‹ Les allemandsChapitre 4 sur 89 · L'UNIVERSITÉ DE BERLIN S · texte numérisé non relu

L'UNIVERSITÉ DE BERLIN S

J'écrivis au sénat académique une lettre de demande, appuyée d*un simple passeport.

Quelques jours après, le secrétaire de Funiversité me transmit la réponse : elle était affirmative, bien entendu; elle Test toujours, à moins que la police prussienne, défiante et souvent tracassière, n'ait flairé en vous quelque conspirateur ou nihiliste. J'étais convoqué pour tel jour et telle heure dans la grande salle du sénat universitaire. Fidèle au jour et à l'heure marqués, j'arrivai fort surpris au milieu de plus de quarante étudiants, attendant comme moi leur immatriculation. La plupart étaient Allemands, plusieiu's Italiens et Roumains, quelques-unes Russes, moi seul Français. Nous avv>ns pris place, indistinctement, sur des chaises rangées en ordre devant la longue table verte où siégeaient le recteur et le juge de l'université, assistés de deux secrétaires. A l'appel de son nom, le candidat se lève, vient auprès du recteur, redit ses noms et prénoms, indique sa nationalité, et désigne la

faculté particulière à laquelle il veut appartenir. Tout cela est écrit sur le grand registre de Funiversité et sur une feuille signée du recteur, remise ensuite comme témoignage d'affiliation ^ Lorsque tous eurent été interrogés et ainsi enrôlés sous un numéro d'immatriculation dans la grande armée des étudiants, le recteur quitta la table verte, et s'avançant vers nous :

— « Messieurs, dit-il, vous voilà désormais étudiants de l'université. Promettez de l'honorer, de vous honorer vous-mêmes par votre conduite et par votre travail. Jurez d'être fidèles à ses lois. »

Chacun de nous, à tour de rôle, s'est app.oché du recteur et lui a pressé la main droite, en signe de fidélité. Voilà, dans sa simT>licité, dans sa noblesse antique, le rite de l'immatriculation. Cette poignée de main a un grand air chevaleresque : les moindres choses prennent

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