LES HAUTES ÉCOLES
ont rambition d'en rapprocher toutes les parties, et d'en constituer la synthèse; au lieu d'imprimer àFétude un caractère professionnel, elles aspirent à la science pure, et, au lieu de la cultiver pour Futilité d'une application pratique, elles la cultivent pour elle-même.
Savoir et pouvoir : ces deux mots résument tout l'homme. On pourrait graver l'un au frontispice de VAlma Mater et écrire l'autre sur le seuil de toutes les écoles supérieures. Dans l'université se forment les grands spéculatifs; dans les écoles supérieures, les grands ouvriers. Ici, on va aux découvertes ; là, on cherche à les utiliser. Ici, le règne de la lumière ; là, le règne de l'action.
La perfection idéale de l'organisation de l'enseignement supérieur dans les nations cultivées dépend de la prospérité des universités et des hautes écoles. Les universités seules ne sauraient suffire à achever la formation pratique ; maïs elles excellent à élever l'homme au niveau de connaissance générale sans laquelle le spé-
cialiste le plus habile manquera toujours, même dans son propre domaine, d'envergure et de pondération.
L'exemple de l'Angleterre prouve les inconvénients du défaut d'équilibre entre l'enseignement professionnel donné dans les hautes écoles et l'enseignement plus théorique des universités.
Ce pays de traditionnelle et inexorable aristocratie, où l'égalité démocratique est inconnue, a deux universités célèbres dans lesquelles l'enseignement, dépouillé de tout caractère professionnel, se restreint à la haute littérature, aux mathématiques pures, à la philosophie, l'histoire et la théologie. Oxford et Cambridge sont des écoles aristocratiques, fréquentées surtout par les étudiants riches et nobles, qui reçoivent là une culture générale, une sorte de science universelle et désintéressée. La classe moyenne, faute d'argent, est contrainte de passer à côté de l'université et d'entrer directement dans les écoles où se forment aux