L ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR
l'ancre : ou n'aborde plus. Il trace la voie dans les flots mouvants et orageux. Le savoir est infini ; l'homine qui le poursuit meurt en pleine immensité. Ce qu'il a exploré n'est rien : il le mesure. Ce qui lui reste à découvrir est illimité : rimagination et la raison, en le sondant, reculent confondues. Mais l'humanité va sans trêve. Un attrait irrésistible l'emporte vers la vérité Elle ne vit que pour savoir et elle n'apprend que pour dominer ce monde, livré par Dieu en pâture à sa dévorante et sublime curiosité.
n existe aujourd'hui, parmi les nations éclairées, deux sortes d'institutions publiques destinées à l'enseignement supérieur, à sa culture, à sa diffusion et à ses progrès : les hautes écoles et les universités*.
Les hautes écoles présentent partout un double caractère : elles sont spéciales, c'est-àdire exclusivement limitées à une partie du
i. Voir TAppeudice F.
savoir général; utilitaires^ c'est-à-dire ordonaées plus ou moins immédiatement à un but pratique. Elles tendent à prendre dans la civilisation moderne une place toujours plus grande. Leur nombre s'accroît d'année en année, à mesure que le domaine du savoir recule ses limites, que le besoin d'apprendre stimule plus énergiquement les hommes, et que l'utilité de la science se démontre par un surcroît de richesse, de force et de bien-être. L'agriculture et le commerce; les forêts et les mines, les mathématiques et l'histoire, la littérature et l'économie politique, les beaux-arts et la guerre inspirent chez tous les peuples un intérêt grandissant. De toutes parts s'élèvent des écoles spéciales, afin de former des esprits capables de conduire et de maîtriser les forces en jeu dans le domaine ouvert à leur activité.
Les universités se distinguent des écoles supérieures précisément sur ces deux points : au lieu de n'étudier qu'un trait du savoir, elles