‹ Les allemandsChapitre 43 sur 89 · DANGER DES ÉCOLES SPÉCIALES · texte numérisé non relu

DANGER DES ÉCOLES SPÉCIALES

professions libérales avocats, médecins, ingénieurs. L'esprit positif delà race anglo-saxonne se trouve ainsi sans contrepoids dans des classes où l'idéal reste comme une terre en friche. On y voit des gens habiles dans leur profession ; mais quelle absence de tendance philosophique, quel terre-à-terre et, par là même, quelle médiocrité!

La faveur, aujourd'hui, est aux écoles spéciales et professionnelles. D n'y a pas une nation qui n'y obéisse presque sans restriction, l'Allemagne exceptée. En Angleterre, en Amérique, en Italie, en France, en Russie, de toutes parts, les hautes écoles se fondent et se multiplient. Évidemment, l'homme moderne sent la nécessité de diviser le travail pour le mieux exécuter. U a conscience de la tâche immense dévolue à son activité ; il sait que par lui-même il ne peut rien, mais qu'en appliquant avec intelligence les forces sans limites de l'univers à la terre où elles se manifestent pour lui,

i58 LES ALLEMANDS

il peut transfonner la terre et la dominer.

C'est dans ce but que s'élèvent les écoles agricoles et que tous les états s'évertuent à former, sous le nom d'ingénieur, le grand ouvrier, le vrai Titan, armé non plus d'un bras ou d'un outil, mais des forces mêmes de la nature, l'électricité, la vapeur, le mouvement.

A mesure que la vie livre ses secrets et que le génie en pénètre les conditions mécaniques, physico-chimiques, tout ce domaine veut des spécialistes, et on voit apparaître, pour les former, les écoles de botanique, de zoologie, de physiologie générale, de chimie organique, d'histologie. La médecine elle-même est contrainte de se décomposer en vingt spécialités diverses. Même nécessité pour la littérature, l'histoire, la philosophie, l'économie politique. Une seule langue, prise à un point de sa formation, absorbe la vie d'un travailleur opiniâtre. Le savoir ne s'étend pas seulement : il se creuse. Chaque point exige pour être exploité une phalange de chercheurs.

Page 1