

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qui sont les bras et le cœur de la patrie ; Paris est plus que le cerveau, il est le moteur unilïersel; en Allemagne, le cerveau du pays, ce sont les universités. Le cœur est partout, partout où bat le patriotisme. Quant au bras, il est de fer, c'est l'autorité administrative et armée, ne se posant point en lutte avec les diverses forces sociales pour les absorber ou les exclure. Aucune force ne doit être détruite. Toutes sont sacrées, la loi suprême de la vie veut qu'elles s'harmonisent et concourent, indissolublement unies, au progrès universel des nations et del'h umanité. En Allemagne, cette loi a reçu son application pratique. L'éclosion puissante des forces qui mènent la civilisation moderne et l'himianité, la science, la liberté, les affaires, ne lui a pas donné la fièvre; elle n'en a d'autre que celle de ses ambitions nationales.

Les universités n'en sont pas le foyer le moins ardent.

Aussi, pour connaître l'âme de l'Allemagne^

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