LE CLERGÉ DE ROTTENBOURG
lise dans ses formules rigides, elle se cristallise. Jetée en terre, la fonnule*devient graine vivante, elle s'épanouit, grandit, se transforme, assimile son milieu. Ce simple mot de Fils deDieUyihéO' logiquement commenté, que n'a-t-il pas produit, en passant à travers les idées de la philosophie grecque, et quelles richesses n'a pas accumulées la philosophie chrétienne, au seul contact de la métaphysique orientale et par le seul développement d'une raison cultivée qui a su tirer des principes révélés les conclusions logiques?
Les Allemands ont tenu compte de cette nécessité.
Rien ne m'a plus intéressé, à ce point de vue, que le système adopté pour l'instruction et réducation du clergé dans le diocèse de Rottenbourg, en Wurtemberg.
L'enfant qui se destine à la carrière ecclésiastique fait ses études classiques, soit au gymnase, soit à l'école épiscopale qui porte le nom de Nteder C onvict et correspond à nos petits séminaires français. En sortant de là, l'adolescent
est mûr pour l'université; il est inscrit à la faculté de théologie, et vient à Tûbingcn, pour recevoir la haute instruction théologique. Il y trouve une maison commune, fondée et rentée par Tancien roi de Wurtemberg, où les jeunes théologiens pauvres reçoivent pour rien le logement et le couvert et vivent en commun sous la garde d'un directeur et de plusieurs répétiteurs {Répètent) qui veillent à leur travail et à leur conduite. Ce n'est ni l'internat avec sa clôture et son isolement sévère, ni l'externat avec sa liberté sans garantie, mais un juste milieu où le jeune homme peut, sans péril, faire l'apprentissage de sa liberté, vivre fraternellement avec ses collègues des autres facultés, et nouer avec eux des relations intellectuelles et cordiales qui, plus tard, faciliteront l'exercice de son nainistère pastoral.
Après ses huit semestres, soit quatre années de fortes études, le théologien qui veut entrer dans le clergé vient à la haute école épiscopale, à Hottenbourg. Il y passe seulement une